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MÉLANGES BOTANIQUES.
| OU
RECUEIL
D'OBSERVATIONS , MÉMOIRES ET NOTICES
SUR
LA BOTANIQUE.
Par N. C. SERINGE,
«Mhembre de flaneurs ere Jarvaru et.
VOL. IL
N.0 3 DE LA coLLECTION.
be 1824. #2 PLUS
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GENEVE,
Cuez L'AUTEUR, RUE DU PuiTs-ST.-PIERRE , N.0 116.
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À VIS.
Mr SERINGE, est logé de manière à recevoir des pen-
sionnaires ; il mettra à leur disposition son herbier et sa
bibliothèque pour ceux d’entr’eux qui voudraient s’occu-
per de botanique, et les facilitera en tout ce qui pourrait
développer leurs connaissances, particulièrement dans
celte branche de lhistoire-naturelle. Ses relations avec
la plupart des professeurs le mettent dans le cas de veiller
aux progrès des jeunes gens qu'on voudrait bien lui
confier. Il enverra aux personnes qui le désireront le pro-
gramme des cours publics et particuliers qui se font à
Genève chaque année.
Impr. de P.-A. Bonnanr.
du dr à
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MÉLANGES BOTANIQUES,
OU RECUEIL D'OBSERVATIONS,
MÉMOIRES ET NOTICES ‘£
SUR LA BOTANIQUE. , 3 à
Par N. C. SERINGE. »
N.° 3 DE LA COLLECTION. — MAI 1824.
Notes sur les Plantæ selectæ siccæ collatæ in herbario
DeCandollit et descripltæ in Prodromo systematis na-
turalis regni vegetabilis, par N. C. SERINCE.
L'ncertirune, où l’on se trouve souvent
pour reconnaître d’après les descriptions
les espèces des auteurs, rend les herbiers
d'un si grand intérêt, qüe Jai cru qu'il im-
porterait aux botanistes exacts de connaî-
tre avec certitude au moins une partie des
espèces qui se trouvent décrites dans le
Prodromus de M: Decandolle. . Etant l'un
des collaborateurs et chargé de l’arrange-
ment de l’herbier de ce naturaliste profond,
je me trouve à portée de connaître les plan-
© tes décrites dans son ouvrage, Toutes celles
ÉD | .
—
«TZ.
CzYy
qui paraïtront dans ces centuriés auront
été confrontées: sur l'herbier Décandolle,
sur le mie, ou sur celui de l'auteur, qui
aura travaillé telle ou telle famille ou genre,
si J'ai eu occasion de le faire, et le point
d'exclamation placé- après la citation con-
firmera la confrontation. Les. citations de
mes propres ouvrages n’en seront point ac-
compagnées , car je dois connaître mes es-
pèces. ou: variétés. Lorsque je n’auraï point
ajouté de notes à la citation du Prodromus ,
ce sera un signe que je suis de l’avis de
l’auteur; dans le cas contraire, ou lorsque
j'aurai à y ajouter quelques remarques, je
le ferai.
| Je n’émptesserai dans les notes des cen-
türies suivantes N le corriger les fautes qui
äuraient pu se glisser, ou bien jindiqueraï
l'opinion de tel ou tel botaniste, qui aurait
fait une critique, qui cependant n'aurait
pu me décider à changer d'avis.
Ces centuries rénférmeront non-seule-
ent des plantes européennes, mais en-
coré des espèces exotiques, cultivées ou
spontanées mêmes, sije puis m’en procurer.
(3)
Je ne méttrai dans cette collection des
plantes commuñes, que lorsqu'elles pour-
ront servir à montrer des différences spé-
cifiques. Je ferai tous mes efforts pour les
donner en fleur et en fruit, et si dans le
moment dé là publication, je ne puis don-
nér la plante dans tous les états où elle
pourrait offrir de l'intérêt, jy pourvoirai
dans la suite par supplément dans l’une des
centuries ultérieures. Chaque espèce est
accompagnée de tout l’artiele contenu dans
ces notes, êt s’il convient aux botanistes
de les ranger dans l’ordre naturel du Pro-
dromus, ce que je leur conseille, ils n’au-
ront qu'à ajouter au bas dé l'étiquette Ser.
plant. sel. n. .... (1824. ou tout autre
année de publication. Cette date indiquera
les changemens successifs qui auraient pu
s’opérer. Les exemplaires supplémentaires
seront envoyés gratuitement aux acqué-
reurs.
J'emploirai tous les moyens pour rendre
cette collection instructive par un bon
choix d'exemplaires en différents états, et
quelquefois par des analyses de fleurs,
(4)
comme Je l'ai fait dans cette centurie pour
plusieurs espèces du genre Æconüum. J’y
joindrai même par fois des gravures. Je
n'enverrai point d'exemplaires séparés.
Le texte est terminé par un tableau
méthodique des espèces contenues dans la
la centurie, et par une table alphabétique
des espèces ou variétés adoptées et de leurs
synonymes.
Le prix de chaque centurie est de :24
francs de France, mais les souscripteurs
ne la payeront.que 20 francs. Ils voudront
bien envoyer, franc de port, le montant de
deux centuries à la fois, en recevant les
centuries impaires. Pour cette somme l’ac-
quéreur recevra dans du papier blanc 100
espèces ou variétés, accompagnées du texte
coupé par fragments et ce même texte bro-
ché. Les personnes qui préféreraient faire.
en partie des échanges de plantes sèches.
ou de livres sont priées d'adresser leurs.
propositions à M." Seringe, à Genève, rue
du Puits St.-Pierre, n.° 116.
Lane serrée]
ORDO I RANUNCULACEZÆ,
D Crturre PARVIFLORA DC. in mém. soc. genev. I.
p.433. * et prodr. I. p. 9. n. 76! hort. genev. ined. icon.
Cultivée au Jardin de Genève.
LA
2. CrewaTis ArpiNa ill. dict, n. 9. DC, syst. 1.
p.165. n. 80 *! et prodr. I. p. 10. n. 32! Atragene
Alpina Linn. spec. 764.
Pommier , près Genève,
3. THazicrRuM ArriNbm Zénn, spec. 767. DC, syst. I.
P: 175. n. 14 *! et prodr. I. p. 19. n. 19! ,
Pâturages des Pyrénées-Orientales,
Les exemplaires des monts Altaï, ceux des montagnes
d'Écosse sont en tout semblables à ceux des Pyrénées,
tandis que ceux qui proviennent du Grœnland ont la
hampe un peu plus élevée et les fleurs ainsi que les lobes
des feuilles un peu plus distants, mais d’ailleurs parfai-
tement semblables, (Note d’apr. l'herb. de M. Decandolle.)
h. THALICTRUM SIMPLEX # NIGRICANS Ser. plant. sel. —
OEd. fl. dan. t. 24h. T. nigricans Jacq. fl. austr. 5.6
I
(6)
421. DC. syst. I. p. 182 * ! et prodr. L. p. 1h, n. 35! Th.
simplex Linn. mant. 78. DC. syst. I. p.183, n. 34*1
prodr. I. p: 15. n. ho !
Genève, près le bois de la Bâtie.
Si quelqu'un veut entreprendre un travail sur ce genre,
il faut qu'il s'attache aux caractères du fruit, et nullement
à ceux de la largeur ou de l’étroitesse des lobes des feuil-
les. On ne peut s'entendre et on ne s’entendra jamais sur
les espèces de ce genre, rendu très-difficile, que lors-
‘ qu’on récoltera des exemplaires en fruit, èt que l’on fera
abstraction de ceux tirés des feuilles. Les carpelles dans
cette espèce sont courtement ovoides, très-sessiles et re-
levés de côtes obtuses nombreuses.
5. THALICTRUM SIMPLEX cALIOÏDES Ser. plant. sel. Th.
galioides Nestl! in Pers. ench. 2. p. 101. DC. syst. I.
180 *! et in prodr. I. p. 14. n. 34? Deless. ic. sel. x. t.
IT. Th. angustifolum LR galioïdes DC. fl. fr. r. 4601 * !
Bois d’Illkirch, près Strasbourg. (M. Palm.)
Ne se distingue de la variété précédente que par l’étroi-
tesse des lobes de ses feuilles, les fruits sont parfaitement
semblables.
6. THALICTRUM FLAVOM Lénn. spec. 770. var. &. DC.
syst. I. p. 182. 7. 32“! prodr. I. p. 14. n. 38!
Marais de Villeneuve. ( Canton de Vaud.)
7. ANEMONE Bazpensis Linn. mant. 79. DC. syst.I.
P- 203. n. 23 * ! et prodr. I. p. 19. %& 25!
“{ 4)
A. fragifera Murr. syst. 510.
Breson. (Montagne de Savoie.)
8. ANEMONE NEMOROSA + MULTIPLEX Ser. plant. sel.
Cultivée à Genève, dans le jardin Dufour,
Cette variété peu connue est remarquable par ses éta-
mines transformées en pétales, mais qui, à la manière de
plusieurs autres anémones doubles, ne s’élèvent qu'a
moitié de la hauteur des sépales. Fleurs blanches.
9- ANEMONE NARCISSIFLORA Linn. spec. 763. DC.
syst. I. p. 212. n. 41 & * ! et prodr. I. p. 21!
Breson. (Montagne de Savoie.)
10. Mxosurus miNimus ZLinn. spec. Lho7. DC. syst. I.
pP-229! et prodr. I. p. 25. n. 11 Schlecht. anim. I. p. 6.
KRanunculus Myosurus Afz. in Liljebl. sv. fl. 230.
Metz, dans les mares:
..
Chaque sépale longuement prolongé au-delà de son in-
sertion en un long appendice étroit, les pétales en cornet
et longuement onguiculés, la forme des fruits et le port
de la plante me semblent bien suffisants pour consti-
tuer un genre, et m'empéchent d’être de l'opinion de
M. Schlechtendal, 1. c., qui veut qu’on réunisse cette
plante au genre Ranunculus.
11. RaNUNCuIUS AQUATILIS + cæspiTosus DC. prodr. I.
p-26.n.3!R.pantothrix R cæspitosus DC. syst. I. p.236"!
B. aquatilis y capillaceus b abrotanifolius Walir ! in litt.
(en
Berne, sur les bords peu inclinés d’une mare, dont l'eau
s'était retirée.
Les carpelles des Ranunculus hederaceus, tripartitus ,
aquatilis et pantothrix, sont tellement semblables (obo-
voides légèrement ridées en travers) que je crois qu'en
cherchant bien les passages, on tronvera par les feuilles
la transition de ces prétendues espèces les unes aux autres:
1.° identité parfaite de forme de carpelles; 2.° glabréité et
pubescence variable d’un exemplaire à l’autre; 3.2 varia-
tion infinie dans la découpure des feuilles; 4.0 glabréité et
pubescence des feuilles non moins variables que eelles des
carpelles. Mon opinion est que toute la section des Ba-
trachium DC. syst. I. p. 233. ( dont M. Decandolle vient
de retirer le R. biternatus pour le transporter dans la
section des Hecatonia, et qui se distingue éminemment
par des carpelles lisses et surmontés chacun d’un long
style courbé) ne doit constituer qu’une seule espèce,
caractérisée à peu près comme M. Decandolle a ca-
ractérisé sa section : carpellis ovatis muticis rugulosis, ru-
gulis transversis, pedunculis unifloris oppositifoliis. —
Flores albi ungue flavo foveol& ad basin nectarifer& ex-
squammulaté. — Plantæ aquaticæ ; folia emersa dentata
vel sublobata, immersa capillaceo - multifida ; radices
Jtbrosæ.
Je suis sûr que la découpure des feuiiles dans le genre
Ranunculus, ainsi que dans beaucoup d’autres, où l’on
fait un abus vraiment révoltant de ce pauvre caractère,
n’est d'aucune importance : c’est dans les fruits seuls ,
qu’il faut chercher les vrais caractères spécifiques. D’ail-
(rt:
leurs je soumets cette idée à de sages et patients observa-
teurs, en les priant de ne pas la rejeter sans un examen
plus approfondi que celui que l’on en a fait jusqu'à
présent. Il nous est plus facile de voir superficiellement
la nature, que de saisir toutes les modifications de formes
qu'elle se plait à revêtir dans une même espèce.
Tant que nous n’aurons pas de bons dessins de fruits
des Renoncules, nous ne pourrons nous flatter de connai-
tre un genre, dont nous ne nous faisons qu'un simple
Jouet, — Les personnes qu'il intéresserait, sont prices
de m'envoyer des exemplaires en fruits murs et peu
comprimés,
12. Ranuncuzus Tuora Zénn. spec. 57h. DC. syst. I.
P: 264 * ! et prodr. I. p. 30. n. 29!
R. foliis coriaceis suborbiculatis, nervis numerosissümis
reticulato-anastomosantibus margine crenatis vel lobato-
dentatis , carpellis capitulatis reticulato-anastomosantibus
sublateraliter mucronaitis, mucrone recto.
LS
æ VULGARIS Ser, plant. sel. foliis crenatis apice emar-
ginatis, brateis profundè acutéque trilobis, caule sub-
bifloro.
Jura et Alpes de Savoie. ;
Cette espèce, très-bien décrite par M. Decandolle, 1. Lu
n'est pas moins variable dans la découpure de ses feuilles
et surtout de ses bractées, que tant d’autres espèces de
ce genre, ce qui a donné lieu à plusieurs dédoublements
qui ne sont que des variétés. Ce R. Thora, toujours très-
reconnaissable à son rhizoma horizontal, est garni de
(10)
fibres grumeleuses, souvent courtes et très-renflées,
moins fréquemment alongées et alors moins épaisses; Je
possède même des exemplaires où les deux états sont
réunis sur le même individu. Rarement on rencontre la
feuille radicale; mais ce que cette espèce offre de plus
constant, ce sont des feuilles relevées d’un réseau de ner-
vures fréquemment anastomosées, des bords crénelés et
leur état coriace à leur entier développement. D'ailleurs
les bractées sont. entières 2—3—b5— lobées, la tige est
rarement 2—3— flore, les fleurs sont jaunes, les sé-
pales et pétales concaves, et les carpelles, qui sont peu
nombreux et réunis en tête lâche, sont très-ventrus et
relevés de légères nervures anastomosées, qui, avec bien
d’autres éxemples, tendent manifestement à confirmer les
idées de M. Decandolle, qui pense que chaque carpelle
mono ou polysperme, est formée d’une feuille ployée
dans sa longueur. En outre le mucrone qui termine cha-
que carpelle est droit lorsque sa direction n’a pas été
changée par la dessication.
Si ensuite on examine les caracteres attribués aux À.
scutatus, brevifolius et hybridus, on verra, comme l'a
très-bien observé l'excellent observateur Schlechtendal,
qu’ils ne peuvent former que des variétés.
£. scurarus Wahlenb. fl. carp. n. br. caule elato
subtrifloro, foliis amplissimis. R. scutatus Waldst. et
Kit. plant. hung. II. p. 205. t. 187 * et DC. prodr, I.
p. 30, n. 30!
> BREVIFOLIUS Ser. mss., folis renifomibus subtrun-
catis apice profundé latèque crenatis, bracteis incisa-
(11)
lobatis, lobis latioribus. R. Thora Hopp. herb. viv.! Sturrm
deutschl, fl. icon. R. brevifolius Tenor. fl. neap. prodr. IL.
p. 68. et DC. prodr. I. p. 30! K. hybridus Bir. ren. 38.
et DC. prodr. I. p. 30. n. 32 !
D'ailleurs comment pouvoir penser que le À. Aybridus
soit un hybride du Thora et de l'auricomus, puisque
ces deux espèces fleurissent à des époques et à des hau-
teurs bien différentes, et qu'il est absolument impos-
sible que l’une soit fécondée par l’autre.
13. RANUNCULUS GLACIALIS & ERIOSEPALA Ser. plant.
sel. sepalis lanatis. R,. glacialis DC. syst. I. p. 238 ! prod.
4 p:,50, n. 30!
Grimsel.
Les feuilles de cette espèce ne varient pas moins dans
le nombre et la forme de leurs lobules que dans leur
pubescence; mais elle est assez facile à reconnaître à ses
sépales ovés obtus, épais, le plus souvent couverts de
poils roux, tandis que le R. Seguiert a des sépales mem-
braneux. D'ailleurs une autre variété de cette espèce
{leiosepala) se distingue par ses sépales glabres.
Le R. frigidus Willd. spec. II. p. 13122 DC. prodr. I.
P- 35. n. 79! n’est très-probablement pas à fleurs jau-
nes; on peut faciiement s'être trompé dans l’herbier, et
avoir pris des fleurs blanches ( qui passent facilement
au jaune )pour des jaunes. Je soupconne que cetle plante
doit être rapprochée du À. glacialis, dont il a la fleur et
surtout les sépales ovales obtus et couverts de poils rous-
sâtres et laineux. Les feuilles à la vérité sont d’une forme
bien différente f foliis radicalibus cuneatis obovatis orbi-
culatisve apice grossé dentasis incisis, etc.), elles ne
‘
(12)
semblent pas d’un tissu succulent comme dans le A. gla-
cialis, et il faudrait en connaître les fruits. Tengage
donc les botanistes, qui auraient occasion d'examiner
sur les lieux cette espèce, de le faire attentivement pour
confirmer ou rejeter mon opinion. Il faudrait aussi voir
si le R. rivalis; du moins celui envoyé par M. Steven
et récolté en Sibérie, n’appartiendrait pas encore au R.
glacialis. Le R. Algidus ne serait-il pas aussi dans le
même cas ?
14. RANUNCULUS ALPESTRIS & VULGARIS Ser. plant. sel.
R. alpestris Linn. spec. 778. DC. syst. I. p. 239. n. 10*
prodr. 1. p. 31. n. 39! Schlecht. anim. 1. p. 13. *
Alpes de Savoie.
Cette espèce, d'autant plus polymorphe qu’elle est
plus commune dans les paturages alpestres, se recon-
naït aux caractères suivants : zampe uniflore ( rarement
2—3— flore) munie de 1 à 2 bractées foliacées, ordi-
nairement spalulées entières ou trilobées; /euilles lon-
guement pétiolées cordiforme-suborbiculaires trilobées,
lobes incombants ou distants lobulés au sommet en larges
crénélures; petioles dilatés et membraneux à leur base;
fleurs blanches, pétales obcordés ( rarement trilobés },
marqués de nombreuses nervures presque parallèles
fourchues au sommet; sépales oblongs membraneux
presque aussi longs que la corolle, et relevés de nom-
breuses nervures parallèles ; carpelles nombreux ascen-
dens presque vésiculeux faiblement nervés, surmontés
chacun d’un mucrone crochu et disposés en capitule
ovoide.
(13)
M. Schlechtendal a bien-raison de ne faire qu'une
variété du À. Traunfellneri Hoppe et Horneschuch cent.
3! et in flora 1820. p. 681. et 69r. icon. Je n’ai point en
ce moment sous les yeux d’exemplaire de ce À. Traunfell-
neri, mais je doute que la figure que M. Hoppe en a
donnée, 1. c., soit bien faite dans ses détails, les car-
pelles sont enflés et leurs sutures à peine visibles dans
la nature, tandis que dans la figure, ces sutures sont
très-marquées et les carpelles applatis. Les sépales sont
aussi figurés beaucoup trop courts et ovés, tandis que
je les ai toujours trouvés régulièrement oblongs.
J'ai aussi trouvé dans l’herbier de M. Decandolle, des
exemplaires de ce À. alpestris, dont quelques pétales
étaient irrégulièrement et obtusément lobés. | Ser. £. 1.
fig. h.) I y a aussi de fort grandes probabilités que le
R. pobrhizos Steph. in Willd. spec. 11. p. 1324 * d’après
DC. prod. I. p. 35! appartient aussi à cette espèce. Je
sais bien qu’elle est dans un paragraphe dont les espèces
ont les fleurs blanches, mais je crois que la dessication
_seule a produit cette erreur.
15. RANUNCULUS ALPESTRIS d' DIVERSIFOLIUS Se,
plant. sel. et mél. bot. 2. t. x. lobis foliorum valdé po-
lymorphis 1—2—3—lobulatis, lobulis cuneiformibus vel
oblongis.
Alpes de Savoie.
En examinant beaucoup d'exemplaires de ce Ranur-
culus , on en trouve toujours un certain nombre dont
les lobes des feuilles sont extrémement dissemblables,
soit dans la même feuille, soit sur les différentes feuilles
2
C14)
du méme exemplaire. J’ai fait figurer de préférence une
espèce bien distincte pour prouver le peu d'importance
qu’il faut mettre dans la plupart des espèces à la denture
ou lobation des feuilles, laquelle a fait et fera encore
commettre bien des erreurs. En général Ü ne faut se
servir des feuilles que comme caractère accessoire, et tou-
Jours en chercher d’autres dans les fleurs ou dans les
fruits, dans l’inflorescence, etc.
16. RaxxGuLEs PyRENÆUS & VULGARIS Ser. plant.
sel. R. Pyrenœus Linn. mant.: 248. DC. syst. I. p. 243.
ñn. 16*! et prodr. I. p. 31. n. 45!
Alpes de Savoie.
Pédoncules velus faiblement striés; sépales elliptiques
membraneux, marqués de nombreuses nervures paral-
lèles et opaques; ‘fruits disposés en capitules ovoïdes;
carpelles fortement ventrus , relevés de fréquentes et
légères nervures parallèles, puis terminés par un mu-
crone cylindrique manifestement crochu au sommet dès
la floraison et dirigé en dehors.
17. RANUNGULUS PYRENAEUS + PLANTAGINEUS DC.
syst. 1. p. 243. n. 16! et prod, 1.p.31.n. 45.37! R.
plantagineus AÙ. fl. ped. n. 1445. t, 76. f 1.
- St.-Bernard.
Se distingue de la variété ordinaire, en passant par
plusieurs nuances intermédiaires, à ses feuilles larges, qui
ressemblent assez à celles du Plantago lanceolata , et a
ses tiges multiflores. — La var. & DC. 1. c. (buplevri-
folia) est le passage de la var, vulgaris à la var. plan-
taginea.
(45)
18. RanuncuLus ANcusTIFOLIUS DC. rapp. voy. 1. p.
18 ! syst. 1. p. 243*! prod. 1. p. 32! Deless. icon, n. 46.
sel 20197. /.A.
Pyrénées-Orientales. L
Diffère du R. Pyrenaeus par les caractères suivants :
Pédoncules glabres ; fortement striées; fruits disposés en
capitules sphériques ; carpelles ventrus, relevés de trois
nervures principales saillantes, qui vont former au so-
met un mucrone triquètre, droit pendant la fleurai-
son, et à peine recourbé à la maturité.
+
19. RANUNCULUS PARNASSIFOLIUS Lérn. spec. 774. DC.
syst. 1. p. 244 * ! et prod. x, p.32. n. 48!
Alpes de Savoie, (Breson.)
Peduncules striés velus; sépales ovoide-orbiculaires
demi-membraneux; feuilles presque coriaces ; fruits dis-
posés en capitules sphérique; carpelles ventrus légère-
ment rugueux, sans nervures sensibles et terminés par
un mucrone presque cylindrique, crochu pendant la fleu-
raison et roulé en spirale à la maturité.
20 RANUNCULUS CGRAMINEUS Lin. spec.773. Smith eng.
bot. t. 2306. DC. syst. I. p. 245* ! prod. £ P:32. n.49
Vallais.
Cette espèce, assez bien caractérisée par ses feuilles
linéaires et ses fleurs jaunes, le sera probablement bien
mieux par ses fruits, qui autant que j'ai pu les voir sur
des exemplaires à peine défleuris, se transforment en
gapitules très-courts et comme tronqués, etc.
C:16 )
21. RANUNCGULUS SCELERATUS & VULGARIS Ser. plant.
sel. R. sceleratus Linn: spec. 776. DC. syst, I. p. 268. r.
66.* & ! prodr. I, p. 34. n. 66!
Fossés de Genève.
, ù où
, Capitules ovoïde-oblongs; carpelles très-nombreux,
très-petits, presque lenticulaires, garnis d’un large rebord
plat et terminés par un mucrone à peine visible; ré-
ceptacle charnu oblong très-grand et poilu.
2
22. RANUNGUEUS NEMOROSUS B paucrrrorus, DC.
SYSte La pe 280 * ! prodr. I. p. 37. n. 94 !
Salève.
Capitules de fruits sphériques; carpelles presque lenti-
culaires; zervure marginale large, formée sur chaque face
de deux lignes saillantes distantes; mucrone comprimé
manisfestement tetraquètre à sa base et crochu à son
sommet.
\
23. RANUNCULUS LANUGINOSUS y PARVULUS DC. prodr.
Z. p.370: 7 !
Sommets du Jura, pres Soleure. (Suisse.)
Cette variété naine du À, lanuginosus croit parmi
les pâturages entourés de bois des sommités du
Jura; elle est remarquable par son extrême peti-
tesse et le peu de fleurs qu’elle porte. — D'ailleurs
lespèce se distingue du R. zemorosus DC, par les ca-
ractères suivants : Capitules de fruits larges et déprimés;
carpelles ohovés comprimés ; bords formés sur chaque
(472
{ace de deux lignes tellement rapprochées qu’elles sont
presque confondues en une seuleÿ zucrone comprimé,
presque tétraquètre à sa base et crochu au sommet.
LL
24. RANUNGULUS PHILONOTIS & VULGARIS Ser, plant, sel.
R. philonotis Ekhrh. beytr "2, p, 145. DC, syst. I
pe 296. n, 125. * var. & ! prod, I. p, 41, n 136 !
Prés marécageux des environs de Genève.
Cette espèce est facilement reconnaissable , sous une
multitude de grandeurs, de ramifications ou de nombre
de tiges et de lobation de ses feuilles, aux caractères
suivants : sépales réfléchis; rapitules sphériques; carpelles
Jenticulaires , bordés de deux lignes vertes trés-rappro-
chées, faces ruussâtres plus ou moins relevées de tu-
bercules ponctiformes rarement prolongés en épines ; mu-
crone large, oblique, court , comprimé , sans au-
cune flexion au sommet. — Cette variété se distingue
à des tiges très- rameuses et gazonnantes,
25. RANUNCULUS PHILONOTIS Ê INTERMEDIUS DC, syst.
z P° 297 D prodr, 1? P: L1. le 136 !
R. intermedius Poir, dict, 6. p, 116 *,
Genève, près de Sous-Terre.
Cette variété est remarquable par ses tiges souvent
assez élevées, très-rameuses, et surtout par les lobes
larges et peu profonds de ses feuilles peu velues.
26. RanuNCuLUS PHILONOTIS + PARvULUS DC, syst, I.
P: 297 ! prodr, I, p. 41. n, 136! R. parvulus Lin, mant, 79e”
À
(80)
Metz.
" , Se distingue à sa tige unique, peu rameuse et moins
élevée que dans les précédentes variétés.
27. NicELLa ARvENSIS Linn. spec. 753. DC. syst. I.
2: 329, 2.7"! prodr. Imp. 49, n. 7!
Metz.
Cette espèce, extrêmement variable dans la ramifca-
tion de sa tige et dans la longueur des lobes de ses
feuilles, se distingue de toutes les autres à ses sépales
presque circulaires longuement onguiculés et brusque-
ment acuminés, à ses pétales bilobées marqués de trois
lignes transversales brunâtres, et à ses graines ovoide<
triquètres couvertes de petits points relevés très-rappro-
chés. D'ailleurs l’exemplaire de la N. divaricata Beau-
pré ( Decandolle herb.) qui a servi à faire la figure, qu'à
donnée M. Delessert dans ses Zcones seleciæ I. t. 46,
n’est qu'un exemplaire très-ramifié dès sa base et dont
les lobes des feuilles sont plus courts, qu'ils ne le sont
ordinairement dans la N, arvensis; mais dont on ne
peut faire que la N. arvensis R divaricata.
28. AQuiLecIA Azpina Linn, spec. 7h92. DC, syst. J.
p.336, n. 5*! prodr. I. p. bo, n. 5!
Breson, (Savoie. )
29. DEzPHINIUM CONSOLIDA œ@ CLABRIUSCULUM 67.
plant. sel. D. Consolida Linn. spec. 748. DC. syst. I. p.
FRS NE prodr I. pa DT. Ti LE
va F
2
(19)
Genève, dans les boissons.
Cette plante, ordinairement glabre dans toutes ses
parties, excepté la tige couverte de poils gris et cou-
chés, passe cependant aussi quelquefois à l’état canes-
cent dans toutes ses parties, même les capsules : elle doit
constituer le D, Consolida incanum. (Vue en cet état dans
l’herbier Decandolle. )
30. ACONITUM ANTHORA pe VULGARE Ser. mus, helv.
I. p.130* et in DC. prodr. I. p. 56. n. 1. 4. Anthora
Schleich. cat. 1821. p. db! ex herb. DC.
Reculet. (Jura.)
31. ACONITUM ANTHORA € INCLINATUM Ser. mus. help.
Bpain,t. 154 2, sétun DC.-prodr: Te p.57
Reculet.
32% AconiTum ANTHORA Ÿ EULOPHUM Ser. mus. he.
I. p. 131* et in DC. prodr. I. p. 57. L dE
A. nemorosum Fisch. gor.! ex herb. DC. 1822,
Ufranid.
Reculet.
_33. ACONITUM ANTHORA © MULTICUCULLATUM 67.
in DC. prodr. I. ‘p. 57.
A. Anthora (monstruosum) Ser. mus. hel. t. 16.
Figure faite sur un exemplaire du Reculet.
34. Aconrrum Lycoctronum & vULGARE Se. mus. help.
(20)
ARE io er OT Es er ir DC. prodr. I. p. by.
n.2! À, Lycoctonum @ Clusianum Wall. sched., crit, 2504
excl, syn. DC. (A, Lycoctonum glabriflorum. )
Salève, près Genève.
35. AconiTum LycocToONuM + GRANDIFLORUM er,
mus. kel, I p. 134 * et ir DC, prodr. I. p, 57.
Dolaz. (Jura.)
36. AconiTum Lycocronum d' PENNINUN Sers muSs
ele, I. p, 134, et in DC. prodr. I, p. 57,
Grand St.-Bernard.
37. Aconirum Lycocrprum € PUBERULUM (67, NUS s
hele. I. ps 134* et in DC, prodr. I, p, 58.
Genève. (Bois de la Bâtie.)
C’est certainement à cette variété que se rapporte l4,
cynoctonum, que m'a envoyé M. W. Gerhard; mais
n'ayant trouvé nulle part de description de cette espèce,
je ne suis pas bien sûr que ce soit cet état que M. Rei-
chenbach ait décrit sous ce nom, mais elle vient de
Leipzig. — Cette variété, ainsi que les autres, offrent
des passages des lobes aigus aux lobes obtus.
M. Wallroth à envoyé à M. Decandolle depuis l’im-
pression de mon esquisse un exemplaire de l 4. Thalia-
num, dont il a fait son 4. Zycoctonum « Thalianum
dans ses schedul, crit, p. 249, c’est une variété bien
tranchée par les lobes de ses feuilles formant des carré-
longs assez réguliers, profondément crénelés à leur
( 214)
sommet; d'après l’exemplaire que j'en ai vu, celte va-
riélé peut être caractérisée de cette manicre : 4:pélosum ,
floribus laxis subpaniculatis, gale4 magné, pilis pedun-
culorum longis refractis, ovarüis glabris, lobis foliorum
subquadratis apice profundé dentato-crenatis,
38. ACONITUM OCHROLEUCUM æ& VULCARE Ser. plant.
sel. cent. 1., caule pedunculis pedicellisque tomentosis ,
Pilss curvatis. ;
1. ochroleucu « Ser. in DC. prodr. I. p. 58 jn:3, et
mus. he. I. p. 137 cum syn.
er. :
39. ACONITUM BARBATUM & COREALE Ser. plant. sel,
caule pedunculisque pilis tenuibus curvatis tectis.
A. boreale Ser. in Reichenb. uebers. p. 62.
A. barbatum DC. syst. I. p. 367 ! et Ser. in DC. prodr.
Ep 06: 72. 4.
Mouive.
Cette espèce est celle de tous les Aconits, qui res-
semble le plus aux fleurs du genre Delphinium. La var.
@ doit être modifiée comme il suit.
B uisprpum Ser. mus. helv. I. p. 139.* pilis caulinis
pedunculorumque crassiusculis patentibus rectis.
A. hispidum DC. syst. I. p. 367!
A. barbatum Deless. ic. sel. 1. t. 64. non DC!
I1 se sera glissé quelque erreur dans le moment où
lon a dessiné ou gravé ia figure citée, car les exem-
plaires de l'herbier Decandolle sont en rapport avec les
3
PE À PO ER EE PE
(22)
descriptions que M. Decandolle a données de ces deux
. espèces dans son Systema.
40. ACONITUM VARIEGATUM {À PALLIDIFLORUM er.
mus. hele. I. p. 140* et in DC. prodr. I. p. 59. n. b.
Cultivé.
Lt. ACONITUM ROSTRATUM æ&@ JUDENMERGENSE er.
mus \helb. J\p. 142.* & 16.1 16, ares DC: prodr.
F3 pi bo. ra ‘9.
A. inunctum Schleich. exs.! ex kerb. DC, 1821,
Stokhorn. (Canton de Berne.)
42. Aconrrum mesxcynum DC. syst. I. p. € Lt
Ser. mus. helv. I. p. 143* t. 15. f. 18, 19. et in DC.
prod. I. p. 59. n. 8. |
Cultivé. (Provenant d’un pied vivant récolté à la Gemmi.)
De tous les exerhplaires qui se trouvent sous ce nom
dans lherbier Decandolle, il n’y a que celui récolté à
Lavaraz par M. Ph. Thomas (1816), qui soit semblable à
ma plante. Cette espèce se distingue toujours à une tige
et à des rameaux très-rigides et assez gros, les rameaux
de la panicule forment avec l'axe des angles assez aigus,
Malgré qu’il se trouve dans la même enveloppe des exem-
plaires appartenant probablement au rostratum, je ne
doute pas que M. Decandolle ait eu en vue lexem-
plaire de Lavaraz, puisque c’est le seul qui porte lindi-
cation de la localité citée dans son Systema. Les autres
exemplaires sont sans lieu natal et incomplets.
nr "0 à dé US LS.
(299
L
43: ACONITUM PANICULATUM æ& PENNINUM Ser. mus.
he. I. p. 144" etin DC, prodr. I. p. 60. n. 9.
Grand St.-Bernard,
h4. ACONITUM PANICULATUM d'FLEXICAULE Ser. mus.
liel. I. p. 145* et in DC. prodr. 1. p. 60. n. 9.
Breson. (Montagne de Savoie, près Bonneville.)
45. Acon1TUM JAPONICUM & CARNEUM Ser. mus. heb.
Z. p. 146* &. 15. f. 29, 23. et in DC. prodr. I. p. 60.
fl. IO.
Cultivé.
46. AcoNITUM TORTUOSUM B 1LLINITUM Ser. mus. helv.
I. p.148* t. 15. f. 28, 29. et in DC. prodr. I. p. 61. n. 13.
Cultivé.
L'exemplaire sur lequel la variété a été faite [7 oe-
TUSATUM paniculé pauciflor4 puberul& , foliis reni-
Jormibus profundè simpliciterque lobatis ; lobulis obo-
vatis mucronulatis ) vient de M. de Laharpe, qui a
bien voulu n’en faire le sacrifice : il l'a récolté au bout
de la grande pièce d’eau de Meudon près de Paris.
M. Reynier m'écrit qu'il a été comparé à un exem-
plaire de V4, autumnale Reichenb. que M. Charpentier
tient de l’auteur. lui-même. Si cela était, ce que je ne
puis croire, il faudrait rapporter au tortuosum la table
17 f. 2 de Reichenb. mon. acon., que je persiste à citer
à mon À. Napellus grossum. L’exemplaire que j'ai sous
les yeux à les fleurs moitié plus petites que dans mon
A. tortuosum élinitum, les capuchons sont aussi beau-
RP EE
19
coup moins grands, mais ils ont PAPAS la forme très-
particulière à cette espèce.
45. ACONITUM INTERMEDIUM @ GLABRUM Se. mMmus.
helv. I. p. 162* £, 15. f. 39, 4o, 49, et in DC. prodr: I.
p- G1- (re: 219.
4 Stôrkianum ex W. Gerhard! in lité.
Cultive.
J'ai recu, non de M, Reïichenbach, mais de M. W. Ge-
rhard, de Leipzig, l’Aconitum Stôrkianum , que je con-
tinue à rapporlier à l'A. intermedium , établi un an avant
celui de Stérkianum. D'ailleurs je doute toujours beau-
coup que la figure qu'a donnée Stôrk se rapporte à PA.
intermedium.
Ld
48. ACONITUM INTERMEDIUM f VERSICOLOR 4$e7, maus.
helv. I. p. 152 * et èn DC. prodr. I. p. 61. n. 19.
A. versicolor Lodd. bot. cab. t. 594 (bona).
Cultivé.
49. AconiTum NaPerLus f spicaTum Ser. mus. helv.
I. p. 154 * etin DC. prodr. I. p. 62. n. 20.
Stokhorn. (Canton MR” )
Fo. ACoNITUM NAPELLUS 7 BRACTEOSUM Ser. mus.
ke. I. p. 154, et in DC! prodr. I. p. 62. n. 20.
Gemmi, entre Berne et le Vallais.
Les 'bractées n'étant que des feuilles florales, il est
Dé rs À
(25)
facile Me concevoir qu’elles puissent acquérir plus ou
moins d’alongement.
br. Aconitum Narezzus d pycMæEUM Ser. mus. helv.
2: ps 194%..et. ue DC. prodr. I. p. 63: nu20.
Stokhorn,
Petit état de 4. Na apellus, crà dans deg lieux où le
1 est très-compact, ou bien sur des parties très-hautes
& Alpes, lieux où manquant d’un sol assez léger et
assez nutritif, n'ayant qu'un temps très-court pour se
développer, et où il est exposé aux différentes intem-
péries de l'air, il ne di n, prendre tout le développement
dont il est susceptible dans des vallées humides et chau-
des, où il rencontre souvent un sol meuble,
b2. AconiTum NAPELLUS £ ÉAMOLUM Ser, mus, helv,
I. p.104, et in DC. prodr. I. p. 62. n. 20. A. venus-
tum ramosum Schleich. cat. 1821, p.5! ex herb. DC.
A. Neubersense Schleich. cat. 1821, p. 5! ex herb. DC.
Cultivé.
53. AconiTum NAPELLUS # VIRGATUM Ser..mnus. helv,
Ep: 2550 ,vetireDC'prodr: IE pr 62. 7. 20:
Cultivé.
Toutes les parties de la plante ont pris un grand alon-
1
gement, et le casque a aussi un onglet plus long, ce
qui l'empêche d’embrasser les sépales latéraux. On trouve
souvent cette espèce en cet état dans plusieurs vallées
. Alpines et entr’autres dans le Simmenthal.
* Le
(26 )
54. Aconrrum NaPELLUS o crossum Ser, mus."hele. I.
p.190 ,Webier DC. prodr. H\p. 63-fni20o:
Cultivé.
Il faut effacer des synonymes de cette variété les 4.
elatum et canescens Schleich. cat. 1821, p. Bb! qui
sont mieux rapportés à mon 4. napellus & macrosta-
chys, p.11 10S
55. AcowtTum NAPELLUS y BICOLOR Se. MUS. dl
Z. p. 158 *, et in DC. prodr. I. p. 63. n. 20.
Cultivé.
di
En
56. AconiTum NAPELLUS @ ALBIFLORUM Ser. mus,
Relo. I. p.158*, et in DC, prodr, I. p. 63. n. 20.
Cultivé par M. Wallner, qui l’a rapporté de la Dolaz.
Outre la couleur de la fleur, cette variété est encore
remarquable par l’éperon de ses capuchons plus court
que dans les autres variétés.
b7. AconiTüm NAPELLUS &@ LAGINIOsUM $Ser. mus. hele.
1. p. 159*, et in DC. prodr. I. p. 63. n. 20.
12
Cultivé.
Les fleurs de cette variété sont assez serrées, et les
feuilles ont leurs lobes très-iongs et aigus un peu dans
le genre de l’Aconitum delphintifolium, figuré par M. Reï-
chenbach mon. acon. 1, 9. f. 3, mais les lobes sont sou-
vent deux ou trois fois plus longs. Le bec du casque
est le plus souvent assez prolongé.
2
(27)
ORDO IX. PAPAVERACEZÆ.
58. Papaver ALPiNum Lénn. spec. 725, et DC. prodr.
Ppoia8. 'n. K!
Alpes de Savoie.
Se reconnaît facilement à ses belles fleurs constam-
bg. PAPAVER DUBIUM + MINUS 4er. plant. sel.
Salève, sur des rochers revêtus de très-peu de terre.
Cette variété est remarquable par l'extrême petitesse
de toutes ses parties et par la teinte rouge du dessous
de ses feuilles inférieures, J’ai suivi la gradation de dé-
veloppement des individus, depuis un pouce et demi
… delong, à plus d’un pied d’élévation, la grandeur des
individus diminuait en raison du peu d'épaisseur de la
couche de terre.
ORDO XI CRUCIFERÆ.
+
60. CnerranNraus CHEtRI & sxLVEsTRIS DC. prodr. I.
BA 185- 7, 11
Remparts de Genève.
di . Gr. Anais ALPINA & DENTATA Ser. plant. sel. foliis
, 6 L:
#
F
(28)
| argute dentatis. A. Alpina Linn. spec. 928. DC. prodr.
JD TENTE
Salève, prés Genève.
J'ai quelques soupcons que V4. criéspata Wild. n’est
qu'une variété de l’A/pina.
62. AraBis ALBIDA Sfep. in cat, hort. gor. 1812. p. bu.
et'DC.;prodr. I. p. ata. mb! È à
Cultivée.
Les fleurs sont une fois plus grandes que celles de
VA. Alpina. Les siliques ne peuvent servir à les dis-
tinguer, mais les graines dans l’a/béda sont aussi grosses
à une extrémité qu’à l’autre, c’est-à-dire courtement elli-
psoïde-lenticulaires, tandis que dans F4. Alpina, elles
sont manifestement ové-lenticulaires.
63. ARABIS AURICULATA œ SIMPLEX Se. plant. sel.
caule non ramoso, siliquis glabris. 4. auriculata æ DC.
prodr. I. p. 143. n. 13! excl. syn All. |
Breson, en Savoie.
B mamosa Ser. mss, cauie ramoso, siliquis glabris, À,
auriculata R. y. DC. prodr. I. p. 143. n. 13! cum syn:
omnibus.
. 7 DpasiCARPA DC. prodr. I. p. 143 ! cum syn., caule
sumplici vel ramoso, siliquis pubescentibus.
64. Anais TuRRITA Zinn. spec. 930. DC. syst. II,
pP..23b ! prodr. JT. p. 146. nr. ha! «
.
1
L
1
(29)
Salève , près Genève,
Les feuilles radicales, qui ont passé l'hiver, sont to=
menteuses, et déjà en automne, quand on les trouve
sans les tiges, on serait tenté de les prendre pour celles
de l'Hieracium lanatum. Les caulinaires sont toujours
plus ou moins poilues, mais je ne les ai pas trouvées
tomenteuses,
65. Anais PumiLA Wulf. in Jacq. coll. II. p. b9. DC.
syst. IL, p. 238 * ! prodr. I. p.147. n. 49! À. bellidifolia
Crantz stirp. austr. fase. I. p. Lh, t. 3. f. 3. non Jacq.
A, scabra Al. fl. pedem. n, 974?
Chaine du Breson. (Savoie.)
A en juger par l’exemplaire de l4. Schiwerechiana
Andrz. dans DC. prodr. TI. p. 145. r. 32 ! que M. An-
drzejowski a envoyé à M. Decandolle, on ne peut pro-
noncer sur les différences qui existent entre les deux
espèces, ni dans les siliques (elles sont loin d’être mures),
ni dans les graines qui sont, à ce qu'il parait, moins lar-
gement marginées, car elles sont loin d’être développées,
Les siliques jeunes de 4. pumila ressemblent parfaite-
ment à celles de l’4. Schivereckiana , et si M. Andrze-
jowski a fait son observation sur un exemplaire du méme
âge que celui qu’il a envoyé, je ne crois pas qu'il ait eu
raison d'établir son espèce. D'ailleurs le port de ces deux
plantes, la grandeur de la fleur, la forme des pétales,
tout est parfaitem en pareil. — Ma note n’est que dans le
but de marquer mon doute, mais non de nier affirma-
tivement.
( 50)
66. AnaBiS COERULEA W'uff. in Jacq. coll. IT. p. 56*
DC. syst. IT. p.239 ! prodr. 1. p. 147. n. b1l
#
Gémmi, à l’extrémiié supérieure du lac.
67. DRrABA AÏZOÏDES œ LEIOCARPA Ser. plant. sel. car-
pellis ovato-lanceolatis lævibus , rosulis foliorum patenr-
tibus.
{
prodr. Ep. 166. n. 1! W'ahlenb. f! carp. 102. n. 632:
Salève, près Genéve.
Cette plante varie beaucoup et a probablement donné
lieu à plusieurs erreurs; dans les lieux ombragés et hu-
mides elle est grande, ses feuilles sont plus larges et
plus longues, plus étalées, les silicules plus alongées,
plus étroites en proportion et glabres; c’est ce qui cons-
titue cette variété. Dans les lieux secs, pierreux et exposés
aa soleil, sur les sommets du Jura par exemple, on la
trouve plus petite, les feuilles tendent à s'infléchir et
forment des rosettes contractées, les silicules sont plus
courtes, ordinairement velues, et sur le même exem-.
plaire on trouve souvent des silicules velues et d’autres
glabres (1), mais toujours de même largeur, et ne pa-
raissent plus larges qu’à cause de leur briéveté ; les styles
(x) Je fais souvent mention de cette pubescence , et je vou-
drais pouvoir empêcher les botanistes de metire tant d’impor-
tance à-ce caractère, qui sera le plus souvent une source
d'erreurs.
D. Aizoïdes Linn. mant. 91. DC. syst. II. p- 330
(5)
sont toujours en proportion de l’alongement des sili-
ques. Souvent ils sont cassés vers leur milieu, ce qui
peut être une nouvelle cause d'erreur. Les feuilles d’ail-
leurs sont constamment les mêmes, c’est-à-dire d’un
tissu sec et mince, et toujours ciliées.
68. DnaBa A1zoÏDESs f LAs1OCARPA Ser. plant. sel. car-
pellis ovatis pilosis, rosulis foliorum plus minusve contrac-
ts: D. aizoon Wahlenb. fl. carp. 193. in adnot. DC.
"A prodr. I. p. 166. n. 3! D. cuspidata Bicb. fl. taur. sunpl.
k24. et ex Trev! én litt. DC. prodr. I. p. 166, n. 4!
Le D. Bruniæfolia Stev! in mem. soc. mosc. LIL. p.
268. ex herb. DC, est très-probablement encore une
variété du D. Aizoïdes , et se distingue seulement par
la briéveté de ses siliques qui sont ovoiïde-orbieulaires,
poilues ; mais les feuilles, les tiges rigides, l’inflorescence,
tout en un mot, excepté la briéveté des capsules, offre
exactement l'aspect du D. Aizoides.
69. DRABA TOMENTOSA & HxBkGYNA Ser. plant, sel. D.
tomentosa Wahlenb. veg. et clim. ps 123. n. 672 * t. 3.
opt. (cum oplimis adnotationibus,) DC. sys II, p. 346” !
prodr. I. p.169. n. 33!
Chaîne du Breson. (Savoie.)
Le D. stellata est très-voisin du 1omentosa, mais le
premier a les siliques plus lancéolé-alongées, marquées
d'un sillon longitudinal sur chaque face et couvertes de
poils étoilés ; tandis que le D. tomentosa a ses siliques
courtement elliptiques également et fortement arrondies
(%2)
aux deux extrémités, en outre garnies de poils couris
et jamais étoilés, quelquefois elles sont glabres.
70. DrABa muraris Linn. spec. ed. I. p. 643. DC.
ste TE Ne 080 /etuprour: L:\p TER: KO
Mendes. (Département .de la Lozère.)
71. COCHLEARIA SAXATILIS æ@ VULGARIS Ser, plané,
sel. folüs spathulatis in petiolo vix basi dilatato desi-
rentibus. Myagrum saxatile Lin. spec. 894. Cochlearia
saxatilis Lam. fl. fr. 2. p. 471. ex DC. syst. IT. p. 359* !
Prodr ÆNpirse. re. x à
Gemmi, montagne entre le eanton de Berne et celui du
Vallais.
72. COGHLEARIA SAXATILIS ( AURIQULATA Ser, plant.
sel. folüs oblongis basi in auriculis sæpè dilatatis. C.
auriculata Lam. dict. 2. p. 165 * ex DC. syst. II. p. 360*!
prodr. I. p.172. 2. 21!
Salève , près Genève.
Lorsque cette espèce croît dans les fentes des rochers
des Alpes, où se trouve à peine de la terre, ses feuilles
sont manifestement spalulées et presque toujours rélré-
cies en pétiole dilaté à sa base, et toute la plante est
plus effilée; mais lorsqu'on l’observe dans un sol plus
substantiel et à une élévation moins considérable, toute
la plante, recevant plus de nourriture, acquiert plus de
développement, ses feuilles s’élargissent vers leur base et
|
Lada
( 50)
deviennent oblongues ; mais cette base, teujours dilatée,
se prolonge en oreillettes, Les fleurs sont aussi un peu
plus grandes; mais ce ne sont certainement que deux
variétés d’une méme espèce,
73. HurcwinsiA ROTUNDIFOLIA & VIOLAGEA Ser. plant,
sel. H. rotundifolia R. Brown in Ait.hort, kew. ed. 2,v, 4.
p: 82. et DC. syst. II. p. 385° 1 prodr, I. p.177. n.1*!
Iberis rotundifolia Linn. spec. 905,
Chaîne du Breson, en Savoie,
7h. HuycHiNsIA ROTUNDIFOLIA {2 aLrirLona er.
plant, sel.
MA
Chaîne du Breson, en Savoie.
72. HurCHINSIA PETRÆEA æ@ RAMOSISSIMA Ser. plant.
sel. caule ramosissimo, fructibus viridi-lutescentibus. Le-
pidium petræum Linn, spec, 899. H. petræa R. Brown
ir Ait. hort. kew. ed, 2. ». 4. p. 82. DC. syst. II. p.
389 * ! et prodr. I. p. 178. n. 10!
Salève, parmi les graviers, ' Ù
76. Hurcuinsra PETREA @ puRPuREA Ser. plant. sel.
caule parvo ramoso fructibusque purpurascentibus.
Sables des bords du lac Léman, près Genève. %
77. HuTCHINSIA PETREÆA 9 SIMPLICIUSCULA Ser. plant.
sel. caule sünpliciusculo fructibusque viridi-lutescentibus,
Salève,
(54)
78. SISYMBRIUM SUPINUM Ê PARVULUM Ser. plant. sel
caule foliisque minutissimis. $. supinum Linn. spec. 917.
var. et DC. Syst. II. p. 477 *! prodr. I. p. 194. n. 33!
var. lacüs Jovis in Jurasso.
Extrémité inférieure du lac de Joux, entre le pont et les
entonnoirs.
Sa végétation dans du sable à peine mélé d’un peu de
terre végétale, a été cause de son extrème petitesse,
Beaucoup de plantes ont aussi acquis dans son voisinage
peu de développement, entr’auires la Veronica anagallis
qui dans la plaine s’élève jusqu’à 2 et 3 pieds, et qui là
est réduite à deux pouces de hauteur.
è 4 4
79. NESLIA PANICNLATA & NORMALIS Ser. plant. L ; 1 Hg
caule ramoso polystachio. N. paniculata Desv. journ. bot.
III. p. 162. DC. syst. IT. p. 519*! prodr. I. p.202. n.1f
Moissons de Salève.
80. NESLIA PANICULATA Ê MonosrTacayA Se.
à
sel. caule indiviso monostachyo.
»
Terrains maigres de Salève, ensemensés de blé et d
orge.
81. SENEBIERA PINNATIFIDA & INTECRILOBA Ser. plant.
sel. $. pinnatifida-x DC. syst. IT. p. 523*! prodr. I. p.
. n. 5! Lepidium didymum Linn. mant. 92.
PATES
à
82. SENEBIERA cononorus Poir. dict, IL. p. 76. DC.
55 )
syst. 11. p. 525*! prodr. I. p. 203. n. 6*! Cochlearia
coronopus Linn. spec. 904.
pd”
Genève, bords des chemins.
83. Brassica Ricmert Val, fl dauph. 3. p. 331*
. 36. DC. syst. II. p. 599 * ! prodr. I. p. 216. n. 18 !
Mont-Cenis. (M. Bonjean.)
| ORDO XV. CISTINEÆ.
8%. Cisrus arrinus Zénn. <pec. 7937. Dunal in DC.
rodr. I. p.264. n. 10.
Orange. (France méridionale. }
Les sépales extérieurs très-grands et les feuilles sessiles,
sont les seuls caractères qui distinguent cetté espèce du
andidissimus , dont les feuilles sont pétiolées ét les
épales extérieurs plus petits. D’ailleurs l'aspect des deux
èces est absolument le même.
85. Cisrus saivirorzius Léinn. spec. 738. Dunral in
DC. prodr. I. p. 265. n. 16!
Orange et Montpellier.
3%
Il est impossible d'indiquer sur le sec à quel
variétés se rapportent mes exemplaires, et les variétés ne
t pas établies dans l’herbier DC. J'ai de la peine à
- * croire que le C. Corbariensis Pourr! d’après l'herb. DC.,
(36)
diffère comme espece du C. Sabvifolius. Les feuilles dans
le premier sont plus grandes et un peu plus maniféste=
ment cordiformes, mais voila probablement tout, et je
crois que M. Decandolle avait bien fait de le réunir
comme variété du C. Salifolius.
86. Cisrus MoxspeLrENsIS Linn. spec. 738. Dunal in
DC, prodr. I. p, 265. n. 19
Avignon:
873. HertANTHEMUN ALPESTRE & WAHLENBERCIANUM
Ser. plant. sel, foliis oblongo-spathulatis pilosis. Cistus
alpestris Crantz stirp. austr. fas. IT. p. 103. t. 6. f. x.
Wahlenb. veg. et clim. n. 563. C. OElandicus Jacq: fl
FA
austr. L. 3994
Commune sur les Alpes de la Suisse, surtout au Stokhorn.
A en juger par l'opinion de M. Wahlenberg, et par
l'exemplaire envoyé par M. Hornemann (C. OElandicus
ex OElandié), VH, alpestre serait un peu différent de
VH. OElandicum.Ce dernier a ses calices moins alongés,
plus sphéroïdes et plus glabres. D'ailleurs le port de cet
exemplaire, qui répond bien à la description qu’en donne
M. Wahlenberg, est celui de l'A, alpestre glabratum,
mais il est un peu plus petit dans toutes ses parties.
… “85. HELTANTHENUM ALPESTRE GLABRATUM Dunal in
CA prodr. I. p. 256, n. 62. «. foliis oblongo-spathulatis
glabris, petiolo piloso. H. OElandicum glabrum Ser. sou.
2, 55e 4
Pied de l’Altels , entre le canton de Berne et le Vallais.
A
ds
L
Lrd
(37)
Cette varicté, dont la fleur est quelquefois très-päle,
ést un peu plus petite dans toutes ses parties que la va-
riété commune : les feuilles sont assez coriaces, elles
ont leur limbe très-glabre et leur pétiole velu.
ORD. XVI VIOLARIEZÆ.
89. Vioa caniNA & minor DC. fl. fr. 5, p. 617! et
ing. in DC. prodr, I. p. 298, n. 44!
Breson. (Mortagne de Savoie.)
Cette variété ressemble beaucoup par la forme et la
grandeur de ses feuilles à celles de la F. arenaria, mais
les fleurs sont plus grandes que dans cette dernière es-
pèce, et l’éperon plus saillant, plus large et plus obtus.
« Elle en diffère surtout par sa capsule glabre. ( Ging.
mss. ) »
90. VioLA PumILA B ERICETORUM Ging, ir DC. PU
I. p. 299. n. bo!
Pâturages du sommet du Grand-Salève,
_« Cette variété est facile à confondre avec la Ÿ. canina
minor, dont elle ne se distingue en fleur que par son
éperon jaune, ses stipules élargies, foliacées, et en fruit
par sa capsule très-obtuse, (Ging. mss. ) »
91. VIOLA MONTANA + LACTEA Ging. n DC. Pr Ze
\ Pe 299+ 2. br !
Marais d'Anet. (Canton de Berne.)
= 92: Vioza cazcanara B Harrerx Géng. ir DC. prod.
5
(58)
I. p. 302. n. 54!
Pâturages des Alpes de Savoie et du Jura:
93. VIoLA CALCARATA y ALEIFLCRA Girg. in DC. prod.
ZI. p.302. n.74!
Pâturages des Alpes de Savoie.
Cette plante varie du blanc très-pur au blanc lavé à,
de pourpre, et même les exemplaires, qui frais sont À
d’un blanc assez pur, passent souvent au violet-sale en
séchant. Du violet-päle elle passe ou au violet-pourpre,
ou plus rarement au rouge-vineux. « Du bleu elle
passe aussi au jaune lavé de bleu,puis au jaune-soufré.» \ 4
(Ging. mss.)
à
| ie
94. Viora Rornomacensis Desf. cat. 153.et Ging. im
DC. prod. I. p. 303. n. 80!
Cultivée, ù
05. VIoLA TRICOLOR & HORTENSIS DC. prod. I. p. # \
303.7. 81! Fr
Cultivée.
96. VioLa TRICOLOR LB DEGENER DC. prod. z Ve 303.
an. 81! ‘à à
écoltée dans un jardin abandonné, où elle était très-dé-
Dr Le années précédentes.
97: Vioza TRICOLOR y ALPESTRIS DC. PA Z. p. 505.
7. 81! Ne x sé:
(39)
Chaîne du Breson, en Savoie,
Cette vériété se trouve dans les prés de toutes les val-
iées alpines de 2 à 3000 pieds d’élévation. Les prés et sur-
tout les moissons du Prieuré (vallée de Chamounix) en
sont remplis. Elle passe très-souvent du jaune au pourpre;
et cultivée dans la plaine, ses fleurs se rapprochent
de la var. arvensis.
98. VIioLA TRICOLOR # ARVENSIS DC. prod. I. p. 303.
n. 81! \
Genève, moissons.
Cette variété , très-commune dans les moissons, passe
souvent sur le même individu du jaune au violet, et
offre des taches colorées de toutes les dimensions , sur-
tout sur ses deux grands pétales.
99- VIOLA TRICOLOR 4 GRACILESCENS DC. prod, I. p.
304. n. 81!
Cette variété est remarquable par sa tige peu ra-
meuse, effilée, et par ses pétales à peu près de la lon-
*
ur des sépales. Mes exemplaires viennent du Gurten
{montagne près de Berne), et c’est sur eux que M. De
Candolle a fait sa variété.
100. VIOLA TRICOLOR o BELLIDIOIDES DC. prod. I. p.
304. n. 81! 7,4
cn
Mes exemplaires proviennent de la partie sèche et
pulvérulente de la Æitere (tourbière près Berne).
EDG Ce
ERRATA.
Lu
Pag. 11, lign. 1x, lisez eriosepalus au lieu de eriose-
pala.
Pag. 25, lign. 15, lisez ramosum au lieu de ramolum.
EEEEEE——— …
TABLE.
NOTA. Les noms des genres admis dans ces notes
sont en CAPITALES, les espèces ou variétés adop-
, tées en cursives, les genres non admis en CAPITALES
ITALIQUES, et celles des espèces ou variétés non ad-
mises en zlaliques.
ACONITUM ACONITUM
Pag. Pag.
Anthora Schleich. . . . .. 19 Lycoct. grandiflorum Ser. 20
Anthora eulophum Ser. . . 19 Lycoct. Penninum Ser. . 20
Anthora inclinatum Ser, . . 19 Lycoct. puberulum Ser. . 20
Anthora monstruosum Ser. 19 Lycoct. Thalianum Wallr. 20
Anthora multicucullatum. . 19 Lycoct. vulgare Ser. . . . 19
Anthora vulgare Ser. . . .. 19 Napellus albiflorum Ser- 26
autumnale Reichenb. . . .. 23 Napell. bicolor Ser. . . . 26
Barbatum DCS ee. 21 Napell. bracteosum Ser. . 24
darbatum Deless. . .... 21 Napell. grossum Ser. , 23.26
barbatum boreale Ser. , . 21 Napell. laciniosum Ser. . 26
CONS Er:. 21 Napell. macrostachys Ser. 26
éanescens Schleich. . . .. 26 Napellus pygmaeum Ser, 25
elatum Schleich. . . . ... 26 Napell, ramosum Ser. . . 25
hebegynum DC. ......22 Napell. spicatum Ser, . . 24
Prahilon DCS TT 21 Napell. virgatum Ser. . . 25
intermedium glabrum Ser. 24 nemorosum Fisch. , . . .. 19
‘intermed. versicolorSer. . . 24 Neubrrgense Schleich. , . 25
inunctum Schleich. , . , . 22 ochroleucum & Ser, . . . . 2x
Japonicum carneum Ser.. . 23 ochrol. hispidum Ser. . . . 2r
Lycocton. Clusian. Wallr. 20 ochrol.vulgare Ser, . . .. 2»
Lycoct. glabriflorum DC. . 20
fe,
44
RANUNCULUS
Pag.
Le
+ 14
14
. 14
16
PoPizos ASÉCPS eee
Pyrenæus Linn. . .,..
Pyrenœus plantagineus DC.
)yrenæus vulgaris Ser. -
sceleratus vulgaris Ser. . .
scutatus" Walldst. et Kit.
Seguieri VilL . .......
ÉRROTAN Ines.» cie cuelo is 9
Thora brevifolius Ser. .
Thora scutatus id... ,. 10
Thora vulgaris id. . . .. 9
Traunfellneri Hopp. . . .. 13
drpartitus DC. 0 + ee 8
=
CRC EE
TABLE.
SISYMBRIUM
supinum parvulum Ser.
VIOLA
calcarata albiflora Ging.
calcarata Halleri Ging. . .
canina minor DC. . . ..
montana laetea. . . .. .
pumila ericetorum Ging. .
Rothomagensis Desf. . . .
tricolor degener DC. . . .
tricolor alpestris DC. . . .
tricolor arvensis DC . . .
tricolor bellidioïdes DC. .
tricolor gracilescens DC. .
tricolor hortensis DC,
Pag:
. 3%
139
_ N } REGNI VEGETABILIS.
4412
Ÿ ossum Ser.
À dicolor Ser.
1 Clbiflorum Ser.
LL iniosum Ser.
PAVERACEÆ.
as Ser.
»
L:
Je
À UCIFERÆ.
Berre he
per
- End sup Dr wb m
pet Ser.
CAS AUREZ 61 sat na
ie
PLANTÆ SELECTÆ SICCÆ
CUM ADNOTATIONIBUS, COLLATÆ
IN HERBARIO DE CANDOLLII ET DESCRIPTÆ IN PRODROMO SYSTEMATIS REGNI VEGETABILIS.
CENTURIA PRIMA.
Onrp. I. RANUNCGULACEZ.
1 Clematis parviflora DC.
2 Alpina Mill.
3 Thalictrum Alpinum Linn.
A simplexæ nigricans Ser,
5 simplex @ galioïdes Ser,
6 flavum Linn.
= Anemone Baldensis Linn.
8 nemorosa + multiplex Ser.
9 narcissiflora Linn.
10 Myosurus minimus Linn.
11 Ranunculus aquatilis + cæpitosus DC.
12 Thora & vulgaris Ser.
13 glacialis + eriosepalus Ser.
14 alpestris « vulgaris Ser.
15 alpestris d diversifolius Ser.
16 Pyrenæus æ vulgaris Ser.
17 Pyrenæus > plantagineus DC.
18 angustifolius DC.
19 parnassifolius Linn.
20 gramineus Linn.
21 sceleratus + vulgaris Ser.
22 nemorosus @ parviflorus DC.
23 = lanuginosus + nanus
24 philonotis & vulgaris Ser.
25 philonotis 8 intermedins DC.
26 phinolotis y parvulus DC.
»7 Nigella arvensis Linn.
28 Aquilegia Alpina Linn.
»9 Delphinium Consolida æ glabriusculum Ser.
30 Aconitum Anthora & vulgaris Ser.
31 Anthoras inclinatum Ser.
32 Anthora £ eulophum Ser.
SH Anthora 6 multicucullatum Ser.
34 Lycoctonum à vulgare Ser.
35 Lycoctonum + grandiflorum Ser.
36 Lycoctonum d'penninum Ser,
37 Lycoctonum £ puberulum Ser.
38 ochroleucum + vulgare Ser.
39 barbatum x boreale Ser.
fo variegatunm @ pallidiflorum Ser.
{x rostratum « judenbergense Ser.
12 hebegynum DC.
13 paniculatum «& penninum Ser.
4 paniculatum d'flexicaule Ser,
_hb japonicum + carneum Ser.
46 tortuosum @ illinitum Ser.
47 intermedium & glabrum Ser.
18 intermedium @ versicolor Ser.
49 Napellus 8 spicatum Ser.
5o Napellus > bracteosum Ser.
5x Napellus d'pygmæum Ser.
52: Napellus Z ramosum Ser.
53 Napellus y virgatum Ser.
54
55
56
57
100
Aconitum Napellus Ü grossum Ser.
Napellus+ bicolor Ser.
Napellus @ albiflorum Ser.
Napellus # laciniosum Ser:
Or. IX. PAPAVERACEZ.
Papaver dubium @ minus Scr.
Alpinum Linn.
Or». XI. Crucrrerx.
Cheiranthus Cheiri & sylvestris DC.
Arabis Alpina & dentala Ser.
albida Stev.
auriculata æ simplex Ser.
turrita Linn.
pumila Wulf.
cœrulea Wuif.
Draba aizoïdes & leiocarpa Ser.
aizoïdes 8 lasiocarpa Ser.
tomentosa & hebegyna Ser.
muralis Linn.
Cochlearia saxatilis & spathulata Ser.
saxatilis @ auriculata Ser.
Hutchinsia rotundifolia x violacea Ser.
rotundifolia 8 albiflora Ser.
petræa & ramosissima Ser.
petræa B purpurea Ser.
petræa + simpliciuscula Ser.
Sisymbrium supinum @ parvulum Ser.
Neslia paniculata & normalis Ser.
paniculata @ monostachia Ser,
Senebiera pinnatifida & integriloba Ser.
coronopus Poir.
Brassica Richeri Ville
Onn. XV. CISTINEZ.
Cistus albidus Linn.
salvifolius Linn.
Monspeliensis Linn.
Helianthemum alpestre & Wahlenbergianum Ser.
alpestre @ glabratum Dunal.
Or. XVI. VIiorARIEZ.
Viola canina R minor DC.
pumila @ ericetorum Ging.
montana + lactea Ging.
calcarata @ Halleri Ging.
calcarata > albiflora Ging.
Rothomagensis Desf.
tricolor & hortensis DC.
tricolor @ degener DC.
tricolor + alpestris DC-
tricolor 4 arvensis DC.
tricolor y gracilescens DC-
tricolor & bellidioïdes DC-
IN. B. La centurie coute 21, francs de France, et 20 fr. pour les souscripteurs. Affranchir les lettres et l'argent.
Sadresser à M: SERINGE & Genéve.
Tab. 1.
LC GLS (22/212 ce Jant. A Cerl À.
dd «à
70
7
DE 444
OUVRAGES
QU'ON TROUVE CHEZ Mr SERINGE.
Fa: C,
Essai d’une Monographie des Saules de la Suisse, :
UT UP DER RIEE POP RPEPIRDEG NOT 3, —
Mélanges botaniques, contenant : 1.° une critique
de mes Roses desséchées ; 2° une Monographie
des Céréales, 1 vol. in-8.° 1818. . . .. ie 227 4 —
Vol. IL, 3.° n.° de lacollection, contenant : Notes sur
les Plantæ selectæ siccæ collatæ in herbario De-
Candollii , et descriptæ in Prodromo systematis na-
turalis regni vegetabilis, par N.C. SERINGE (1824). 2, —
Monographie des Prèles (Equisetum) , par M le Pas-
Mur VavcHER, 1823. . . Le ceiuiole 1 o. .61.0000e 5, —
Mémoire sur la famille de Violacées, par MX de
GaincrnS dé LasSaraz ; 1828.°, 1. " "re 74p 3, 50.
Mémoire sur la famille des Dipsacées, par M7 Cour-
TN (18231 Le cs «ls RU PER En TC à
MUSÉE HELVÉTIQUE D’m1sTo1RE NATUREILE, ou col-
lection de mémoires, monographies et notices bota-
niques, avec 16 planches sur cuivre, coloriées, au
trait ou Kthogrophiées , par N. C. SERINGE, Berne
1823, 1 vol. in-4.° de 180 pages, prix 24 francs de.
France. Ce volume contient :
1°° Observations genérèles sur Les Roses. ‘ | «
2° Description de la Rosa rubrifolia et de ses variétés.
3. Remarques sur les six premières livraisons des Roses de
MM. RepoutÉ et Tony. \
4° Monographie du genre Pyrola.
5.0 Norice sur la culture des céréales dans la salle D AR
tigen.
6° Tentamen Synopseos Potentillarum cum adnotatiunculis
in Wahlenbergii Floram Helveticam, Laponicam et
4 |
.
À
“Roses desséchées, 5 décadés, 18101818. . . ..
“Hérbtencéreal, Reg LC RE RE An LPS
Herbier portatif des Alpes, 5 centaines in-4.° 1810
ou C. SERINGE, plante séléctæ siccæ collatæ in here
(SUITE.) me
Carpathicar, acin Nestleri Monographiam , auctore
Alberto vor HALLER 7. & se
3.0 Observations critiques surmès deux premières décades de
Dryadées desséchées s particulièrement sur le eue Po>
î tentillæ: à UE
8. 0 Notice sur le genre Soidenetié: à % AE
9.° Umnbilicariæ Helpeticæ destripte à Ludov. Em. Sox. Fi
RER, etc. $ < î
10.° Esquisse d'une Moboeranre e y genre Acute LR ANA
( Ce dernier travail est accompagné \d’une grande planche, où sont représentés de 12
le casque (Galea) etlé c:puchon (Nectarium) de toutes les FRE En di-
“visées en quatre sections. ) 5 PEN k Ÿ
DECANDOLLE, prodromus systematis naturalis regni vegetas rt
“bilis sive enumeratio contracta ordinum, generum specierum:
que plantarum huc usque cognitarum , juxta methodi patura-
ls normas digésta. Pau DS ee na en NT
COLLECTION ve PLANTES SÈCHES.
Saules desséchés,: 8 cahiers in-fol. 1805-1816. 0. RE
Collection de Grarninées, Cypéracées et Joncées de
‘la Suisse, Centurie 1. et 2. 1816..4 . ..
Dryadeæ exsiccatæ. MECAS rem 0e sin
Souvenir de a Suisse, x vol. in-4.0 renfermant 100
EC M der
1813. RE Te VA Dee UT
(Ces deux collections‘ sont reliées en papier maroquin.): ÈS
5 Mes et ne in Hodtons ss ù?
(a PA
,
aa) . à do 243 en
MÉLANGES BOTANIQUES
ou
RECUEIL
D'OBSERVATIONS, MÉMOIRES ET NOTICES
' SUR LA BOTANIQUE.
: Par N. C.. SERINGE.
AMCanlre de flaneurs Séséhes savantes.
VOL. IT.
Deuxième Partie.
N.° 4 ET D DE LA COLLECTION.
OBSERVATIONS SUR LE GENRE RANUNCULUS, ET PARTICULIÈREMENT
SUR LES CARACTÈRES À TIRER DES CARPELLES POUR LA DISTINCTION
DES ESPECES. "
OBSERVATIONS SUR LA NATURE DES FLEURS RT DES INFLORESCENCES
PAR J. ROEPER.
GENÈVE,
CuEz L'AUTEUR, RUE DU Puirs-Sr.-Pierre, N.° 116.
bas 1826.
RAA AS A PA AAA AAA PAT PA AA A AR AA AA
MÉLANGES BOTANIQUES
OU
RECUEIL D'OBSERVATIONS,
MÉMOIRES ET NOTICES
SUR
LA BOTANIQUE.
Par N. C. SERINGE.
N.9 4 DE LA COLLECTION. — 1 Mars 1826.
OBSERVATIONS sur le genre Ranunculus, et
particulièrement sur les caractères à tirer
des carpelles pour la distinction des espèces.
M E—
J ’Avais déjà essayé, lors de la publication de la première
centurie de mes Plantæ selectæ, de tirer des caractères
des carpelles dans le genre Ranunculus, et je cherchais
à en faire autant pour la seconde centurie, lorsque, dans
le cours de mes recherches. je crus m’apercevoir qu’un
examen comparatif de ces carpelles pourrait devenir
plus important que je ne l'avais d’abord cru. Je me suis
6
( 46 },
donc décidé, pour mettre un peu plus d'ensemble, à en
faire un article séparé.
Ce genre, Ranunculus, est loin encore d’avoir acquis
le dégré de perfection dont il est susceptible. L'impor-
tance qu’on a mise à la forme des feuilles, et surtout à
leur lobation, est l’une des causes qui a fait commettre
de graves erreurs, et qui en fera encore commettre, si
on ne se renferme dans de justes limites: Les feuilles
sont, dans ce genre et dans beaucoup d’autres, l'organe
qui doit fixer le dernier l’attention, en un mot, c’est
souvent (quant à ses découpures) le plus mauvais ca-
ractère que l’on puisse employer; mais la consistance
des feuilles, leur nervation, la manière dont les nervu-
res s’'anastomosent offrent des caractères d’espèces bien
préférables ; et tout botaniste, qui aura observé ce genre
avec soin, se défiera de leur lobation.
La forme et la consistance des sépales, leur caducité
ou leur marcescence, offriront des caractères sûrs.
La forme des capitules de fruits, celle des carpelles
murs (ovoides ou lenticulaires) la ponctuation en creux
de leurs faces, qui d'autrefois sont relevées de points
saillants, d’aspérités ou de nervures, ou bien leur surface
entièrement lisse, jointes à la forme du style { cylindroïde
ou rostriforme) sans oublier la direction de son som-
met, voilà ce qui offrira, je crois, de bons caractères.
La carination de quelques carpelles , l’aîle qui les entoure
quelquefois, sont encore des caractères à ne pas négliger.
La disposition des papilles stigmatiques pourrait bien
aussi avoir quelque intérêt, mais on ne peut bien les
observer que pendant la floraison et sur le frais.
(47)
Ce n’est que depuis que la science tend vraiment à
mériter ce nom, que l’on sent l'importance qu’offrent
presque toujours les fruits; aussi est-ce sur cet organe
que les botanistes portent actuellement leur attention,
Les plantes ayant été classées anciennement d’après le
nombre des étamines et des pistils, on ne trouve qu’ac-
cidentellement des fruits dans les herbiers; il sera donc
difficile, ou peut-être même dans quelque cas impos-
sible, de tirer les caractères spécifiques des carpelles
dans quelques espèces rares, qui ne se trouvent qu'en
fleur et dans un petit nombre d’herbiers.
Tous ces obstacles ne doivent pas décourager, et pour
donner l'exemple dans les recherches à faire relativement
à de meilleurs caractères d’espèces, je vais noter ceux
que j'ai pu tirer des capitules de fruits et des carpelles
dans l’herbier de M. DeCandolle et dans le mien.
Mes observations étant faites sur le sec, j'engage les
botanistes à n’y pas encore. attacher toute l’importance
qu’elles pourraient mériter, si elles avaient été faites aussi
sur le frais, et je les prie de m'envoyer des exemplaires
peu comprimés d'espèces rares ou obscures. Je vais faire
faire un tableau comparatif des carpelles de toutes les es-
pèces que je pourrai voir fraîches ou sèches pour mettre
en état de juger plus facilement de l'importance que
cet organe mérite, et faire juger plus facilement des
différences.
- Il est important de décrire la forme et la surface des
carpelles. Tantôt ils sont ovoides , et alors je crois tou-
jours sans ponctuation déprimée, ni tubercules, ni épines.
En ce cas de compression, l’un des bords répond à l'axe
(48)
du capitule, c'est le bord séminifère, Ces bords sont où
minces où épais , sans nervures latérales ou avec nervu-
res latérales, de manière que le bord paraît double, et
c’est ce que je nomme marge double ; rarement cette mar-
ge est munie d’une carène d’un seul côté, ou entourée
d’une aïîle étroite et circulaire qui disparaît facilement.
D’autrefois les carpelles peu ou point déprimés sont rele-
vés de nervures parallèles ou divergentes, ou en forme
de réseau.
Il faut observer les carpelles avec une loupe assez forte,
sans cela les points enfoncés qui couvrent souvent leurs
deux faces, quand les carpelles sont comprimés, échappent
à la vue, Il en est de même de ceux dont la ponctua-
tion est en relief.
11 faudra reporter dans une nouvelle section du genre
Ranunculus, toutes les espèces à carpelles lenticulaires,
et marqués sur la presque totalité de leurs faces de
points déprimés nombreux, On pourrait la nommer
Punctaria, Les espèces de quelques sections subiront en
outre quelques déplacemens , lorsque les carpelles auront
été mieux étudiés. J’ai indiqué dans ces notes quelques-
ans de ces déplacemens,
Je conserve les numéros des espèces dans l’ordre du
Prodromus systematis regnPvegetabilis ; afin que les per-
sonnes qui voudront retrouver promptement ces espèces
dans l'ouvrage cité puissent y recourir facilement, ce
sera en outre une addition aux caractères déjà donnés, Je
crois les espèces de Ranunculus de Vherbier DeCandolle
et du mien bien déterminées; c’est donc plus particuliè-
rement sur les espèces du prodromus que j'ai trouvé les
(49)
caractères des carpelles, sans pouvoir affirmer que ces
exemplaires répondent parfaitement à ceux des espèces
des auteurs primitifs, qu’il est si rare d’avoir occasion
de pouvoir consulter,
. J'ai ajouté aux espèces, dont j'ai eu quelque occasion
| de faire mention, la citation des animadversiones bota-
nicæ in Ranunceas, etc., de M. de Schlechtendal. Ce
sera donc dans le systema et le prodromus de M. DeCan-
dolle, dans les deux intéressantes brochures citées de
M: de Schlechtendal, et dans le premier et le second nu-
méro du second volume de mes mélanges botaniques,
que l’on pourra trouver ce qu’il y a de plus nouveau
sur le genre Ranunculus.
CS | ———
1. 2. 3. RanuncuLus aAquarTizis ( Ser. mél. bot. 3,
p. 6.*) capitulo carpellorum globoso, carpellis irregu-
lariter obovatis transverse rugoso-striatis, stylo brevi
crassiusculo subtruncato vix deflexo. —Schlecht. anim.
Tran. 2, p. 7-11 €t2, p..b.
3.* RaNuNCULUS sANICULÆrOLIUS (P1v. f. libyc. 2%,
£. 11, f. 2.) « foliis reniformibus inciso-quinquelobis ,
lobis crenatis, petiolis basi nudis, pedunculis folia æquan-
tibus, caule natante, earpellis obovato-subrotundis pa-
rallelo-rugosis —Hab. in inundatis salsis magnæ Syrteos.»
C’est au Ranunculus aquatilis que je rapporte encore cette
espèce, qui est un passage entre les Ranunculus triparti-
tus DeCand. prod. 1, p. 26, et le Ranunculus hederaceus,
espèces que je soupconne appartenir au Ranunculas
aquatilis.
(50)
4, RANUNCUEUS EULLATUS (Zinn. spec. 77h.) Capitule
oblongo-ovato, receptaculo oblongo , carpellis horizon-
talibus obovatis dense tenueque reticulatis, stylo brevi
apice tumidiusculo subuncinato. — Variat caule 1-10
floro. —Schlecht. anim. ran. 1, p. 24.
b. RANUNCULUS CHEROPHYLLUS (Lénn. spec. 780.) capi-
tulo oblongo, carpellis lentiformibus punctis numerosis
depressis notatis, stylo rostrato compresso. — Schlecht.
anim. Fran. I, P. 24.
12. RanuncuLus myriopuyLzius, n’est probablement
qu’une variété du Ranunculus chærophyllus.
14. RanuycuLus Lerraceus (DeCand. syst. 1, p. 258.)
capitulo ovato, carpellis lentiformibus punctis nume-
rosis depressis notalis , stylo longo valde compresso apice
uncinato.
16. RanuncuLus oxysPermus (/z4d. spec, 2, p. 1318.)
Ceite espèce n'appartient pas à la section Ranunculas-
trum ; mais à celle des Echinella. (Vide n. 136.*)
132. RANUNCGULUS PEDATUS (Waldst. et Kit. plant. rar.
Aung. 2, p. 112, 4 108.) capitulo ovato denso, carpellis
compressis punctis depressis distantibus notatis, stylo
rostrato deflexo uncinato.
18. RANUNGULUS PETROSELINUS (Brria! hist. ren. 3,
4, 2.) capitulis ovatis, carpellis punctis depressis minu-
tissimis numerosis notatis, margine duplici, stylo brevi
patente.
19. 20. RANUNCULUS mONSPELIACUS (Ser. mss.) Capi-
tulis oblongis, carpellis compressis punctis depressis
( 5x
numerosis notatis , stylo rostrato compresso aculo recto.
Ranunculus Illyricus Linn. spec. 776, et Monspeliacus
Linn. spec. 778. —Je n’ai aucun doute sur la nécessité de
réunir ces deux espèces; c’est dans la variété 4 DeCand.
prod. 1, p. 28, que doit rentrer le Ranunculus Ilyricus.
— Schlecht. anim. ran. 1, p. 26; et2,p.7.
21. RANUNCULUS SPICATUS (Desf. fl, all. 1, p. 438, t.
115.) Cette espèce, par ses carpelles tuberculeux , entre
certainement dans la section Æchinella,
23. RaANUNCULUS AstATICUS (Linn. spec. 777.) capi-
tulis oblongis, carpellis valde numerosis membranaceis
valde compressis punctis depressis minutissimis nume-
rosis notatis, stylis elongatis teretiusculis acutis patente-
deflexis.....
24. RanuNcuLUus KkRAPFIA (DeCand. in Deless. plant.
sel. 1, t. 35.) capitulis hemisphærico-depressis ?, carpel-
lis lentiformibus punctatis....., stylo tereti elongato
adscendente..... (ex icone)
28, Ranuxcurus corrusærozius (Wild. enum. 588.)
capitulis ovato-oblongis, carpellis (pilosis) valde com-
presssis punctis depressis minutissimis notatis, stylis ros-
triformibus patentibus rectis. — Schlecht. anim. ran, 1,
P- 27.
28*? RanuncuLus INsULARIS (Wiv. fl. cors. append. 2.)
« radice fasciculato-tuberosà , foliis radicalibus tripartitis
lacinüs lateralibus bisectis sessilibus incisis medià pedi-
celletà tripartità laciniis bifidis trifidisque caulinis trifidis
petiolo amplexicaule, calycibus patulis ovato-acutis pilis
(52)
adpressis tectis, capitulis....., carpellis..... Hab. in
montibus Corsicæ et Sardiniæ borealis Tempio. »
29. 30. 31. 32. RANUNCULUS THORA (Zinn. spec. 770.)
capitulis globoso-depressis, carpellis subglobosis longi-
tudinaliter nervosis, stylo filiformi apice subcircinato.
Vide Ser. mél. bot. 2, p. 9.* — Schlecht, anim, ran, 1,
D. 27. 26.
34. 35. Raxuncurus ruTæroLIUS ( Linn. spec. 777.)
capitulo globoso - depresso paucifloro, carpellis ova-
tis....., stylis brevibus apice deflexis ? R. isopyroïdes
DeCand. syst. 1, p.238 et prod. p. 30, n. 35. —Schlecht,
anim. ran. 1, P.II.
36. Ranuncurus cracrazis (Zinn. spec. 777.) sepalis
petalis staminibusque marcescentibus , capitulis globoso-
depressis, rhachi disciformi, carpellis ovato-compressis
submembranaceis ? subcarinatis, stylo conico compresso.
— Schlecht.. anim. ran. 1, p. 12.
4
L’exemplaire envoyé de Laponie par M. Wikstrôm à
M. DeCandolle, est parfaitement semblable à ma variété
eriosepalus Ser. mél. 2, p. 11. —Il m'est presque impos-
sible de croire que le Ranunculus Chamissonis, Schlecht.
anim. ran. 1, P. 12, t. 1, puisse différer de cette même
variété, à moins que ce ne soit par l’étroitesse des lobes
des feuilles, d’ailleurs même calice, même permanence
de tous les organes floraux, même variation dans la
couleur (du blanc au rouge); je le répète, il m’est abso-
lument impossible de ne pas le réunir au Ranunculus
glactalis.
æ ERIOSEPALUS ( Ser. 2. c.) sepalis pilis lanatis rufis
( 53
obtectis, lobis foliorum glabris. Ranunculus Chamisso-
nis Schlecht 1, c. Ranunculus frigidus Willd. ? Ranun-
culus nivalis Gunn ?
& srmiopuyrius ( Ser. herb.) sepalis pilis lanatis rufis
obtectis , foliis caulibusque pilis mollibus subsericeis
onustis. In Alpibus helveticis.
> LErosEpaLus (Ser. mél. bot, 2, p.11.) sepalis foliis-
que glabris.
36.* RanuncuLzus PaLraAsi1 ( Schlecht. anim. ran. 1,
pag. 15, &. 2.) Cette espèce, très-remarquable, a beau-
coup de’rapports avec le Ranunculus glactalis dont elle
se distingue certainement à ses rejets tracants, à ses cali-
ces trisépales, et surtout à ses carpelles obovés, terminés
par un style cylindroïde, dressé et crochu au sommet.
J'ignore si vraiment sa fleur est blanche ou jaune, mais
dans tous les cas, si le genre Ficaria doit étre conservé,
je crois qu’il doit y être transporté.
37. Ranuncurus Cnamissonis ( Schlecht. anim. ran.
1H 12, LE.) Vide 1: 30.
38. Ranuncuzus Securert ( V4. plant. dauph. k, p.
737 ; & 9.) sepalis petalis staminibusque deciduis, capi-
tulis....., carpellis..... M. de Schlechtendal ajoute
anim. ran. 1, p. 13. « Carpellis subrotundo-ovatis com-
pressis stylo apice parum incurvo aristulato terminatis. »
39, RANUNCULUS ALPESTRIS ( Zénn. spec. 778.) capi-.
tulis ovatis, carpellis obovatis tumidiusculis tenue veno-
sis, stylo rostrato compresso apice uncinato, — Schlecht.
anim, ran. 1, P.13,et2, p. 6.
(54)
40. RANUNCULUS CRENATUS (///aldst. et Kit. pl. rar.
hung. 119, t. 10.) Doit probablement être rapporté au
Ranunculus alpestris, mais on ne peut en acquérir au-
cune certitudè ni par la figure, ni par la description.
4t. RANUNCULUS aconNiITIFOLIUS (Linn. mant. 79.)
capitulis globoso-depressis, carpellis lentiformibus sub-
radiatim venosis , stylo conico teretiusculo ? apice circin-
nato. — Schlecht. anim. ran, 1, p. 14.
D’après M. Walker-Arnott, le Ranunculus dealbatus
Lapeyr. abr. 315, a un aspect différent du Ranunculus
aconitifolius , mais il est très-distinct du Ranunculus hete-
rophyllus, Les pétales dans le dealbatus sont étroits, mais
les feuilles radicales ne paraissent pas lui appartenir.
Quoique M. Marchand ait beaucoup herborisé au Pic du
Gard, il n’a jamais trouvé un Ranunculus qui eut les
caractères assignés par Lapeyrouse à son dealbatus.
Le Ranunculus lacerus Bell, act. taur. et DeCand, prod.
1, p. 31, n. 44, que l’on soupconne être un hybride des
R, aconitifolius et Pyrenæus, et le R, frigidus Schrank
hort. mon. t, 55, non Willd. et dont les lobes des feuilles
sont moins soudés que dans le /acerus, ont‘plus de res-
semblance avec lacontitifolius qu'avec tout autre. (Voyez
Schiede, de plantis hybridis, p. 66.)
43. RANUNCULUS APIIFOLIUS ( Pers. ench. 2, p. 105
non Desf.) capitulis ovatis, carpellis ovatis compressis ?,
stylo brevissimo reflexo (ex icone Deless. )
44. RaNuNcuLus LacerRus Bell. Vide n. 41.
45. Ranuncurus Pyrenzæus (Zinn. mant. 248.) capi-
(55)
tulis ovatis, carpellis ovatis longitudinaliter venosis,
stylis subpatentibus apice uncinatis. — Schlecht. anim. 1,
p. 16.
46. Ranuncuzus ancusrirozius ( DeCand. rapp. voy.
1, P. 7h.) capitulis globosis, carpellis ovatis longitudi-
naliter venulosis, stylis conico-subteretibus acutis rectis
adscendentibus. — Schlecht. anim. ran. 1, p. 16.
48. RANUNGULUS PARNASSIFOLIUS ( Zinn. spec. 774.)
capitulis ovato-globosis, carpellis obovato-globosis cras-
sis subvenulosis, stylis teretibus circinnatis. — Schlecht.
anim. rän, 1, P. 17.
49. RanuncuLus crAmINEUS (Zinn, spec. ed. 1, p.
54g. ed. 2. p. 773.) capitulis ovatis, carpellis ovatis
lævibus , stylo conico crassiusculo apice vix deflexo.
— Schlecht. anim. ran. 1, p. 17.
51. RanuNcurus LiNGUA (Linn. spec. 373.) capitulo
globoso, carpellis ovato-compressis lævibus, stylo lato
rostralo adscendente. — Schlecht. anim. ran, 1, p. 17.
— D’apres les notes qu’a bien voulu me donner M, Wal-
ker-Arnott sur l’herb. Lapeyrouse, une partie des exempl.
appartient vraiment au Ængua et l’autre au F/ammula, ce
que confirme encore l'herb. Marchand ,; que Lapeyrouse
avait examiné.
b2, 53. Ranuncurus FLammuLza ( Schlecht. in flora et
Smith engl. fl. 3, p. 45.) capitulis ovato-globosis, car-
pellis ovatis compressiusculis Iævibus , stylo conico de-
flexo brevissimo. — Schlecht. anim. ran. 1, p. 17.et 18.
æ INTEGRIFOLIUS ( Ser. kerb.) caule erecto vel subpro-
cumbente , foliis lanceolatis integris.
(56)
B serrarus (DeCand. prod. 1, p. 32.) caule crecto
vel subprocumbente, foliis sublanceolatis serrulatis.
+ ARENARIUS ( DeCand. L. c. ) foliis radicalibus ovato-
lanceolatis rigidulis, caulinis linearibus.
d'rosuLATUs (Ser.) foliis radicalibus spathulatis integris
2-3-dentatisve in rosulam dispositis, caulinis breviter
petiolatis ovato-linearibus. Ranunculus polyphyllus
DeCand. prod. 1, p. 33 n. 6 non Willd. ex Schlecht.
D’après la remarque de M. de Schlechtendal, L. c. 1, p.19,
la plante de Waldst, et Kit. doit être rapportée au Ra-
nunculus Gphioglossifolius, tandis que celle de l’herbier
DeCand! appartient au fianunculus Flamimula. Xl se pour-
rait que les tubercules des carpelles se fussent oblitérés
dans les exemplaires de l’herbier DeCandolle, ce que je
ne crois pas, ces carpelles et leur style me semblent assez
différens dans les deux plantes.
53.* Ranuncuzus nHypropuiLus ( Gaudich.! in ann.
scienc. nat. >, p. 10) ) caule repente ad quemque nodum
radiculas foliaque agente, foliis longe petiolatis limbo
ovato-suborbiculato, pedunculis folio brevioribus, capi-
tulis subglobosis, carpellis ovato-lentiformibus pubescen-
übus enerviüis. Hab. in insulis Maclovianis. Gaudichaud.
(v.s. in herb. DeCand. comm. à cl. Gaudichaud.) — Cette
espèce est très-remarquable et a pour caractères les sui-
vans : Tiges filiformes couchées sous l’eau? poussant de
chaque nœud inférieurement un faisceau de longues ra-
cines et supérieurement un autre faisceau de feuilles à
limbe ovoide orbiculaire ,:à peine mucronées , relevées
inférieurement de nervures parallèles assez nombreuses ;
(57)
pétiole dilaté à sa base, très-long en proportion du limbe.
Fleur portée sur un pédoncule plus court que les pétioles.
Capitules presque sphériques; carpelles ové-lentiformes
pubérulens et sans nervures sensibles , style...
54. RanuneuLus PusiLLus ( Poir. dict. 6, p. 99.) vide
R. ophioglossoide n. 149, — Schlecht. anim. ran. 1,
pate
bg. RanuncuLus cymBALARIÆ (DeCand. syst. 1, p.
252.) capitulis ovoideis , carpellis numerosis..... longe
lateque rostratis.
b9.* RanuncuLus waLormiLus (Schlecht. anim. ran, +,
P- 23, t. h,f. 2.) « foliis radicalibus petiolatis glabris sub-
carnosis cuneatis apice tridentatis, flagellis e collo ortis,
scapis unifloris petiolis fere duplo longioribus, petalis
obovato-cuneatis calyce longioribus, capitulis ovatüs,
carpellis subuncinato-rostellatis.....»
63. RaxuncuLus auRICOmUS (ZLinn. spec. 775.) capi-
tulis subglobosis , carpellis lentiformibus lævibus ( pilo-
sis), margine crassiusculo, stylo teretiusculo recurvo
brevi. — Schlecht. anim. ran. 2, p. 7.
63.* Ranuxcuzus AFFINIS (R. Brown chloris mel. 7,
(1823.) « foliis radicalibus pedato-multifidis petiolatis,
caulinis subsessilibus digitatis, lobis omnium linearibus,
caule erecto 1-2-floro cum calycibus ovariisque pubes-
centibus, capitulis oblongo-cylindricis, carpellis.....
rostro recurvo. — In insula Melvilianà. »
64. Ranuncurus Cassugicus ( Linn. spec. 775.) capi-
tulis ovato-globosis, carpellis ovato-lentiformibus ? (pilo-
sis ) punctis concavis notatis ? stylo tereti elongato apice
(58)
uncinato. — Schlecht. anim. ran. 2, p. 10. — M. de
Schlechtendal ne le croit pas différent du Ranunculus
AUTICOMUS »
65. RanuNcuLUuS ABORTIVUS ( ënn. spec. 776.) capi-
tulis ovatis, carpellis densis obovato-lentiformibus lævi-
bus margine tenui non alato , stylo subnullo. — Schlecht.
anim. ran. 2, P. 10.
66. RanvuncuLus sCELERATUS ( Zenn. spec. 776.) capi-
tulis ovato-oblongis, carpellis densis minutissimis sub-
lentiformibus coriaceis punctis depressis medio notatis,
margine crassissimo anguste alato , stylo vix conspicuo.
— Schlecht. anim. ran. 2, p. 10.
68. Raxuncurus Lawcsporrir (DeCand. prod, 1, p.34,
ñ. 68.) l’exemplaire de l’herbier DeCandolle est selon
M. de Schlechtendal (1824) le Ranunculus Gmelini.
69. Ranunourus muiriripus ( Pursh fl. bor. amer. 2,
p. 736.) capitulis ovatis, carpellis lentiformibus Iævi-
bus , stylo rostrato recto ? — Cette singulière espèce res-
semble beaucoup au Ranunculus aquatilis, par la décou-
pure de ses feuilles , mais nullement par ses grandes fleurs
jaunes pareilles à celles du Ranunculus bulbosus ; elle
ressemble encore moins an fanunculus aquatilis par ses
carpelles , qui ne sont point rugueux transversalement.
Les petioles, très-longs à la base de la plante et nuls à
son sommet, sont élargis en espèces de stipules mem-
braneuses. J'ai vu de très-beaux exemplaires de cette
espèce dans l’herbier de M. Mercier, qui les avait recus
de M. Nuttall, Es
(59)
70. RANoNCULUS RIVULARIS ( Banks et Sol. ex DeCand,
syst. 1,p. 270!) capitulis hemisphæricis, carpellis pau-
cis globoso-lentiformibus..... stylo tereti adscerdente ?
longo, — Schlecht. anim. ran. 2, p. 11.
73. Ranuncurus Pumirio (R. Brown prod. nov. holl.
2. éned, ex DeCand. L c.) voir la section V. Echnella à
laquelle il appartient.
76. RanuncuLus HYPERBOREUS (Rottb.) capitulis globo-
so-ovatis, carpellis ovatis....., stylo brevissimo. — Il
est probable que le Ranunculus pygmæus n’en diffère pas,
et c’est peut-être à cette plante que se rapporte encore
plutôt la table 83, f. b. du quatrième volume de Gmelin.
— Schlecht. anim. ran. 2, p. 12.
77." Ranuncuzus Sagini (R. Brown chloris mel. 6
(1823) « foliis radicalibus elongato-petiolatis tripartitis,
lobis ellipticis lateralibus semibifidis, caulinis sessilibus
tripartitis linearibus, calycibus hirsutis petala retusa
subæquantibus. —Hab. in insulà Melvilianä. Planta inter
Ranunculum nivalem et pygmæum in herb. D. Sabine
exstat, ulterius examinanda, forsan haud distincta à Ra-
nunculo nivali cujus cfr. ic. fl. dan, 1699, ubi petala
retusa folium radicale pinnatifidum. » (R. Brown I. c.)
78. Ranuncuzus nNivaz1s. (Gunn.) An Ranunculi gla-
cialis var. ? — Schlecht. anim. ran. 2, p. 14.
79. RanuncuLus Fricipus ( Wild. spec. 2, p. 1312.)
An Ranunculi glacialis var? — Schlecht. anim. ran. 2,
p: 15.
80. Raxuncuzus Escuozart ( Schlecht. anim. ran. 2,
( Go ).
p-16,t. 1.) capitulis ovatis, carpellis obovato-lentifor-
mibus..... stylo tereti acuto recto..... (ex icone)
89. RANUNGULUS POLYRHIZUS (Slephain Wild. spec. 2,
p-1324*). An Ranunculi alpestris var ?— Schlecht. anim.
ran. 2% P. 17.
83. Ranunourus DEmissus ( DeCand. syst. 1, p: 295!)
capitulis hemisphæricis, carpellis globoso-lentiformibus
punciis minutissimis depressis numerosissimis notatis,
stylo teretiusculo deflexo circinnali.
85. 86. 87. R. monramus, Vicrarstr, Gouanr. Me
semblent par la forme des carpelles et par leur style long
et en crosse appartenir à la mème espèce, mais ce rappro-
chement est difficile à affirmer manque de fruit de ces
trois espèces dans les herbiers. D’ailleurs le Rarunculus
acris en est certainement très-distinct par son style très-
court. — Schlecht. anim. ran. 2, p. 18-21.
88. RanuncuLus aAcris ( Zinn. spec. 779.) capitulis
globosis, carpellis lentiformibus punctis depressis nume-
rosissimis notalis, stylo brevi rostrato recto vel apice vix
curvato. — Schlecht. anim. ran. 2, p.21.
89. RanuxouLus Brurius (7er. fl. neap. prod. suppl. x,
p- 61 etc.) capitulis hemisphæricis, carpellis paucis obo-
vato-compressis punctis depressis numerosiséimis notatis
et tenuissime nervosis, margine dorsali duplici, stylo
teretiusculo elongato circinnali, foliis palmatisectis. —
Schlecht. anim. ran. 2, p. 22.*
90. RaxuNcuLus SrEvENt ( Besser enum. volh. n. 683.)
(6% )
tous les exemplaires recus d'Allemagne sous ce nom, et
que J'ai vus appartiennent au Ranunculus acris.
. gt. Ranuncuzus Caucasicus (Bieb. fl. taur, 2, p. 27.)
capitulis hemisphæricis, carpellis sublentiformibus com-
préssis punctis depressis numerosissimis nolalis êt tenue
nervosis, margine seminifero duplici, stylo breviostrato
apice vix curvato, foliis semipinnatisectis. — Schlecht.
anim. ran. 2,p. 23. —Les carpelles du Ranunculus Cau-
casicus ne diffèrent de ceux du Brutius que par la lon-
gueur du mucrone qui est aussi long que la partie sémi-
nifère dans le Brutius et très-court au contraire dans
le Caucasicus. D'ailleurs il y a de très-grands rapports
entre ces deux espèces.
93. 94. RANUNCULUS POLYANTHEMOS ( Zénn. spec. 779.)
et Nemorosus (DeCand. syst. 1, p. 280.) Le premier ne
diffère du 2emorosus que par un style très-court et peu
courbé , tandis qu'il est très-marqué et très-courbé dans
le Ranunculus nemorosus ; malgré cela je crains que ces
deux espèces n’en forment qu’une, Le Rarunculus polyan-
themos LR leptolobus Wallr! d'après l'herbier DeCand!
n’est que l’acris par ses capitules et ses carpelles. Son
potyanthemos « latifolius paraît devoir être rapporté au
polyanthemos, dont l’herbier DeCandolle n’a point de
bons exemplaires en fruit. D’après les notes de M. Wal-
ker-Arnott c’est ici que parait devoir être rapporté le
Ranunculus tuberosus Lapeyr. abr. 320. — Schlecht,
anim. ran. 1, p. 23.* et 26 (sous Ranunculus tuberosus.)
95. RanuNcuLus LANUGINOSUS { Linn, spec. 779. ) J'ai
toujours quelques craintes que cette espèce ne diffère
8
(62 )
pas des deux précédentes, elles ont toutes trois la méme
forme de carpelles et la même ponctuation sur les faces,
mais au moins elles se distinguent toutes de l’acris dont
les styles sont très-courts et droits. — Schlecht. anim.
ran. 25 p. 2b.*
96. RANUNGULUS TUBEROSUS (Lapeyr. abr. 320.) Vide
n. 95.
98. RanuNcuLus NAPELLIFOLIUS ( DeCand. syst. 1, P.
282!) Je ne puis trouver de caractère pour le distinguer
du Ranunculus acris y multifidus.
99. RaNunouLus PLATYSPERMUS ( #ésch] in lt. et De
Cand. prod. 1, p. 37, n. 99/) capitulo ovato, calyce pe-
talis staminibusque marcescentibus, carpellis valde com-
pressis membranaceis punclis minimis depressis notatis,
margine seminifero carinato, stylo brevissimo compresso
deflexo curvo.
103. RANUNCULUS sERICEUS (Por. dict. 6, p. 109) ca-
pitulo ovato, carpellis ovato-compressis...., stylo latis-
simo longiusculo recto..... — Le fruit de l’exemplaire
(herb. DeCandolle) est trop jeune pour pouvoir afhr-
mer que le carpelle figuré dans Deless. (icon. sel. #, t.
39) soit incorrect, mais tel que l’exemplaire se présente
sur le sec le style est large à sa base, fortement compri-
mé et droit, tandis qu'il est figuré très-court et presque
cylindrique. D’ailleurs le carpelle est (d’après la figure),
marqué dans son milieu de points déprimés.
105, RANUNCULUS REPENS ( Zéan. spec. 579.) capitulo
subrotundo , carpellis irregulariter lentiformibus punctis
minimis depressis notatis, nervis lateralibus tumidius-
(63)
culis vix conspicuis, stylo tenui deflexo subcircinnali.
— C'est à la variété @ erectus DeCand. que se rapporte
le Ranunculus repens myrtiphyllus Wallr! Le R. serpens
Schrank est actuellement une espèce inconnue , mème à
son auteur , mais M. Schlechtendal soupconne qu’il doit
être rapporté au Ranunculus repens d linearilobus Ser. in
DeCand. prod. 1, p. 38. —Schlecht. anim. ran. 2, p. 27.
10b.* Ranuncuzus Niripus ( Wuhl. cat. non Wall. ex
Elliot Sketch car. et georg. 2, p. 60.) « foliis tripartitis
inæqualiter trifidis lanceolatis subincisis dentatisque gla-
bris, calyce reflexo , petalis ovalibus (7-8) calyce duplo
longioribus, seminibus (carpellis) acumine subrecurvo.
— in Georgià. » M. Elliot ajoute en note « racine fibreu-
se, vivace; capitules de fruits globuleux formés au moins
de vingt carpelles comprimés, à bord distinct et dont la
pointe est recourbée. »
103.** RanuNcuLus PALMATUS ( Eiot Sketch car. et
georg. 2, p. 61.) « Pilosus, pilis adpressis, foliis omni-
bus petiolatis, radicalibus palmato-tripartitis, lobis den-
tatis superioribus trifidis integrisve , seminibus margina-
tis, acumine reclo: » — In Carolinà. M. Elliot ajoute
« Racine fibreuse; fleurs opposées aux feuilles; graines
comprimées lisses et ayant un rebord renflé. » +
107. Raxuncuzus Jaronicus (Langsd. ex Fésch. in litt.
ex DeCand. prod. 1, p. 38.) Ce nom ayant déja été donné
par Thunb. (act. soc. linn. 2, p. 337, et DeCand. prod.
1, p. 29, n. 23.) à une espèce de Japon et une autre es-
pèce ayant déja été dédiée à M, Langsdorf, je prends le
nom que les Japonnais lui donnent et la nomme KIMBU,
( 64 )
108. RanuncuLus DIFFuSUs (DeCand, prod. 1, p. 35.)
capitulis globosis, carpellis lentiformibus punctis minu-
tissimis depressis notatis, margine seminifero duplici, sty-
lo recto vix apice deflexo.
113. Ranuncurus Napaurensis ( DeCand. prod. 1, p.
39. (1824) capitulis ovato-globosis, carpellis lentiformi-
bus....., margine externo crassissimo simplici, dorsali
duplici. R. trilobatus Don prod. fl, nepal. 194. (1825.)
117. RanuncuLus PLEBEIUS (R. Brown prod. nov. holl.
vol. 2, ex DeCand. prod. 1, p. 39.) capitulis globosis,
carpellis lentiformibus punctis numerosis depressis nota-
ts, margine duplici, stylo teretiusculo patente.
118. Ranuncurus mirrus (Banks et Sol! er DeCand.
prod. 1, p. 39.) capitulis ovatis, carpellis densis lentifor-
mibus punctis numerosis depressis notatis, margine semi-
nifero anguste alato , stylo teretiusculo circinnali.
120. RANUNCULUS RECURVATUS ( Poër. ! dict. 6. p. 123.)
capitulis ovatis, carpellis sublentiformibus punctis nu-
merosis depressis notatis, stylo elongato teretiusculo
apice circinnato. — Schlecht. anim. ran. 2, p. 28.
121. Ranuncuzus PENSYLvANICUS (Zénn./f, suppl. 279.)
capitulis ovatis, carpellis punctis numerosis depressis
notatis, margine seminifero duplici, stylo compresso lato
brevi recto. — Schlecht. anim. ran, 2, p. 30.
122. RANUNCyHLUS rascicuLarTus (Muehl. in Big. fl. bost.
137 et DeCand. prod. x, p. Schlecht. anüm, ran. 2, p. 30*
4. 2.) capitulis ovatis?, carpellis lentiformibus punctis ?
(65)
minutis depressis notatis, margine duplici, stylo longo
flexuoso adscendente, (desc. ex icone.)
123. RanuncuLzus Bezvisir ( DeCand. syst. 1, p. 291.)
capitulis....., carpellis lentiformibus lævibus impunc-
tatis, margine duplici, stylo compresso lalo recto.
— Schlecht, anim, ran. 2, p.31.
132. RANUNGULUS PEDUNCULARIS ( Smith in Rees cycl.
n. 49.) D’après la figure qu’en a donnée M. Delessert
(icon. sel. t. 42) les carpelles sont ovoides comprimés et
terminés par un long style recourbé.
134. RANuNcuLUS PALusTRIS R Consicus (DeCand.
prod. 1, p. 41.) capitulis globoso-depressis, carpellis
lentiformi-compressis punctis numerosis depressis nota-
is, margine crasso subduplici, stylo brevi conico-tetra-
gono recto.
135. RanuxcuLus BuLBosUS ( Linn. spec. 778. ) capitu-
lis globoso-depressis, carpellis lentiformibus compressis
punctis depressis numerosis notatis, margine duplici,
stylo tetragono brevi apice uncinato. — Schlecht. anim.
Tan: 2, p. 33.
136. RANUNGULUS PHILONOTIS ( Retz. obs, 6, p. 31.)
capitulis globosis, carpellis lentiformibus compressis
punctis numerosis depressis minutissimis notatis margi-
nem versus regulariter tuberculatis, margine duplici,
stylo brevi lato apice inflexo! — Schlecht. anim. ran. 2,
p. 33. — Les notes de M. Walker-Arnott sur l’herbier
Lapeyr. confirment l'opinion de M. DeCandolle, qui rap-
porte le À. parvulus Linn. (parviflorus Gouan ) au À. phi-
lonotis.
(1667)
136.* RANUNGULUS CoRDIGERUS (Vi! fl. cors. p.8 et
app- p. 2.) « sericeo-hirsutus, foliis radicalibus omnibus
cordatis subrotundo-ovatis dentato-crenatis integris tri-
lobisve, caulinis incisis simplicibusque, caule subunifloro
pedunculisque radicalibus nudis unifloris, calycibus refle-
xis » carpellis tuberculatis lentiformibus compressis obso-
lete tuberculatis, stylolbrevissimo patenti-deflexo.—Hab.
«in monte Coscione Corsicæ. R. alpinus tribuli aquatici
foliis Bocc. mus. p. 162, t. 124, qui celebratum Ranun-
culum sardonium veterum esse contendit. »
Cette espèce est très-voisine du pArlonotis , les carpelles
ont leurs tubercules moins marqués de ceux du philono-
is et le style est courbé en dehors.
136** RanuncuLus oxxsrermus (Ÿ'4d. spec.2,p.1328
et DeCand. prod. 1, p.28, nr. 16.) capitulis ovato-oblon-
gis, carpellis compressis echinatis, stylo rostrato crasso
recto rigido adscendente.—Schlecht. anim. ran. 1, p. 36,
et 2 p. 7. —C’est bien certainement à cette section qu’ap-
partient cette espèce.
138. RanuNcuLUuS ARVENSIS ( Zinn.) capitulis verticilla-
to-subcapitatis, carpellis 5-8 obovato-compressis plus
minusve echinatis, stylo longo tereti recto adscendente.
— Schlecht. anim. ran. 2, p. 35.
æ vULGARIS ( Ser.) carpellis spinis longis hôrizontali-
bus echinatis. R. arvensis Linn. spec. 580. et Decand.
prod. 1.p. 41! n. 138.
B rusercurarus (Ser.) carpellis spinis conicis brevi-
bus horizontalibus echinatis. R. tuberculatus Kit, ex Balb.
(67)
cat. hort. taur 1813 p. 64 et DeCand. prod. #, p. 4t,
n. 137!
> ETUBERCULATUS ( Ser.) spinis nullis, — Hab. circa
Bonn ex Schlechtendal, 1824.
139. Ranuncurus muricAarus (Zinn. spec. 780.) capi-
tulis globoso-depressis, carpellis ovato-compressis echi-
natis et punctis minutis depressis notatis, margine crasso
duplici, stylo lato irregulariter conico-tetragono com-
presso recto. — Schlecht. anim, ran. 2, p. 33.
139.* RanuNcuLus rRAcHysPERMuUS ( Elliot Sketch car.
et georg. 2, p. 65.* ) « caule petiolis foliisque patentim
villosis, foliis trisectis, lobis acute incisis, pedunculis
brevibus oppositifoliis, seminibus tuberculatis, acumine
uncinato. —in Georgià vel Carolinàä. » M. Elliot ajoute
en note que la graine (carpelle) est comprimée et évi-
demment muriquée sur ses deux faces, qu’elle ast plus
petite que celle du À. muricatus et que son bord est
moins renflé , en outre le sommet en est court et
courbé,
143. RANUNGULUS PARVIFLORUS (Zn. spec. 780.) capi-
tulis hemisphæricis, carpellis lentiformibus compressis
tuberculis acutis numerosis et punctis depressis notatis,
stylo rostrato compresso brevi apice uncinato.—Schlecht,
anim, ran. 2, p. 34. — D'après les notes de M. Walker-
Arnott le À. parvulus Lapeyr. abrég. 320 (non Linn ) se
rapporte à celte espèce.
143.* RANUNCULUS SUBAPETALUS ( Vict. Auger in ann.
soc. lin, 1, p. 193 ex DeCand, mss.) « caule erecto, flo-
rum pedunçulis oppositifoliis, petalis 2-3 calyce mino-
(68 )
tribus interdum nullis, seminibus elevato-punciatis apice
subhamatis, foliis superioribus 3-5 fidis, inferioribus
snbrotundis lobatis omnibus hirsutis, caulibus substriatis..
© in sepibus ad ostium flum. Ain. An R. parviflorus. »
144. Ranuncuzus rrirogus ( Desf. fl, atl. 1, p. 437, £.
113.) capitulis globosis, carpellis badiis obovato-lenti-
formibus punctis minutis depressis et tuberculis nume-
rosis notatis, margine viridi, stylo brevi patente vix
uncinato (ex specim. à cl. Gussone é Siciià commu-
nicato.,) — C'est à cette espèce que M. Walker-Arnott
d’après l'inspection de l’herbier Lapeyr. rapporte le par-
vzflorus de cet auteur (abrég. 321.) —Schlecht. anim.
Tan, 2, p. 54.
145. RanuncuLus sessiLrFLorus (R. Brown prod. fl.
nov. ho. v. 2, ined.ex DeCand. prod. 1, p. 42, nr. 145.)
capitulis hemisphærico-verticillatis sessilibus, carpellis
exacte lentiformibus granulato-tuberculatis, margine vi-
ridi, stylo brevissimo obtusiusculo.
146. 147 et b4. Ranuncurus oPHiocLossrroLius (7/1.
plant. dauph. 3, p. 732, t. 49.) capitulis globosis, car-
pellis lentiformibus tuberculato-spinosis, margine viri-
dulo, stylo latissimo crasso obtuso brevi, R. pusillus
Poir. dict. 6, p. 69. R. uliginosus Willd. enum. 586.
— Vid. Schlecht. anim. ran. 1, p. 19, 21, et 2, p.79. —
L’exemplaire qui se trouve sous ce nom dans l’herbier
DeCandolle est trop jeune pour assurer qu’il appartienne
à l'ophioglossoides, mais au moins les stigmates sont les
mêmes, et M. de Schlechtendal approuve aussi ces deux
synonymes.
(69 )
. 146." RaNuUNCULUSs osLoNcIroriUS { Elliot Shetch car.
et georg. 2, ps b8.)« foliis petiolatis denticulatis, infe-
rioribus oblongo-ovalibus, superioribus lineari-lanceo-
latis, caulibus ramosis, petalis calyce paulo longioribus ,
seminibus globosis muticis lævibus (?) —in Georgià vel
Carolinà. —M. Elliot note que cette espèce est voisine du
R. pusillus dont peut-être elle ne diffère pas; il décrit
des graines globuleuses et lisses, mais comme souvent
les tubercules sont ou presque nuls ou seulement visibles
à une forte loupe, peut-être auront-ils échappé à sa vue.
149. RANUNGULUS LATERIFLORUS ( DeCand, syst. 1, p.
251.) capitulis sessilibus globosis, carpellis densis ovato-
lentiformibus compressis atris echinulatis albo margina-
tis, stylis longis rigidis teretibus spiniformibus elon-
gatis rectis. —Schlecht. anim. 1, p. 21, —M. de Schlech-
tendal croit que le R. lateriflorus n’est qu’une variété du
nodiflorus , malgré l’extrème ressemblance- de ces deux
espèces, je crois que le R. lateriflorus se distingue du r0-
diflorus par l'allongement de ses carpelles et par leur style
conique rigidement spinescent.
il . A » % .
Espèces qui ne peuvent étre rapportées à leur section »
manque de description suffisante.
RANUNCULUS PEDUNGULATUS ( iv. fl, cors. 8.) « scapi-
florus cauleve simplici unifloro hirsutus, foliis radica-
libus primoribus suborbiculatis crenato-dentatis reliquis
tripartitis, lobo medio petiolato trifido inciso, caulinis
nullis vel lineari-laciniatis integerrimisque, calyce pa-
tente, —Hab. in pratis Monaccia Corsicæ, »
9
(ro )
Ranowcurus Ronini (Rafn. fl. ludov. p.82.) « pubes-
cens, foliis radicalibus ternatis, caulinis lanceolatis, flo-
ribus 5-6-petalis, petalis oblongis. — in Louisianà.
R. Flammula Robin p.462. —Tige de 4-b pouces, vio-
lette. » +
RaAnNuNGULUS MEGANTHUS (Rafén. ft. ludov. .p. 82.)
« caulibus erectis pubescentibus unifloris, foliis radicali-
bus ternatis trilobisque, caulinis tenuibus subfliformibus,
petalis patulis oblongis, nectariis lamellosis. —in Loui-
sianà. —Ran. 2. Rob. p. 463. —Tige de trois pouces de
long, violette; calice coloré; fleur grande, jaune, de deux
pouces de diamètre et à cinq pétales trois fois plus longs
que larges. »
Ranuncuzus roLyPETALUS ( Rafin. fl. ludov. 83.) « cau-
libus erectis glabris bifloris, foliis ternatis trilobisque,
floribus 6-8 petalis, petalis patulis oblongis, nectariis
lamellosis. — in Louisianà. —-Fleur d’un pouce de dia-
mètre; calice coloré: anthères oblongues et crenulées. »
RANUNCULUS LEPTOPETALUS (Rafin. fl. ludov. 83.)
« caule erecto pubescente mulüfloro , folüs trilobis obtu-
sis crassis, petalis minutissimis brevioribus quam stamina,
stylis recurvis. — in Louisianà. — Ranunculus 4 Robin
p. 464. —Tige de 6 à 8 pouces; fleurs très-petites; péta-
les à peine visibles; réceptacle? globuleux beaucoup
plus grand que les étamines. »
RS AS A TT AT A AT TA 0 9 A
MÉLANGES BOTANIQUES
OU |
RECUEIL D'OBSERVATIONS,
MÉMOIRES ET NOTICES
sUR
LA BOTANIQUE.
Par N. C. SERINGE.
N.2 5 DE LA COLLECTION. — 28 Mars 1826.
Observations sur la nature des fleurs et des
inflorescences, par J. Rorper. (‘)
Sr l’on considère soit la simplicité des lois primitives du
règne végétal (simplicité souvent peu apparente, mais
(x) Je présente ce petit mémoire avec plus de confiance au
public, depuis que M. DeCandolle, qui en a bien voulu par-
courir le manuscrit, a paru en approuver là publication, Je
tâcherai de me rendre digne un jour des encouragemens et
des bontés que ce savant célèbre m’a prodigués pendant mon
séjour à Genève. Mon savant et aimable ami M. Duby me par-
donnera, j'espère , d’annoncer que c’est à son obligeante amitié
que je dois la traduction de ces feuilles,
(72)
que l’œil de l'observateur retrouve facilement), soit Ia
lumière qu'ont répandu sur la nature et la structure des
parties de la fructification les observations des botanistes
illustres dont se glorifie l’Europe, l’on sentira qu'il est
très-important d'examiner avec la plus grande attention
la suite des phénomènes que l’on désigne ordinairement
sous le nom de végétation. Les organes de la fructification
et de la végétation ont entr'eux une si grande analogie
que l’on ne peut parvenir à bien les connaître qu’en les
comparant soigneusement, ensorte qu'un examen plus
attentif de la végétation aura peut-être l'avantage de
dissiper quelques-uns des nuages qui règnent encore dans
l’histoire des parties de la fructification, et jettera quel-
que jour sur la classification et les affinités des plantes.
Je sens fort bien que les observations que je présente sont
loin de remplir la lacune que je signale, j'espère cepen-
dant qu’elles seront de quelque utilité à la science que je
cultive, et qu’elles auront au moius pour résultat d'attirer
sur le sujet dont je m'occupe l'attention d’observateurs
plus habiles et plus exercés,
Avant de parler de la distribution des fleurs autour de
la tige, il faut faire quelques remarques tant sur la nature
des plantes en général, que sur la structure des fleurs en
elles-mêmes, puisque le mode de leur composition et
celui de leur inflorescence nous offrent souvent les mêmes
phénomènes (x).
PS
(a) J'aurai soin dans les exemples dont je me servirai pour
rendre plus claires mes observations et pour exposer la struc-
tnve normale de la fleur, de citer de préférence les plantes
Dans le sens le plus général, nous appelons erdividu
une plante entiere munie de tous ses organes et de toutes
ses ramifications au-dessus et au-dessous du collet de la
racine. Dans un sens plus particulier et plus conforme
aux lois de la physiologie, nous appelons sxdividu végétal
(série végétale, axe), tout bourgeon solitaire ainsi que sa
continuation immédiate ou perpendiculaire (tige, rameau,
fleur) (*). La continuation immédiate ou perpendiculaire
du bourgeon primitif (de l'embryon) constitue donc l’in-
dividu ou axe primitif (la tige) qui se ramifie par le déve-
loppement des bourgeons secondaires ou des individus
(axes) du second ordre (rameaux). Les rameaux primitifs
(axes secondaires ) se ramifient à leur tour de la même
manière que la tige (axe primitif) par le développement
des bourgeons (axes ou individus tertiaires etc.; ensorte
que tout bourgeon développé ou non développé peut être
(dicotylédones) qui offrent la structure la plus simple, et dont
toutes les parties florales sont complètes ou entièrement deve-
loppées. L'on descend ensuite très-facilement des formations
les plus parfaites et les plus symétriques à des formations, qui
tout à fait dissemblables au premier coup-d'œil , n’en sont pas
moins soumises aux mêmes lois que nous ayons reconnues dans
les plantes les plus parfaites. Je ne parlerai pas non plus des
différentes exceptions ou anomalies que l’on remarque dans la
composition et l’évolution de l’inflorescence, je les réserve pour
une autre occasion.
(x) Goethe, Versuch die Metamorphose der Pflanzen zu er-
klæren, 1790. 88 84-92.
Du même, zur Morphologie 1817, page X, etc.
Darwin phytologia , 1799.
(74)
comparé à l’axe simple (tige ou rameau). Chaque axe à
sen tour est formé d’un nombre défini ou indéfini de
nœuds qui donnent naissance à des feuilles, et d’entre-
nœuds qui les séparent. L'on peut donc avec raison
regarder les rameaux comme de nouveaux individus et
dire que ce sont des plantes sur une plante, ce qui se
prouve par le grand nombre de rameaux qui périssent
avant la tige qui les portait () ou qui lui survivent (*).
Et il y aurait une étrange inconséquence à refuser le
nom d’individu aux rameaux des plantes lorsque nous
appelons ainsi les rameaux des polypes.
Les feuilles portées par les nœuds de l’axe nous pré-
sentent une si singulière diversité de structure, de forme
et de dimension qu’on peut à juste titre les appeler des
protées (°). Tous les organes des plantes sont formés de
feuilles et de stipules (*), et puisque dans toute plante
(x) Ainsi, par exemple, les rameaux munis de fleurs ou de
feuilles de certaines RAhamnées (comme l’observe M. DeCan-
dolle) de plusieurs £vphorbiacées, Araliaceées, Tiliacées, Amen-
tacces, Coniferes, etc. |
(2) Comme par exemple les bulbes qui se trouvent dans l’ais-
selle des feuilles caulinaires du Dentaria bulbifera, du Lilium
bulbiferum , de plusieurs Saxifraga, du Ranunculus ficarie, etc.
On démontre aisément par la structure et lanatomie de ces
bulbes que ce ne sont que des bourgeons modifiés.
(3) Il ne faut pas confondre avec Les feuilles, ni les ranteaux
foliacés des Cactus et des Phyllanthus, ni les pédoncules stériles
des Asparagus. (Link élément. philos. bot. 1825, p. 251.)
(4) Link élém. philos. bot. 1825, p. 242, et la note A de l’ap-
pendix.
(75)
phanérogame nous distinguons une partie végélative et
une partie florale nous devons aussi admettre deux classes
de feuilles, les feuilles du système végétatif et les feuilles
du système floral ou de la fructification. L'on ne trouve
pas toujours sur le même axe des feuilles qui appartien-
nent à ces deux systèmes; la plus grande partie des axes
primitifs (des tiges) ne porte que des feuilles de la végé-
tation, et il y a un grand nombre d’axes du second, troi-
sième ou quatrième, etc. ordre sur lesqueiles on ne trouve
jamais que des feuilles florales. Telles sont par exemple
toutes les fleurs qui ont des pédoncules nus (les Digrtalis,
Ombellifères, Veronica, Linaria, etc.) Cependant Fon
trouve aussi des axes floraux munis de feuilles de végéta-
tion. Tels sont les pédoncules des Po/ygala en grappes,
des Phytolacca, de plusieurs Lésumineuses, etc.
Nous observerons seulement sur les feuilles de la végé-
tation qu’elles sont ordinairement vertes et portent des
bourgeons dans leur aisselle. Presque toujours alternes
dans les monocotylédones elles sont souvent opposées
dans les dicotylédones, quelquefois, cela se trouve dans
les deux classes, elles sont verticillées, plus rarement
encore soudées par la base, fréquemment séparées par de
longs entre-nœuds.
Les feuilles florales rarement vertes ne portent jamais de
bourgeons à leur aisselle (note B de l’appendix), sont fré-
quemment soudées entr’elles et presque toujours réunies
en verticilles, qui ne sont séparés les uns des autres que par
des ME nuls ou très-courts, tandis qu’un assez
long intervalle les éloigne ordinairement des feuilles de la
(76)
végétation. Réunies par les liens d’une affinité et d’uné
utilité mutuelles, elles constituent cet assemblage qui se’
présente sous tant de formes différentes, et que les bota-
nistes appelient eur. Les verticilles des feuilles florales ,
comme le reconnaissent tous les botanistes, occupent
toujours la partie supérieure de l'axe (tige, rameau,
pédoncule) autour duquel ils sont placés, c’est-à-dire,
les fleurs sont toujours terminales. (Note C de l’appen-
dix.) Les feuilles florales ne descendent jamais au-dessous
de la fleur, les feuilles de végétation ne s’élèvent jamais
au-dessus; celles-ci comme nous l’avons déjà observé se
trouvent toujours au-dessous de la fleur dans l’axe pri-
mitif et tres-souvent dans les axes secondaires ou tertiai-
res, etc.
Le plus grand nombre des fleurs est composé de quatre
verticilles (), dont les trois inférieurs (du moins dans les
dicotylédones) sont le plus souvent composés de cinq
feuilles; le quatrième qui est en même temps de plus
élevé, offre fréquemment un moindre nombre de parties.
Nous appelons calice (calyx) le verticille inférieur; les
feuilles dont il est composé (sépales Necker , DeCandolle)
sont ordinairement vertes, entières, assez étroites ek
ressemblent beaucoup aux feuilles de végétation, surtout
à celles qui s’approchent le plus de la fleur.
Le verticille suivant est appelé corolle (corolla). Ses
{) C. F, Wolf.....
Goethe, Vexsuch ete. $ 31.
DeCandolle; Théorie élém 2. \édit) lp: x B2
P
mr
"670
feuilles (pétales) déjà moins semblabies aux feuilles de la
tige, sont alternes avec les feuilles du calice dont elles
différent soit par l’éstivation, soit par la largeur, soit par
la couleur et le tissu. Elles ne sont presque jamais vertes
et souvent ornées des plus brillantes couleurs.
Les organes du f#roisiéme verticille, que j'appellerai
androcée, (mot formé d'avnp homme et ox0ç maison), al-
ternes avec les parties du verticille précédent ( pétales },
opposés à celles du premier verticille (sépales), sont de
même que tous les autres organes de la plante ascen-
dante formés par des feuilles (') et tout différens qu'ils en
soient au premier coup-d’œil n’en doivent pas moins être
regardés comme des modifications des feuilles. Les parties
de ce troisième verticille constituent les organes mäles
des plantes et sont appelées étamines (feuilles mâles). J'ai
déjà ( dans mon Ænumeratio Euphorbiarum p. 44) fait
mention des étamines et de leur structure, et ce n’est
pas ici le lieu d’y revenir. J’observerai cependant que la
formation des étamines et du pollen que renferment les
anthères est encore tout-à-fait obscure, quoique tous les
véritables botanistes admettent que chaque étamine soit
due à la transformation d’une seule feuille florale.
Le quatrième verticille floral (note D de l’appendix )
(x) Les feuilles seules sont de vrais organes, il ne faut pas
appeler de ce nom des parties d'organes comme sont les stipu-
les, plusieurs espèces de vrilles et d’arêtes, les glandes , les
poils et les aiguillons, ou des modifications d'axes, telles que
sont par exemple lés épines , les vrilles de la vigne, etc.
(46.1
qui termine en quelque sorte l’axe de la fleur, (et par
conséquent la tige ou le rameau) est composé de feuilles
changées en ovatres (carpelles, feuilles ovariennes, feuil-
les femelles.) On pourrait l’appeler gyrecée (yuvn femme
et o0ç maison). L’axe de la fleur ne se prolonge jamais,
sauf quelques exceptions très-rares, au dela de ces
feuilles qui sont très-souvent étroitement soudées, aussi
lon peut dire avec raison que le fruit termine en quelque
sorte la plante. Je dis en quelque sorte, parce que les
feuilles femelles étant comme toutes les autres feuilles des
organes latéraux ne peuvent en réalité terminer l’axe.
{ Note E de l’appendix.) Quant à leur transformation er
ovaires on peut consulter ce qu'ont écrit sur ce sujet
MM. Brown (') et DeCandolle (* et ce que j'ai dit moi-
même dans l'ouvrage dont j'ai déjà parlé.
J'ai déja dit qu’un axe quelconque est composé d’un
nombre défini ou indéfini de nœuds (NoteF de l’appendix).
Le nombre défini se rencontre dans les axes terminés par
une fleur, lindéfini dans ceux qui ne portent point d’or-
ganes floraux mais seulement des feuilles de végétation.
Ces axes, qui ne sont terminés par aucune fleur, pour-
raient se continuer à l'infini sans l'influence des causes
extérieures, (le manque du suc nourricier, le froid, la
chaleur, les blessures, etc.) observation déjà faite par
Fimmortel Jungius () et les illustres Zirk (*) du Petit
(1) On Rafflesia etc. Transact. of the linnean soc. vol. XILL.
(2) Mémoires sur la famille des légumineuses, p. 52.
(3) Isagoge phytoscopica , cap. XI.
(4) Grundlchren der Anatom., etc. #
(79)
Thouars (*). Si cependant nous observons avec plus d’at-
tention les axes floraux (c’est-a-dire terminés par une
fleur) nous trouverons que la différence que nous venons
d'indiquer n’est pas si grande qu’elle le paraît au premier
coup-d’œil, puisque l’axe n’est jamais terminé par un
organe solitaire et vraiment central (il n’en existe pas
dans les plantes ) mais par un verticille d'organes latéraux
(ovaires, carpelles) au delà duquel il pourrait se conti-
nuer si tout le suc nutritif n’était consommé par les
organes inférieurs, et surtout par les fruits et les étami-
nés. Puisque ce n’est donc que dans des cas très-rares
que l’axe se prolonge au dela du fruit nous sommes
autorisés à dire que la fleur et surtout le fruit termine
réellement l'axe. Quelques exemples éclairciront ce que
je viens de dire et pour cela choisissons deux plantes
dont l’une appartient aux végétaux à axe primitif (tige)
déterminé, et l’autre aux végétaux à axe primitif indé-
terminé.
Dans l’Erythraea ramosissima nous trouvons d’abord
comme dans toutes les dicotylédones des cotylédons
opposés, viennent ensuite sur laxe (tige) qui part du
milieu de ces cotylédons cinq ou plusieurs paires de
feuilles de végétation -toujours opposées. Ce méme axe
est terminé par une fleur brièvement pedicellée, ensorte
que le nombre des feuilles sur la tige et la longueur de
cette tige se trouvent être définis. Quelquefois, surtout
dans un sol stérile il ne se développe aucun rameau sur
(x) De la terminaison des plantes.
( 80 )
laxe primitif, mais pour l'ordinaire il sort des aisselles
de la paire de feuilles la plus voisine de la fleur des
rameaux (axes secondaires) dont chacun, muni de deux
feuilles de végétation opposées, est aussi terminé par une
fleur. Des aisselles de ces feuilles raméales naissent de la
même manière des rameaux ( axes tertiaires ) et ainsi de
suite. Une plante développée de l'£rythraea ramosissima
nous offre donc, outre un axe primitif, deux axes du
second, quatre du troisième , huit du quatrième, seize du
cinquième ordre, et cette multiplication de rameaux
n'aurait aucune borne si la plante n’était détruite par des
causes extérieures, (le froid et le manque de nourriture.)
Dans cette plante et dans toutes celles qui lui ressemblent,
c’est-à-dire qui sont terminées par une fleur, la fleur
caulinaire se développe la première, puis celles des axes
du second ordre, celles du troisième et ainsi de suite.
C’est ce mode de ramification et de fleuraison que j'ai
observé dans les £Euphorbes d'Europe.
Du milieu des cotylédons de la Veronica arvensis se
prolonge une tige qui ne porte que des feuilles de végé-
tation. Ces feuilles dans le bas de la plante sont opposées
comme les cotylédons et portent dans leur aisselle des
bourgeons raméaux; dans le haut elles deviennent alter-
nes et portent à leur aisselle des fleurs munies de très-
petits pédoncules tout-a-fait dépourvus de feuilles. La
fleuraison commence par la fleur la plus inférieure et
gagne ainsi de proche en proche. Le nombre des feuilles
sousflorales (des bractées) étant indéfini et la tige s’allon—
geant toujours par les progrès de la végétation il arrive
(51)
irès-souvent que l’on trouve à la base de la plante des
fruits murs, plus haut des fruits presque murs, vers le
sommet des fleurs développées et à l'extrémité des boutons
dont les derniers sont tellement petits qu’ils se soustraient
à l'observation; nous en trouvons même encore quand la
plante qui redoute la chaleur, est tuée par l’ardeur de
l'été (".
L'on peut déjà voir par les exemples que nous venons
de présenter de quelle importance est la position! des
fleurs relativement à la vie des plantes, et quelle est la
valeur des caractères qu’elle nous offre. La description
des différentes inflorescences le rendra encore plus évi-
dent.
Nous appelons énflorescence cette partie des tiges ou
des rameaux laxes) qui ne porte d’autres axes (rameaux)
que des axes floraux. De même que la f/eur est formée de
(1) De même que dans les Euphorbes les rameaux caulinaires
supérieurs sont tout à fait semblables aux rameaux de l’inflo-
rescence générale (du verticille terminal) n’ayant aucune feuille
sous le verticille secondaire, ainsi dans le Feronica arvensis,
les rameaux qui naissent de l’aisselle des feuilles caulinaires
(c’est-à-dire les plus voisines de la grappe qui termine la tige)
ne portent pour l'ordinaire d'autres feuiiles que des bractées
(feuilles sousflorates) alternes; au contraire, les rameaux qui
naissent de l’aisselle des cotylédons et des feni les caulinaires
inférieures sont très semblables à la tige primitive, étant munis
à leur base de deux ou trois paires de feuilles opposées, et por-
tant enfin une grappe à fleurs alternes. J'ai observé quelque
chose de semblable dans les Evphorbes,
(82)
feuilles d’une nature particulière (feuilles florales ou de
fructification) disposées autour du même axe, de même
Vinflorescence se compose de rameaux d’une nature par-
ticulière (rameaux floraux) distribués autour du même
axe, et dans le plus grand nombre des plantes les inflo-
rescences tendent comme les fleurs à constituer une partie
unique et distincte du reste du végétal (). Nous donne-
rons plus bas quelques développemens sur ce sujet.
Mais comme l’inflorescence n’a pas tout-à-fait la même
importance que la fleur, nous ne devons pas être étonnés
qu’elle soit plus souvent exposée aux déformations dues
tant à l’'appauvrissement qu’au développement des parues,
et que nous manquions quelquefois de limites pour la
séparer de la ramifcation végétative. L’on trouve même
des fleurs dans lesquelles on ne peut pas toujours distin-
guer les feuilles florales ei les feuilles végétatives et où
nous ne pouvons nous assurer que par l’analogie si cer-
tains organes font ou ne font pas partie du système floral;
telles sont par exemple les fleurs du Nandina, de plusieurs
Malvacées, de l'Hepatica, du Nisella, de l'Eranthis, de
plusieurs Dianthus, etc., etc. (note G de l’appendix).
On peut donc aisément distinguer toutes les inflores-
cences en deux grandes classes : l’une comprendra les
inflorescences terminées ou définies, l’autre les inflores-
@) L’inflorescence peut pour cette raison être appelée la fleur
de la plante, c’est-à-dire, de l'individu en prenant ce mot dans
le sens le plus étendu; la fleur peut être appelée la eur de
l'axe, c’est-à-dire, de l’éndividu pris dans-le sens Le plus restreint.
(83)
cences indéterminées ou indéfinies, On doit rapporter à
la première classe toutes les plantes dont la tige ( axe
primaire ) est terminée par une fleur, comme sont par
exemple outre l’£rythraea, dont nous avons parlé, pres-
que toutes les Gentianées, la plus grande partie des
Caryophyllées, des Renonculacées, des Valérianées , des
Campanula, des Rosacées, le Paris, etc., etc. La forme
la plus simple de cette classe est une tige uniflore telle
que l’on en trouve dans le Myosurus, VExacum filiforme,
etc. Le plus souvent il naît des aisselles des feuilles placées
au-dessous de la fleur terminale des rameaux simples ou
ramifiés, terminés par une fleur. (Helleborus viridis, foe-
tidus , Ranunculus arvensis, Potentilla, Rosa, etc.) Dans
tous les cas la fleur qui termine l’axe primitif fleurit la
première, les autres se développent dans l’ordre centri-
fuge, c’est-à-dire que les fleurs des rameaux les plus
voisins de la fleur terminale s’'épanouissent les premières
et que le développement se poursuit en descendant du
sommet (centre) de la tige à sa base (circonférence). (Note
H de l’appendix.)
La seconde classe, beaucoup plus étendue, renferme les
plantes dont la tige (axe primitif) n’est pas terminée par
une fleur, dans lesquelles par conséquent toutes les fleurs
sont axillaires, c’est-à-dire terminant les rameaux (axes
secondaires). Ici la loi du développement des fleurs est
entièrement opposée à la précédente. Les inférieures fleu-
rissent les premières et la fleuraison va de la base au
sommet del’axe (développement centripète.) Le Veronica
arvensis, dont nous ayons parlé plus haut, nous offre
(84)
Fexemple le plus simpie de cette inflorescence. Autour de
Vaxe primitif (tige) indéfini sont disposés des axes secon-
daires ( pédoncules munis de fleurs ) très-simples, c’est-
à-dire qui ne portent aucune feuille de végétation et qui
par conséquent ne se ramifient jamais. Cette inflorescence
devient plus composée si les axes secondaires portent des
feuilles de végétation et sont par cela même ou rameux ou
susceptibles de le devenir. Si les axes secondaires, quoique
rameux, sont cependant terminés par une fleur, l'ordre
de fleuraison est le même que dans la forme la plus simple
(centripète); la fleur terminale du rameau inféricur s’ou-
vrant la première et étant suivie par celles des rameaux
supérieurs. Mais si les rameaux sont indéfinis (ce qui
n'arrive peut-être jamais ? dans l’inflorescence terminale }
alors les fleurs inférieures du rameau inférieur se déve-
loppent les premières, elles sont suivies par celle du
rameau suivant puis du troisième et ainsi de suite. L’évo-
lution des inflorescences partielles ou axillaires a donc
lieu de la même manière relativement à l’axe primitif que
l’évolution des fleurs dans les axes secondaires, l’une et
l'autre va de la circonférence au centre. Mais lorsque Les
inflorescences indéterminées latérales sont placées sous
une inflorescence indéterminée terminale (c’est-à-dire si
la tige est terminée par une inflorescence indéterminée)
lés fleurs de cette inflorescence caulinaire ou terminale se
développent les premières, elles sont suivies par celles des
inflorescences latérales les plus voisines de l’inflorescence
terminale et l’évolution générale des inflorescences va
donc comme dans la première classe du centre à la cir-
conférence. Les fleurs dont est composé chaque inflores-
cence se développent dans l’ordre centripète.
( 85 )
* Quoique les deux grandes classes dont nous venons de
parler soient bien constantes et de nature fort diverse, il
n’en arrive pas moins que quand elles se rapprochent par
la forme et le port il est quelquefois difficile de les recon-
naître et qu’on est obligé pour cela d’avoir recours à
l’analogie et au mode de développement des fleurs, D’au-
trefois soit par la contraction des différens axes, la sup-
pression des fleurs, une fertilité inusitée des aisselles des
feuilles (note I de l'appendix) ou la séparation des sexes, (")
la nature des inflorescences devient plus obscure. Je m'oc-
cuperai ailleurs des inflorescences qui par leur s‘ructure
ou leur développement semblent sortir de la règle, main-
tenant je vais examiner les principaux modes d’inflores-
cences admis par les botanistes.
Les modifications de la premiére classe sont les fleurs
terminales, solitaires ou aggrégées (fleurs en corymbe des
auteurs) le £lomérule, la cyme et le fascicule.
5 ; cl
1. Nous avons déja parlé de la fleur terminale solitaire
et des fleurs raméales plus ou moins aggrégées qui naissent
au-dessous d’elle (désignées peu exactement par beaucoup
d'auteurs sous le nom de fleurs en corymbe, flores corym-
bosi).
2. LE GLOMÉRULE (glomerulus) ne diffère du mode
précédent que parce que les pédoncules sont très-courts
et d'ordinaire simples. Le glomérule diffère surtout du
QG) Robert Brown on Compositæ, p. 98. in linin. transact,
vol. XIE, pr.
19
(86)
capitule (voyez plus bas) parce que l’évolution est cen-
trifuge.
3. La Cyue (Ccyma) est formée par des rameaux floraux
qui sont réunis en verticilles au-dessous de la fleur termi-
nale. Ordinairement les rameaux des cymes ( qui se trou-
vent surtout dans les plantes à feuilles opposées) sont
dichotomes, c’est-à-dire terminés par une fleur sous
laquelle se trouvent deux feuilles de végétation, des ais-
selles desquelles naissent d’autres rameaux dichotomes et
ainsi de suite. L’Ærythraea dont nous avons parlé, plu-
sieurs Valérianées , presque toutes les Caryophyllées
donnent fort bien l'exemple d’une cyme (ou tige) dicho-
tome. Nous trouvons une cyme 5-6-chotome dans les V5-
burnum , le Cornus sanguinea et surlout dans l’inflores-
cence générale des Æuphorbes. Les rameaux des cymes
sont toujours terminés par une fleur, quelquefois cepen-
dant par l’avortement d’un des bourgeons tertiaires ils
paraissent indéterminés (voyez l’Erythraea spicata, le
Dianthus superbus, les rameaux du verticille des Euphor-
bes, etc.) Pour l'ordinaire presque tous les rameaux de
la cyme atteignent la même hauteur et leurs sommets
forment ainsi une espèce de plan, dont la surface est
plane, convexe et quelquefois concave. Comme nous
l'avons déja vu la fleur terminale ou centrale se développe
la première, elle est suivie par les fleurs qui terminent
les rameaux primitifs, etc. La cyme est quelquefois com-
posée, et cela a lieu lorsque sous le verticille primitif (qui
est le plus rapproché de la fleur terminale) il se développe
un second verticille inférieur, dont les fleurs s’épanouis-
( 8 )
sent plus tard que les fleurs des rameaux et du verticillé
supérieur,
4. Le Fascicure (fascicalus) est une cyme dichotome
à rameaux plus courts et à fleurs par conséquent plus
ramassées. Souvent par l’avortement de l’un ou de l’autre
des bourgeons axillaires des feuilles sous florales les
rameaux du fascicule paraissent simples, c’est ce qui
arrive du moins dans le Dianthus barbatus cité par Linné
comme un exemple de fascicule. Le fascicule mérite à
peine d’être distingué de la cyme et lorsqu'il est extrêéme-
ment contracté il ne diffère du glomérule que par une plus
grande régularité dans la disposition des fleurs.
Les modifications de la seconde classe sont l'épr, le
chaton , le spadir, la grappe, le corymbe, l'ombelle, le.
capitule, la panicule et le thyrse.
1. L'Eri (spica) est un axe indéterminé portant dans
l'aisselle des feuilles (brectées ) dès fleurs sessiles. Les
bractiées et par conséquent les fleurs sont tantôt alternes,
tantôt opposées, tantôt verticillées (‘). L'évolution se fait
(1) Dans les Labiées et dans les Salicariées auxquelles on
attribue des fleurs verticillées, il n'existe pas de vrais verti-
cilles. Les fleurs ne peuvent être verticillées, comme l’observe
très-bien M. Link (elem. philos. bot.) que lorsque les bractées
le sont. Nous trouvons le véritable verticille dans l’Anagallis
arvensis à feuilles ternées et surtout dans l’ippuris vulgaris.
Les prétendus verticilles des Labiées et des Salicariées ne sont
que des cymes axillaires extrémement contractées. Linné n’a
done pas été heureux dans ses exemples de verticilles,
(88)
de la circonférence au centre. Telles sont par exemple plu-
sieurs Orchidées et Plantaginces, le Stachytarpheta, etc.
2. Le CHATON (amentum) est un épi (surtout formé de
fleurs mâles) qui tombe après sa fleuraison.
3. Le Sranix (Spadix) est un épi (de monocotylédones)
souvent enveloppé à sa base d’une feuille (spathe) et dont
les fleurs extrêmement rapprochées se trouvent comme
incrustées dans un axe grossi. (Arum, Calla, Pothos,
Acorus, Orontium, etc.) Quant à l’appendix qui termine
le spadix dans l’Arum, voyez ce que je dis plus bas sur
les inflorescences couronnées.
4. La Grarrr (Facemus) ne diffère de l’épi que par la
longueur des pédoncules presque tous égaux entr’eux
(plusieurs Veronica, le Digitalis, le Linaria, V Actaea, le
Phytolacca, etc.)
_b. Le CorymsEe (corymbus) est une grappe dont l’axe
est plus court relativement aux pédoncules et dont les
pédoncules inférieurs sont plus longs que les supérieurs,
d’où il arrive que presque toutes les fleurs atteignent à
peu près la même hauteur. Pendant l’épanouissement des
fleurs les corymbes se changent presque toujours en
grappes, comme la tres-bien observé illustre Smith
(botan. grammair.) Nous pourrons citer comme exemple
plusieurs Cruciféres et en particulier les Zberts de Linné.
6. L'Omeerre srmPre (umbella simplex) est une grappe :
dont l'axe primitif a été tellement contracté que tous les
pédoncules semblent partir du même point. {L’Hedera
(89)
Helix, Y Astrantia, le Jasione). Si les ombelles simples
sont à leur tour disposées en ombelle comme cela a lieu
dans la plupart des Ombelliferes , ombelle sera composée.
7. Le CapiTure (capitulum) est une ombelle à fleurs
sessiles, ou si l’on aime mieux un épi dont l'axe est telle-
ment contracté que les fleurs semblent comme dans les
ombelles partir du même point.
La calathide ne diffère du capitule qu’en ce que le
réceptacle (l'axe, le lieu dont naissent les pédoncules) est
plus développé. Telles sont plusieurs Scabieuses, V'erbe-
nacées , Gobularices et presque toutes les Composées).
8. La PANICULE /panicula) est une grappe à pédoncules
rameux, dont les inférieurs sont les plus longs { Vitex,
Aesculus, Salvia paniculata ). Voyez DeCandolle, théorie
élém. 2€ édit. page 388.
9. Le Tuyrse /kyrsus) est une grappe à pédoncules
rameux, dans laquelle les pédoncules du milieu sont plus
longs que ceux des deux extrémités. Voyez le même
ouvrage page 388.
Ces deux dernières espèces d’inflorescences ont quel-
quefois le port de certaines cymes convexes, mais elles
s’en distinguent sur le champ par l’ordre de fleuraison
qui va de la circonférence au centre.
Après avoir exposé les différentes formes d’inflores-
cences il faut ajouter quelques observations sur la manière
dont elles passent les unes dans les autres.
Dans le sens le plus étroit, j'appelle épi ou grappe
simple ces inflorescences dans lesquelles on trauve autour
(90 )
de l’axe commun allongé et indéfini plusieurs fleurs mu+
nies de ce qu'on appelle des bractées solitaires (e’est-a dire
portées par des pédoncules nus, très-courts ou nuls dans
l'épi, plus longs dans la grappe), ou pour parler plus
exactement dans lesquelles les axes primitifs indéterminés
portent des axes secondaires sans feuilles de végétation.
Tout simple que soit ce mode d'inflorescence il est cepen--
dant assez rare (l’on trouve dans l’Orchis latifolia et
espèces voisines un épi très-simple, dans le Droitalis et le
Linaria une grappe très-simple). En effet nous trouvons
fréquemment dans les épis ou dans les grappes et capitules
des pédoncules munis à leur base, au milieu, ou sous la
fleur de deux folioles opposés ou presque opposés, alter-
nant avec la tige et avec la feuille caulinaire dans l’aisselle
de laquelle se trouve la fleur.
Ces folioles, que l’on pourrait en quelque sorte appeler
les cotylédons des axes secondaires, sont pour leur port
et leur position tout-à-fait analogues à ces feuilles primor-
diales souvent écailleuses, pour l'ordinaire opposées ou
presque opposées que l’on observe à la base des rameaux
de la plupart des dicotylédones. M. Turpin prétend dans
son excellent mémoire sur l’inflorescence des Graminées
et Cypéracées que les 4mentacées et les Monocotylédones
s'écartent peut-être à cet égard de la structure des di-
colylédones, du moins quant au port ou l’apparence ex-
térieure. Il arrive quelquefois que ces folioles primitives
disparaissent soit sur les pédoncules, (comme dans l’O-
cymum, le Scutellaria) soit sur les rameaux floraux
(comme dans l’Euphorbia Gerardina et Nicæensis ; voyez
(91)
l'Enum. Euph. etc. page 25), et tres-souvent qu'ils sont
stériles, c’est-à-dire qu'ils ne portent point de rameaux
dans leurs aisselles. C’est ce qui arrive dans toutes les
grappes, épis et capitules auxquels on attribue des fleurs
munies de trois bractées (voyez la note J de l’appendix)
comme par exemple dans le Phytolacca, le Microtea, (°)
les Polygala en grappe, plusieurs Salicaires, le Gomphrena
et genres voisins, plusieurs Thesium, plusieurs Salvia à
verticilles biflores, etc. Dans beaucoup d’autres plantes
ces feuilles produisent des rameaux, et c’est ainsi que se
ramifie un pédoncule qui était auparavant simple. Les
pédoncules portés par ces folioles (axes tertiaires, etc.)
sont à ce que je crois toujours semblables au pédoncule
primitif (axe secondaire) c’est-à-dire munis sous la fleur
de deux folioles, et ne sont par conséquent jamais réelle-
ment simples, et leur ramification étant tout-a-fait la
méme que celle d’une cyme dichotome on peut dire que
tout pédoncule étant muni de trois bractées, comme le
disent les auteurs, contient le germe d’une cyme dicho-
tome. Les différentes espèces du genre 4mmannia, dans
lesquelles lon trouve des pédoncules, à une, trois ou
sept fleurs, selon la nature de l’espèce et l’influence du
sol et du climat, donnent d’excellens exemples de la
manière dont se ramifie un pédoncule à trois bractées.
Cette ramification pourrait de même que la cyme termi-
nale se continuer à l'infini si la plante n’était détruite ou
exténuée par la chaleur de l’été, le manque de nourri-
ture, etc.
(1) Je soupçonne fort que l’Ancistrocarpus n’est pas comme
genre différent du Microtea.
( 92 }
Ouire les deux feuiiles primitives et'en quelque sorte
eotylédonaires, dont nous venons de parler, l’on en trouve
souvent encore d’autres dans les axes secondaires soit
terminés soit indétermines. J’ai déjà dit que les inflores-
cences secondaires ou latérales étaient soumises aux mé-
mes lois que les inflorescences primaires ou terminales.
Quant aux inflorescences latérales indéfinies, elles se
trouvent rarement dans les plantes à inflorescence termi-
nale, et dans ce cas leurs fleurs se développent plus tard
que celles de l’inflorescence primitive ou terminale. On
les rencontre plus fréquemment dans les plantes à tiges
indéterminées, comme par exemple dans le Zystmachiæ
thyrsiflora et la plupart des arbres et arbustes. Les inflor.
latérales définies (cymes) sont encore plus communes, on
les retrouve dans presque toutes les Labices, un grand
nombre de Scrophularinées , de Chénopodiacées et de Sali-
cariées.
Il est donc très-important de travailler à nous faireune
juste idée de la véritable nature de chaque espèce d’inflo-
rescence, car sans cela nous ne pourrons nous faire qu’une
idée très-incomplète du mode d’existence et des affinités
des plantes.
11 ne nous reste plus qu’à énumérer quelques phénomèe-
nes que nous présentent les inflorescences.
J'ai déjà dit que les inflorescences et les fleurs ont ceci
de commun qu’elles sont souvent séparées du reste de la,
plante par un assez long intervalle dénué de feuilles
(pédoncule propre de la fleur, pédoneule commun de
\
(#50
l'inflorescence.) Le pédoncule propre de la fleur est cette
partie du pédoncule (axe de Ja fleur) qui est formée par
les éntre-nœuds des feuilles calicinales, et le pédoncule
partiel de l’inflorescence la partie du pédoncule commun
(axe de l’infloreseence) formée par les entre-nœuds des
bractées ou feuilles de l’involucre inférieures,
Cette tendance des inflorescences à former un assem-
blage en quelque sorte semblable à celui de la fleur, se
manifesté encore par les bractées des rameaux (ou fleurs)
inférieurs qui sont souvent soudées en un involucre mono-
phylle (gamophylle) et forment ainsi une espèce de calice
monophylle. (Ainsi par exemple l’involucre du Miérabilis
Jalapa, de l'Othonna, du Tagetes, des Euphorbes, de
l’'Hepatica , etc.)
L'on trouve souvent dans les inflorescences de même
que dans les fleurs des feuilles (bractées des inflorescences,
organes des fleurs) réunies en verticilles, dans lesquels le
. nombre des parties est assez constant, souvent quinaire,
et où les feuilles du verticille extérieur sont alternes avec
celles du verticille intérieur. /Jasione montana, Dahlia
variabilis). Dans le Jasione les feuilles du verticille exté-
rieur de-l'involucre sont presque toujours vertes, les
intérieures sont bleuätres ou blanchâtres et ressemblent à
des pétales. Ceite apparence pétaloïde se retrouve dans
les feuilles intérieures des involucres de plusieurs Compo -
sées et Protéacées, par exemple l'Elichrysum, le Xeran-
themum , le Protea mellifera, etc. Les feuilles des invo-
lucres de plusieurs Ombelliféres, (V'Astrantia, V’'Arcto-
pus, les Bupleurum , ) Caprifoliacées, (le Cornus Suecica
(94)
Caradensis, Florida, mascula) de différentes Euphorbes
(VEuphorbia corollata, dulcis, atropurpurea, mellifera,
etc.) et de l’Haemanthus, les bractées des Graminées,
Cyperacées et Restiacées, et les spathes des 4roïdées sont
ornées des plus belles couleurs et pour cette raison sont
souvent appelées par le péuple corolles ou fleurs.
Les genres Euphorbia et Anthostema nous offrent des
änflorescences hermaphrodites, dans lesquelles les fleurs
mâles ont l'apparence d’étamines, et la fleur femelle d’un
fruit, et même dans les inflorescences à f{eurs hermaphro-
dites il y a toujours quelque ressemblance entre les éla-
mines et les rameaux. Et quoique l’on ne puisse jamais
dire que l’étamine (que nous avons déjà dit être formée
par une seule feuille) soit analogue à un rameau, l’on ne
doit pas mépriser la ressemblance de port et d'évolution
qu'il ya entre l’une et l’autre. De même que par l’éstiva-
tion (voyez la note K de l’appendix) des feuilles du calice
(1) Les organes des verticilles intérieurs de la fleur avortent
aisément dans un très-grand nombre de plantes. J’ai vu dans
l’Agrimonia Eupatoria quelques fleurs qui avaient dix étamiues
opposées aux feuilles du calyce et de la corolle, et d’autres qui
n’en avaient que cg opposées aux feuilles du calyce. L'illustre
R. Brown à déjà démontré en divers endroits que les étamines
opposées aux feuilles extérieures (ou inférieures) du calice
s'ouvraient les premières et j'ai remarqué dans l’énumération
des euphorbes, etc. pag. 37, que l’évolution et la supression
des rameaux floraux du verticille terminal dépendait de l’in-
sertion de leurs bractées, avec cette différence pourtant qu’elle
est centrifuge (à cause de l’inflorescence terminale).
(95 )
de la fleur l’on peut prédire l’évolution des étamines qui
leur sont opposées; de même l’on peut par léstivation
des folioles de l’involucre (') prédire très-aisément la
marche du développement des rameaux floraux ou des
fleurs d'une inflorescence indéfinie à ombelle verticillée
ou d’un capitule; c’est ce que démontre l’ombelle du
Jasione montana et le capitule du Dahlia variabilis , ete.
Les pédoncules ou les rameaux qui sont opposés aux
verticillesintérieurs de l’involucresont souvent plus courts
que les rameaux qui naissent des aisselles des feuilles du
verticille extérieur. Or les étamines opposées aux pétales
sont ordinairement plus courtes que celles qui sont oppo-
sées aux feuilles du calice.
Les organes qui dans les fleurs viennent après le calice
et la corolle ont une apparence moins foliacée et avortent
quelquefois, et nous trouvons ici une nouvelle analogie
avec les feuilles supérieures de l’inflorescence qui ont une
apparence particulière, (aussi les appelle-t-on alors sou-
vent bractées, comme dans le Marcgravia umbellata,) ou
manquent entièrement comme dans plusieurs Ombellife_
res, Cruciféres, etc.
La transformation des étamines en pétales commence
dans les fleurs polyandres par la circonférence; ce sont
les fleurs inférieures des inflorescences simples dans les-
quelles les rayons se développent les premiers, (tels sont
par exemplele Bellis , V’ Aster, le Matricaria ,Y Helianthus,
plusieurs Dipsacées, Ombelliféres, Crucifères, etc.) Les
organes extérieurs de la fleur (feuilles du calice et de la
corolle) se changent plus aisément que les autres en feuilles
(96 )
végétatives; les rameaux extérieurs des inflorescences se
garnissent plus aisément de feuilles que les intérieurs, ce
que l’on voit tous les jours dans l’£uphorbia Cyparissias.
Les étamines stériles ou changées en nectaires des verti-
cilles intérieurs des fleurs d'Æquilegra et de plusieurs
Rutacées trouvent en quelque sorte leurs analogues dans
les fleurs stériles ou déformées du Hyacinthus comosus.
Nous trouvons souvent sous les inflorescences comme
sous les fleurs des feuilles stériles, c’est-à-dire dans les-
quelles les bourgeons axillaires ne se développent point,
(Mailvacées, Convolvulacées, Caryophyllées, Composées,
Proteacées, Graminées, Cypéracées, etc.)
L'on trouve quelquefois des fleurs (fl. proliféres) qui au
licu du fruit portent un rameau garni de feuilles, formé
par la continuation de l’axe; lorsque dans les inflores-
cences indéfinies l’axe se prolonge au delà de l’inflores-
cence, tantôt il est comme terminé par une fascicule de
bractées stériles, tantôt il se prolonge en réalité apres
l'expansion des fleurs et porte de nouvelles feuilles de
végétation. Ces inflorescences que l’on appelle en botani-
que inflorescences couronnées (tnfl. comosae) se trouvent
dans J’Eucomis punctata, le Fritillaria imperialis, le
Bromelia Ananas, les Melaleuca et Metrosideros des jar-
dins, le Calothamnus et différens Lavendula. C’est peut-
être ici que l’on doit rapporter l’appendice stérile qui
termine le spadix de l’Ærum, appendice dans lequel
avortent les feuilles et les rameaux (ou fleurs). Les fleurs
et les inflorescences ont encore cette autre ressemblance
que souvent lorsque la fleuraison est achevée, elles se
(97 )
détachent de la tige, comme si elles étaient articulées. Le
chaton, propre aux familles des Amentacées et Coniféres
a été séparé par les botanistes des épis permanens à cause
dé sa caducité, à tort à ce qu'il me semble, puisque d’après
ce principe l’on devrait aussi séparer des autres grappes,
ombelles ou panicules celles qui sont caduques. (On
trouve dans l'Hedera des ombelles, dans les Rosacées,
Légumineuses , Jasminées , Caprifoliacces et Téliacées àes
cymes, panicules et thyrses caduques. }
Nous avons vu que les fruits terminaient l’axe qui les
portait, ou plutôt que le suc nourricier qui aurait dü
servir à continuer l’axe au delà de la fleur était entière-
ment consommé par les organes floraux, et il est facile
de voir qu'il se passe la même chose dans toutes les in-
florescences, car si l’on en excepte les inflorescences
couronnées, qui sont très-rares, l’axe qui porte des
feuilles de végétation ne se prolonge jamais au delà des
fleurs, et en général l’inflorescence tant terminée qu’in-
déterminée fait l'effet d’une fleur et termine l’axe. C’est
ce que prouvent les tiges et les rameaux qui arrêtés dans
leur développement parles inflorescences deviennent pour
cela di-tri ou pentachotomes , etc. Cet accident se retrouve
dans plusieurs Protéacées , différens Acer, les Viburnum,
le Zedum, un grand nombre d’Erica, de Phylica, de
Diosma, etc.
Enfin le trait le plus important de ressemblance entre
les fleurs et les inflorescences, c’est que les inflorescences,
comme les fleurs, se développent pour ainsi dire tout d’un
soup et que leurs parties ne se montrent pas peu à peu
' (98)
comme il arrive dans les feuilles et les rameaux de végé-
tation. Aussi tandis que ces êtres éclatans périssent avec
la même rapidité avec laquelle ils se sont développés, les
tiges leur survivent souvent et leur existence s'étend à un
grand nombre d’années.
AE) À, CRE uen N
APPENDIX.
(A Page 54.)
Us échantillon du Campanula rapunculoides (Linné) que
j'ai trouvé en France au mois d’août de l’année derniére,
m'a offert la suite la plus intéressante de transformation
des organes intérieurs (ou supérieurs) de la fleur en orga-
nes d’un ordre inférieur.
La fleur la plus inférieure de l’inflorescence était tout-
à-fait dans l’état normal. La suivante, qui n’était pas bien
développée, était en tout semblable à la troisième dont
voici la structure. Fruit infere, calice a cinq divisions de
couleur de forme et de grandeur ordinaires. Alternes avec
celles-ci étaient cinq autres divisions intérieures de la
même forme et la méme couleur, c'était la corolle; venait
ensuite une corolle tubuleuse bleue, dont les divisions
alternaient avec celles du calice intérieur, (c’était les
étamines.) Les étamines manquaient. Les stigmates n’of-
fraient rien d’extraordinaire.
Dans la quatrième fleur (située plus haut sur la uige) le
fruit.était infère, les cinq divisions du calice étaient plus
grandes et plus foliacées qu’à l'ordinaire; puis suivait un
second rang de divisions semblables aux premières et
alternes avec elles (corolle).Les cinq étamines mal formées,
( 100 })
soudées de la longueur d’une ligne avec le fruit, ensuité
libres, blanches, épaisses, subulées, alternaient avec les
divisions du calice intérieur. La fleur étant déjà passée je
n'ai vu que les restes des anthères; les trois styles étaient
presque foliacés, le fruit était à trois loges, les graines
très-petites, à peine formées.
L'on voyait dans la cinquième fleur un fruit infere,
cinq divisions extérieures du calice, cinq autres intérieures
alternes avec elles ( corolle) huit intérieures dont cinq
alternaient avec celles de l’ordre précédent (étamines) et
trois autres semblaient placées au hazard (feuilles du
fruit.) Cinq styles très-bien formés surmontaient un fruit
à cinq loges (verticille accessoire.)
La fleur suivante offrait cinq feuilles calicinales exté-
rieures, un peu plus grandes qu’à l'ordinaire, presque
libres, cinq intérieures semblables et alternes avec les
premières (corolle). Le troisième verticille était composé
de cinq feuilles semblables aux précédentes, alternes avec
les feuilles du calice intérieur (étamines). Les trois styles
presque foliacés terminaient un fruit supére à trois loges.
La structure de la septième fleur ne différait pas de
celle de la précédente.
Dans la huitièmeil y avaitun fruit infère, cinq divisions
calicinales semblables à ce qu’elles sont à l’ordinaire, au
lieu de la corolle cinq divisions semblables à celles du
vrai calice, dont quatre cependant étaient soudées jus-
qu’au tiers de leur longueur; au lieu d’étamines un tube
corolloïde bleu, qui portait au sommet de ses divisions
des rudimens d’anthères. Rien de changé dans les styles.
{ 107 )
La neuvième fleur avait un fruit infére, un double
calice comme dans la fleur précédente, sauf que les cinq
divisions intérieures étaient un peu soudées à la base. Le
tube corolloiïde ne portait aucun rudiment d’anthéres, et
ses divisions alternaient comme dans la fleur précédente
avec celles du calice intérieur. Styles et fruits comme à
l'ordinaire,
Dans la dixième fleur le calice et la corolle étaient for-
més par des divisions plus foliacées encore que dans les
précédentes et disposées de la même manière. Au lieu des
cinq élamines il y avait cinq ovaires (carpelles) munis de
styles tout à fait semblables à ceux des trois ovaires (dont
se compose le fruit normal des Campanules ;) qui étaient
eux-mêmes placés au centre de la fleur, et avec lesquels
les cinq premiers étaient soudés. Le fruit était à huit loges,
à trois loges centrales séminifères, cinq extérieures (étami-
nes transformées) stériles, c’est-à-dire vides. Ces cinq
loges extérieures étaient placées relativement au fruit
primitif précisément de la mème manière que le sont les
étamines relativement aux stigmates dans l’état normal de
la fleur.
Toutes les autres fleurs étaient déformées de la même
manière que celles que nous venons de décrire; il y en
avait cependant quelques-unes dans lesquelles tous les
organes étaient changés en feuilles semblables aux feuilles
caulinaires supérieures; d’autres enfin dans lesquelles la
fleur était remplacée par un rameau court très-garni de
feuilles séparées de la tige par une espèce de pédoncule.
Les feuilles inférieures de ce rameau étaient disposées en
11
{ 102 )
verticilles; les parties des verticilles inférieurs alternaïent
les unes avec les autres, mais les supérieurs n’avaient
plus aucun rapport ni de nombre ni de distribution avec
les organes normaux de la fleur. J’ajouterai plus tard
quelques observations sur ces rameaux qui remplacent les
fleurs.
Ces exemples prouvent de la manière la plus évidente
un fait déjà connu mais de la plus haute importance dans
la physiologie végétale, savoir que toutes les parties de la
fleur tirent leur origine des feuilles. Goethe et DeCandolle
ont déja parfaitement prouvé que les étamines sont ana-
logues aux pétales qui ne doivent ètre regardés que
comme des étamines stériles, R. Brown a démontré dans
ses excellentes observations sur les Composées et le Raf-
Jflesia qu'il y a la plus étroite analogie entre tous les orga-
nes des fleurs et surtout entre les étamines et les ovaires
(carpelles) et j’ai moi-même donné quelques exemples de
la transformation des étamines en ovaires , des ovaires et
des calices en véritables feuilles, mais l’on n’avait pas
de démonstration ou de preuves certaines de l’affinité
qui existe entre les calices et les pétales, et l’on n’avait
pas encore observé (ou du moins très-rarement) des cas
dans lesquels les étamines et les pétales étaient transfor-
més en feuilles calicinales ou véritables feuilles. Quant
à l’analogie entre les feuilles du calice et celles de la tige
auxquelles elles ressemblent tellement par la forme, la
couleur et la substance, j’en ai vu de nombreuses démons-
trations, soit dans des Roses à fleurs doubles que j'ai eu
occasion d'observer dans le jardin botanique de Goettin-
105 })
gue et dans l’herbier de Lamarck que je possède, soit dans
un Helleborus viridis que j'ai cueilli dans les montagnes
de Savoie. La feuille calicinale extérieure de la fleur ter-
minale de cet Hellebore était changée en une bractée ovale,
arrondie, dentelée sur ses bords, presque trifide, de la
couleur et de la grandeur des feuilles calicinales, très-
semblable aux feuilles caulinaires de cette espèce mais
surtout à celles de l’Helleborus foetidus. De la base de la
feuille naissaient trois nervures qui aboutissaient à cha-
cune de ses divisions ; celle du milieu était presque simple
et les latérales plus rameuses. Les autres parties de la fleur
n'avaient rien d’extraordinaire, sauf qu’il n’y avait que
sept pétales (nectaires de Linné.) Le huitième qui est
ordinairement opposé à la feuille calicinale inférieure
était remplacé par une étamine. La fleur n’avait que deux
ovaires.
Dans l’une des Roses dont je parlais le calice était
remplacé par cinq feuilles disposées en verticille autour
de la tige et ne partant point d’un tube, du reste pinnées
et très-semblables aux feuilles caulinaires, L’axe qui se
continuait au delà de ce verticille calicinal était couvert
de nombreux pétales roses disposés en spirale, et n’offrait
aucune trace d’étamines ni d’ovaires. Dans l’autre fleur les
feuilles calicinales tout-à-fait semblables aux feuilles de
la tige n'étaient pas disposées en verticille mais seulement
rapprochées en spirale autour de l’axe. Le reste comme
dans l’autre fleur.
La fleur du Gentiana campestris offre assez souvent
l’exemple d’une transformation d’ovaire ( carpelle) en
( 504 )
étamine (observation que j'ai déjà faite sur les Euphorbes.)
J'ai vu l’un des deux ovaires dont se compose le fruit
changé en étamines; l'ovaire non changé était séminifère
mais ouvert du côté intérieur (les nervures latérales de la
feuille qui forment les réceptacles des semences n'étant
pas assez complettement soudées.)
J'ai vu dans un échantillon de Drotitalis, hybride entre
le Digitalis purpurea Linn. et le D. parvifora Lam. une
fleur qui n’avait que trois étamines. La quatrième (l’une
de ces deux étamines plus courtes que l’on trouve dans
l’état normal des fleurs entre les deux divisions latérales
de la lèvre inférieure et celles qui forment la lèvre supé-
rieure ) était changée en une division corollinaire. La
corolle avait donc six divisions. Les autres parties de la
fleur étaient tout-a-fait dans l’état normal. Il faut remar-
quer que dans les Personces, Rhinanthacées, Labiées et
Verbenacées , ce sont en général les deux étamines les
plus courtes qui s’ouvrent plus tard, et qui avortent ou
manquent quelquefois tout-à-fait.
(B page 75.) Il arrive quelquefois que l’on trouve des
feuilles florales qui portent à leur aisselle des bourgeons
(toujours floraux). M, Raspail m’a communiqué une fleur
du Caltha palustris dans laquelle la feuille calicinale
extérieure était séparée des autres par un espace de quel- .
ques lignes et portait à son aisselle un bourgeon floral.
J'ai observé depuis le même phénomène dans le So/arum
Lycopersicum. Je ne le regarde que comme une excep- :
tion ou monstruosité puisque non-seulement il ne se pré-
sente que très-rarement, mais que le verticille calicinal
( 105 )
est alors comme disloqué et que l’une ou l'autre des
feuilles calicinales est plus ou moins éloignée des autres.
(C page 76.) Tout le monde sait que toutes les feuilies
dont se compose chaque fleur partent d’un seul ou même
axe et ce n’est que dans les Graminées et les Cyperacves
que l’on a imaginé de réunir dans la même fleur des
feuilles d’axes différens, (c’est-a-dire des feuilles natu-
rellement tout-à-fait distinctes.) M. Turpin qui a jeté un
si grand jour sur la structure des Graminées et Cypera-
cées (*) a levé tous les doutes sur la nature des bractées
(c’est ainsi qu’il a appelé ces organes que Zinné appelait
valvules calicinales et valvules corollinaires extérieures.)
La nature et la composition des spathelles (glumes ou
ou valvules intérieures des auteurs) mériteront encore
d’être examinées. J'ai moi-même, dans un petit traité
que j'avais il y a deux ans communiqué aux illustres
botanistes Nees d’Esenbeck et Ernest Meyer, comparé la
vraie aréte des bractées des Graminées à la lame d’une
feuille et la valvule à la gaine avec la ligule qui la termine.
Je développerai ailleurs les raisons sur lesquelles se fonde
cette analogie.
(D page 77.) L'on trouve souvent entre les verticilles
des étamines et des ovaires un autre verticille pour l’ordi-
naire sous forme de disque glanduleux et toujours formé
d’étamines avortées ou non développées, que les botanistes
appellent tantôt zectaire tantôt disque, tantôt torus,
(1) Mémoire sur l’inflorescence des Graminées et Cypéracées,
etc, Dans les mémoires du muséum. T, V.
( 106 )
tantôt phycosteme etc. etc. Comme il n’est pas certain
qu’il existe ou doive exister toujours je ne l’ai pas énuméré
parmi les verticilles de la fleur, imitant en cela l’illustre
DeCandolle qui dans sa théorie élémentaire n’énumère
que quatre parties, le calice, la corolle, les étamines et
les ovaires. Cepenüant la position des ovaires ou carpelles
relativement aux étamines dans un grand nombre de
fleurs (dans lesquelles ils n’alternent pas avec les étamines
fait soupconner qu’il doit se trouver entre les étamines et
les ovaires un ou plusieurs verticilles dont les feuilles
pour des raisons à nous inconnues ne se développent
jamais ou très-rarement. Ainsi dans les Rutacées la posi-
tion des feuilles du fruit relativement aux feuilles du
ealice est toujours déterminée, elles sont toujours alternes;
qu'il y ait un ou deux verticilles d’étamines. (Voyez la
note de la page 53 de l’'Enumeratio Euphorbiarum et
louvzage très-remarquable de mon savant ami Adrien de
Jussieu intitulé Mémoires sur les Rutacées, page 66.) Dans
les Polygalées, les Solanées , les Borraginées, les Personées,
les Rhinanthacées, les Labiées et les Ferbenacées la posi-
tion des deux ovaires qui composent le fruit est toujours
la même relativement à la tige, aux feuilles du calice et
à la bractée, qu'il y ait deux ou plusieurs étamines. (L’un
des ovaires regarde toujours la tige et l’autre la bractée.)
Je profiterai de cette occasion pour faire remarquer que
lon néglige beaucoup trop dans les descriptions et les
caractères des familles et des genres de faire mention de
la position des ovaires relativement aux autres verticilles
de la fleur.
( 107 )
L'on peut en quelque sorte comparer les feuilles du
disque avec ces petites feuilles imparfaites et qui avortent
souvent entièrement, que l’on trouve quelquefois au
sommet des tiges ou rameaux sous les fleurs ou l’inflores-
cence terminale. Les feuilles de l’involucre des Euphorbes
munies d’appendices glanduleux et sécrétant comme les
nectaires un suc mielleux mettent sur la voie de cette
analogie.
(E page 58.) Le Botrychium Lunaria nous offre une
charmante preuve que l’axe n’est pas terminé par les
organes latéraux, ( feuilles, frons) car les deux frons
( l’un stérile l’autre fertile ) dont les petioles soudés for-
ment la fausse tige de cette plante ne sont point termi-
naux. La base de leur petiole renferme le sommet de la
tige souterraine (rhizoma). C’est ce qui explique comment
l'on peut trouyer dans l’intérieur, en quelque sorte, de la
plante de l’année la plante qui doit se développer l’année
suivante (et celle-ci renferme à sa base une nouvelle
plantule. Voyez Xaulfuss dans le Flora ou Regensburger
botan. Zeitung.) Les fleurs de l’£ucalyptus nous offrent
des. feuilles tout-à-fait soudées par leurs bords qui en-
ferment les organes placés dans la partie supérieure de
Vaxe.
(F page 78.) La fleur est remplacée par un rameau
garni de feuilles dans les cas où la nature ne peut rassem-
bler les feuilles en verticilles et faire disparaître les entre-
nœuds, ou plutôt quand la jorce végétative l'emporte sur
la force reproductive. Il en est de même des rameaux floraux
et des inflorescences. L'on voit très-bien dans le Thesiur2
( 108 )
alpinum que la position des fleurs dans le rameau stérile
est la même que celle des organes de la fleur.
(G page 82.) Les cinq petites folioles extérieures alternes
avec les vraies feuilles du calice des Potentilla et genres
voisins me paraissent formées par les stipules des feuilles
talicinales soudées par paires et je ne crois pas qu’elles
appartiennent à un verticille distinct. Si cela est ainsion
devra les appeler stipules ou appendices des feuilles cali-
cinales; c’est de ce nom que les auteurs ont appelés les
organes tout-à-fait analogues que l’on retrouve dans les
involucres des Euphorbes. Mille exemples prouvent que
les stipules des feuilles opposées ou verticillées se soudent
très-aisément:
(H page 83.) Les bourgeons des feuilles les plus voisines
de la fleur ne se développent pas toujours ou se dévelop-
pent quelquefois plus tard que ceux des autres feuilles
plus éloignées: C’est ce qu’on voit tres-bien dans les Roses
dans lesquelles les feuilles caulinaires supérieures qui sont
quelquefois insérées sur le tube du calice, où &u moins
qui sont très-rapprochées de la fleur ne portent point de
bourgeons, et dans le Phrladelphus qui porte sous sa
fleur terminale deux feuilles opposées le plus souvent
stériles et quelquefois fertiles. Dans ce cas les fleurs qui
naissent des aisselles de ces feuilles voisines de la fleur se
développent plus tard que les fleurs qui naissent des
aisselles de la seconde paire de feuilles. Je pencherais à
croire que l’ordre ordinaire de l’évolution ne se trouve
changé qu’à cause dé la trop grande proximité de la fleur
terminale qui enlève le sue nourricier aux fleurs qui en
sont les plus voisines,
(io )
(1 page 85.) L'on trouve dans un grand nombre de
plantes appartenant à différentes familles des feuilles soit
de la tige soit de l’inflorescence qui portent à leur aisselle
deux, trois ou plusieurs bourgeons ou raméaux ou flo-
raux , naissant sur l’axe primitif. J'avais déjà remarqué ce
phénomène très-digne de l’attention des botanistes sur les
Euphorbes, quelques Ballota et Lonicera. (En. Euph.
page 26.) J'ai retrouvé l’année dernière ces axes ou
rameaux accessoires sur différentes espèces de Fumarta-
cées, Crucifères, Résédacées, Rutacées, Légumineuses ,
Salicariées ; Onagraires, Crassulacées , Caprifoliacées ;
Fubiacées, Jasminées, Gentianées , Polémoniacées , Bor-
raginées , Antirrhinées , Labiées, Verbénacées, Primula-
cées et Chénopodiacées.
C’est par le moyen de ces bourgeons accessoires qui
produisent tantôt des fleurs solitaires , tantôt des rameaux
garnis de feuilles que se complique la ramification des
inflorescences et que se modifie en quelque manière l’évo-
lution générale des fleurs: Ces rameaux ou axes acces-
soires naissent (du moins dans les plantes herbacées)
entre le rameau primitif et la feuille, en allant du centre
à la circonférence; dans les plantes ligneuses (par exem-
ple le ZLonicera Xylosteum) ils se développent à ce qu'il
parait dans l’ordre inverse, c’est-à-dire, que le rameau
accessoire naît au-dessus du rameau primitif. Dans le
Lythrum Salicaria Yon trouve de temps à autre trois cymes
l’une sous l’autre dans laisselle d’une même feuille. Les
fleurs de celle qui est la moins éloignée de la tige (c’est-
à-dire le rameau primitif) se développent les premières,
110 140
bractées ; de là l’involucelle. Pourquoi donner un nom
particulier à cet involucelle si la nature de ses brac-
tées change.
L’enveloppe d’une ou de plusieurs fleurs de gra-
minées , groupées et formant ce qu’on a nommé
épillet ou épiet (petit épi), ne manque pas de dé-
nominations superflues. Je crois qu'on ne peut
donner aux bractées , qui se remarquert souvent à
la base d’un épillet sessile ou pédonculé, que le
nom d’énvolucelle. Celui-ci ne manque pas non plus
de synonymes. M. Richard lui a donné le nom de
lépicène , beaucoup d’autres auteurs l’ont nommé
glume ou bäle. Linné la nommé calice, et plusieurs
auteurs modernes glume calicinale.
Ce n’est pas seulement dans l’enveloppe de la
fleur , ou plus souvent des fleurs des graminées .
qu’on a multiplié les dénominations d’un même
organe ; le vrai calice des plantes de cette famille
a reçu aussi divers noms, et malheureusement les
nouveaux auteurs ont encore plus mal fait queleurs
prédécesseurs , car ils ont donné de nouveaux noms
à des organes qui en avaient déjà un inutile.
Pour moi, la première enveloppe d’une fleur,
proprement dite, doit porter le nom de calice, dans
quelle famille qu’il se présente et de quelle nature
qu’il soit (en ne confondant pas toutefois, dans quel-
ques cas difficiles, linvolucre uniflore avec lui,
comme dans le genre Nyctago , par exemple ; ce dont
on ne peut juger dans des cas semblables que par
analogie). Nous voyons souvent cet organe régulier,
d’autres fois irrégulier; et alors ce sont ordinairement
les lobes ou sépales qui sont du côté de l’axe des
fleurs qui tendent à se déformer les premiers. En gé-
néral, les organes qui ont une texture destinée à offrir,
147 111
offrir dans l’état parfait, de la dureté, doivent plus que
d’autres éprouver de changemens dans le commence-
ment de leur développement, Les graminées effective-
ment nous en présentent de fréquens exemples. Je
rends donc le nom de CALICE , dans les graminées , à ce
que les auteurs désignent sous les noms de corolle
( Linn.); glumelle ( Desv.) ; bäle (beaucoup d’au-
teurs ); glume intérieure , glume corolline ; péri-
gone ( DeC.); stragule ( Beauv. ). Voilà donc encore
sept mots inutiles.
J'ai dit plus haut que je nommais calice le plus
extérieur des deux rangs d’organes enveloppant ceux
de la reproduction, Quand ces deux enveloppes sont
réduites à une seule , je la nomme encore calice ,
attendu qu’on a un trèes-petit nombre d’exemples
où cet organe manque complètement, J’ai dit que
ce calice souvent était très-irrégulier , et les gra-
minces offrent peut-être le plus grand exemple de
cette irrégularité. Dans cette famille , je nomme
donc ainsi les trois parties, qui souvent semblent
n'être qu’au nombre de deux ; qui constituent l’en-
veloppe la plus apparente d’une fleur. Généralement
le nombre ternaire est l’un des caractères des en-
dogènes ou monocotylédonées. Comment retrouver
ce nombre ? Ce que je nomme sépale extérieur est
cette partie dure , foliaeée à la manière des grami-
nées , sonvent fortement nervée et souvent aristée »
qui se trouve en-dehors de l’axe floral; vis-à-vis
est un corps un peu plus court, presque toujours
membraneux ; sans arêle , relevé de deux nervures
verdâtres : ces deux nervures sont celles des deux
sépales intérieurs , soudés dans un très-grand nombre
de cas, bilobés dans d’autres , et complètement li-
bres dans le Triticum monococcum (vulgairement blé
3
( 112 )
sième ordre, etc. Chaque fleur ou rameau floral ne peut
donc avoir qu'une seule bractée, et la bractée est une
feuille de l'inflorescence souvent différente (bractée de
Linné) souvent tout à fait semblable pour le port aux
feuilles caulinaires, quelquefois elles manquent entière-
ment. C’est ce que nous voyons entre autres dans les
Cruciféres (voyez Turpin, Mémoire sur l’inflorescence
des Graminées et des Cypérées, etc., dans les mémoires
du Muséum vol. V.) Les fleurs inférieurs du corymbe où
de la grappe sont quelquefois munies de bractées, ce qui
n’a lieu que très-rarement pour les fleurs supérieures. Si
dans les espèces de Cruciféres dont les fleurs n’ont pas
de bractées l’une des fleurs du milieu du corymbe ou de
la grappe est remplacée par un rameau garni de feuilles,
alors on trouve sous ce rameau une feuille ( bractée.)
Les bractées s’élèvent quelquefois si l’on peut dire ainsi
jusque sur les rameaux floraux ou sur les pédoncules, et
alors les fleurs paraissent n’avoir point de bractées. C’est
ce que l’on trouve sur le Thesium, le Turnera , V Euphor-
bia Cyparissias (comme abnormité), plusieures Onagrai-
res (comme le remarque mon ami M. Duby) et So/ances.
La définition du pédoncule et de la bractée que j'ai
donnée dans la préface de mon ÆErumératio est trop res-
ireinte, il faut donc la changer de la manière suivante.
Le pedoncule est l'axe qui porte la fleur; la bractce la
feuille d’inflorescence dans l’aisselle de laquelle naît Ia
fleur ou le rameau floral.
(K page 94.) La vernation des feuilles et l'estivation des
organes de la fleur (termes qui désignent finalement la
mème chose } sont d’une grande importance dans les ca-
ractères des familles et des genres et surtout dans l’his-
toire naturelle et la physiologie des plantes. Souvent en
effet ce n’est que par l’estivation seule que l’on peut re-
connaitre quels sont les organes extérieurs et intérieurs
de chaque verticille. L'on trouve d'excellentes descriptions
des diverses estivations dans les ouvrages de MM. Brown,
DeCandolle et Adr, de Jussieu. J'ai déjà remarqué dans
l'Enumeratio Euphorbiarum ete. que les organes exté-
rieurs se transforment plus facilement par la métamor-
phose descendente("), et que les rameaux flortux ainsi que
les fleurs qui naissent des aisselles des feuilles inférieures
de l’involucre de l’inflorescence avortent plus aisément
que les autres, on se changent plus aisément en rameaux
garnis de feuilles.
Il faut remarquer aussi que la vernation des cotylédons
est toujours plane , ( vernatio complanata , ) c’est-à-dire
que les faces supérieures des cotylédons se touchent de
(x) Goethe appelle metamorphose descendente (unregelmæs-
sige oder rückschreitende Metam.) la transformation qui s’o-
père lorsque les organes supérieurs se changent en quelqu'un
des organes inférieurs, lorsque par exemple les étamines de-
viennent pétaloïdes. La transformation inverse en quelque sorte
normale, dans laquelle les organes inférieurs se changent en
quelqu'un des organes supérieurs, comme par exemple lorsque
les feuilles du calice se changent en pétales (Primula elatior *
calycantha) ou lorsque les pétales se changent en étamines
(Capsella bursa pastoris apetala decandra) rentre dans la meta-
morphose adscendente, (regelmæssige oder fortschreitende Me-
tam.) nom sous lequel Goethe désigne la transformation nor-
male qui change les feuilles de la tige en organes floraux,
er)
toute part, que les cotylédons soient pliés, repliés, tournés
en spirale, etc. Cette vernation ne se retrouve que très-
rarement , (si même elle se trouve jamais, ) dans les vé-
ritables feuilles. Les feuilles réellement opposées sont
pour l'ordinaire demi-embrassantes (obvoluta) les feuilles
alternes sont embrassantes, (equitantia ) ( voyez l’En.
Euph. Tab. III, fig. 69, 70, 71.) 11 faut peut-être recher-
cher la cause de cette différence dans l’imperfection des
nervures des cotylédons. Il se trouve quelquefois des
feuilles opposées tout à fait plattes dans leur jeunesse
dont la vernation est plane, de telle manière cependant
que les nervures medianes ne sont pas tout à fait super-
posées l’une à l’autre et chaque feuille déborde l’autre
d’une certaine portion. Ces feuilles vers la premiere
époque de leur vie paraissent étre opposées aux feuilles
du nœud précédent, mais ce n’est qu’une apparence,
leur entrenœud est un peu tordu et ces feuilles se trou-
vent ainsi en quelque sorte retournées, (comme les
fleurs de nos Orchis après leur épanouissement. } Cet ex-
emple prouve de nouveau non-seulement que les entre-
nœuds se forment ou se développent au moins plus tard
que les feuilles qu’ils portent, mais même que les nœuds
ou points d’attache des feuilles doivent étre cherchés
sous ces feuilles, dont ils sont séparés par des entre-nœuds
plus ou moins longs. (Voyez l'Enum. Euphorb. etc., où
j'ai appelé entre-nœud cotylédonaire la radicule des au-
teurs, le caulicule de Richard.)
Du reste je crois que la vernation en apparence plane
de plusieures A/sinées et du Portulaca oleracea m'est en
réalité pas différente de la vernation demi-embrassante ;
(obvoluta).
MÉLANGES BOTANIQUES
RECUEIL D'OBSERVATIONS,
MÉMOIRES ET NOTICES SUR LA BOTANIQUE,
PAR M. N. C. SERINGE,,
DIRECTEUR ET PROFESSEUR DU JARDIN DES PLANTES DE LYON,
ET MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÈTES SAVANTES.
VOLUME II. — N.° 6 DE LA COLLECTION,
CONTENANT UN
MÉMOIRE SUR LA CULTURE ET L'EMPLOI DES CÉRÉALES ET DE
QUELQUES AUTRES GRAMINÉES , POUR LA FABRICATION DES
CHAPEAUX ET DES TISSUS DE PAILLE , SUIVI DE NOTES SUR
LES GRAMINÉES EN GÉNÉRAL.
Extrait des Mémoires de la Société royale d’agriculture ,
histoire naturelle et arts utiles de Lyon.
LYON,
IMPRIMERIE DE J, M. BARRET , PLACE DES TERREAUX.
OCTOBRE 1851.
—— — —
La pagination du milieu des lignes est celle des
Mélanges botaniques, et celle des angles appartient
aux Mémoires de la Société.
ED OS——
MÉLANGES BOTANIQUES
OU
RECUEIL D'OBSERVATIONS,
MÉMOIRES ET NOTICES SUR LA BOTANIQUE.
N.° 6 DE LA COLLECTION. = OCTOBRE 1831.
MÉMOIRE SUR LA CULTURE ET L'EMPLOI DES CÉRÉALES ET DE
QUELQUES AUTRES GRAMINÉES , POUR LA FABRICATION DES
CHAPEAUX ET DES TISSUS DE PAILLE, SUIVI DE NOTES SUR
LES GRAMINÉES EN GÉNÉRAL.
Les céréales (1) , indispensables à l’homme
comme substances alimentaires , ainsi que les
autres graminées (a), si utiles pour la nourriture
de beaucoup d'animaux domestiques, pour la con-
fection de nos engrais, pour nos toitures et
pour plusieurs autres usages, qui, quoique beau-
coup moins importans , ne les font pas moins con-
courir aux agrémens de la vie, les céréales, dis
je, ont reçu depuis le commencement de ce siècle
un nouveau degré d'utilité dans la fabrication
des chapeaux de paille. On a même étendu l’em-
(1) Blé, seigle, orge, avoine , maïs , sorgho.
(a) Les notes indiquées par des lettres sont à la fin,
Ko I 19
ploi de la paille, tissée avec la soie, jusqu’à faire
des étoffles aussi pour chapeaux. Ceite branche
d'industrie est une nouvelle preuve de la néces-
sité de cultiver avec soin cette famille si émi-
nemment importante.
Nous payons chaque année à l'Italie ef à la
Suisse un tribut considérable, en acheiant dans
ces contrées des objets que nous pourrions fabri-
quer chez nous et qui seraient une assez grande
ressource pour la classe indigente , surtout dans
des parties de notre territoire dans lesquelles il
faudrait développer une branche d'industrie (1).
(1) Nous tirons de la Suisse toutes les tresses dont nous
faisons nos chapeaux ordinaires , qui ne peuvent entrer en
France qu’en tresses, en payant un droit, Les pailles ; que
Paris met dans le commerce , ont jusqu’à 22 pouces de long,
mais comme on n’est pas sûr d’avoir constamment cette lon-
gueur , on ne donne aux tissus soie et paille que 15 pouces,
grandeur que dépasse toujours celle de Suisse. D'ailleurs. la
paille de Paris est plus belle et plus chère que celle de Suisse,
malgré le droit qu’elle paye. Peut-être celle de Paris:, fort
bonne pour tissus, n’offrirait-elle pas le même avantage pour
tresses , car il est probable qu’elle est récoltée à la maturité
du grain, époque où elle a moins de flexibilité ( Note verbale
donnée par MM. Laselve et Chastaing , a Lyon, qui font
fabriquer une quantité très-variée d’étoffes paille et soie, et
un autre tissu nommé pagne , fait avec la soïe et un filament
très-tenace et très-brillant qu'on a cru être produit par le
Phormium lenux , mais. dont la plante n’est pas bien connue ;
peut-être est elle due à un bananier nommé vulgairement
coffn , qui peut-être est aussi l’Abaca ).
119 83
Parmi nos céréales , trois genres sont particu-
lièrement employés à la confection des chapeaux :
ce sont les Dlés (4) ( Triticum des botanistes,
Weitzen des Allemands ) , les orges (c) ( Hor-
deum des botanistes , Gersten des Allemands } et
le seigle (d) (Secale des botanistes ou Roggen des
Allemands ). Mais ce sont plus particulièrement les
blés à chaume creux , nommés communément bles
tendres , de la section des fromens (4), qui sont
susceptibles d'être mis en œuvre. C'est presque
exclusivement du blé communément cultivé en
France que l'on se sert ; on le nomme froment ,
en latin Triticum vulgare Vill. L'on préfère la va-
riélé à épi blanc et aristé. Elle a aussi le chaume
plus blanc, et les arêtes en se développant rendent
les parois du chaume moins épaisses, et soit
les lanières qu'on en forme, sat les chaumes
non fendus , sont beaucoup plus flexibles. On
augmente cette souplesse en récoltant les pailles
peu de jours après leur fleuraison et dans le
moment où le grain est en lait (1).
(1) Malgré que le grain soit très-mal formé à cette époque
de maturation, on peut cependant s’en servir comme aliment.
On peut détacher les épis de la paille , laisser encore les
grains sécher , et avancer un peu leur maturité. A cette épo-
que le carpelle, ou gros son , et le spermoderme, ou petit
son , n’ont pas encore acquis de dureté, et le grain n’a pas
besoin d’être grué ou privé de ces deux enveloppes , pour
qu'il puisse être utilisé comme aliment soit en soupe, soit
Cuit au lait. a
84 120
ARTICLE [Ier
d:
DES PAILLES FENDUES OU CHAPEAUX SUISSES.
Deux modes de culture, totalement opposés , font
obtenir des pailles à chapeaux. En Suisse, où l’on
fabrique beaucoup de chapeaux de paille fendue
et plus anciennement des chapeaux à gros tuyaux
éntiers , cousus près les uns des autres, on pré-
pare préalablement le terrain par la culture des
pommes de terre, afin de le rendre très-meuble
et obtenir une végétation vigoureuse. À la fin de
celte même année ou au premier printemps de
la suivante, on sème, assez clair , de préférence,
la variété blanche et barbue du blé commun
(Triicum vulgare Vil ). Par cette culture on ob-
tient de gros ét longs chaumes que l’on récolte
verts, dix à quinze jours après leur fleuraison.
Alors on les coupe à la faucille , on en forme de
petites gerbes ou poignées qu'on lie sous l’épi.
On les expose ensuite à la rosée, on les
tourne, puis ensuite on les laisse sécher à cou-
vert à l’air libre lorsqu'ils ont perdu leur couleur:
verte.
Il faut traiter la paille avec beaucoup de mé-
nagemens pendant la récolte , le blanchiment et
la dessication , car sans cela on aurait les tuyaux
écrasés, pliés , et ils ne pourraient plus être mis
af 85
en œuvre. On doit avoir grand soin, s'il pleu-
vait lorsque la paille est étendue sur un gazon
ras et propre , de la transporter à couvert dans
un lieu aéré, afin qu'elle ne perde pas sa belle
couleur blanche et son lustre. Sans ces précau-
tions elle prendrait une vilaine teinte rousse et
terne qui lui ôterait de sa valeur.
Souvent le blé pour chapeaux est cultivé en
blé d'automne ; chaque paysan du canton de Fri-
bourg et d’une partie de celui d’Aargovie a un
petit terrain qu’il fume et laboure convenable-
ment , pour en tirer la quantité de paille néces-
saire pour le tressage que peut faire sa famille.
Chacun d’eux a dans sa cuisine un {soufroir (ec)
où il blanchit les tuyaux et les tresses qu'il vend
ensuite en pièces, souvent même non débourrées ,
ou autrement dit dont il n'a pas fmême coupé les
- bouts, produits par les ajoutages des brins et la
fin de ces mêmes brins.
D'autres propriétaires spéculent plus en grand.
En général, comme je l'ai dit, on prépare le
terrain par la culture d’une plante fumée et sar-
clée. On sème en automne, et l'été suivant on
récolte la paille. Souvent ces blés, dits d'hiver ,
ne réussissent pas bien , c’est-à-dire qu'ils souf-
frent ou de trop de sécheresse ou de trop d'hu-
midité. Dans ce dernier cas , les graines des cham-
pignons parasites , qui circulent avec la sève ,
86 122
trouvant des circonstances favorables à leur dé-
veloppement, attaquent les feuilles, le chaume »
l’épi ou le grain.
La rouille (Uredo rubigo vera) se montre
sur les feuilles sous l'apparence d’une poussière
orangée , elle fatigue la plante. La Puccinie
des graminées couvre de mouchetures noires
la paille , et la rend impropre à la fabri-
cation des chapeaux. L'épi et le grain sont
aussi attaqués de plusieurs espèces de champi-
gnons qui épuisent la plante, et alors le chaume
a un aspect terne qui le rend aussi absolument
hors d'usage pour les travaux de pailles. Souvent
la même variété de froment commun , semée en
automne ou au printemps , ne présente pas les
mêmes maladies , et si l'une manque, l’autre peut
réussirs; 1l est donc convenable de semer à cés
deux époques , d'autant plus qu’en cas de non: réus-
site de l’une des pailles , celle qu'on pourrait livrer
au commerce aurait une bien plus grande valeur.
Si, dans les semis de l’une ou l’autre de ces sai-
sons, on remarque peu après la fleuraison que les
plantes soient faibles, que les-chaumes comment
cent à se tacher , il faut bien se garder de les cou-
per, mais laisser mürir le grain pour le moudre.
Si la paille est belle, il faut toujours en lais-
ser une petile quantité pour graine , et ne pas
croire que cetle graine ait bésoin d’être changée :
123 87
si elle est bien nourrie, bien ronde , lourde ,
elle doit être semée de nouveau ; mais si la plante
avait été souffrante, ou qu'elle eut été épuisée
par des champignons , il faudrait s'en procurer
d’un endroit où elle aurait les qualités nécessaires
pour faire espérer une bonne récolte.
Souvent cette récolte est meilleure dans la plaine
que dans les montagnes ou l'inverse ; il faut donc,
quand on le peut, multiplier les chances de succès.
Comme la récolte des blés pour chapeaux se
fait de bonne heure , les agriculteurs ont soin
de labourer légèrement aussitôt après , et ils
sèment soit des raves , des carotes ou du sar-
razin , dont la récolte est assurée. Souvent en
même temps que la paille à chapeaux est semée ,
ou au printemps suivant, si l'on a semé le blé
en automne, on ajoute du trèfle ou du sainfoin,
qui croit avec le blé ; il grandit assez , après la
coupe du blé, pour en faire déjà cette annéeune
récolte , et la suivante on en obtient trois ou
quatre coupes. Dans les cantons où la pernicieuse
méthode des jachères est abandonnée , on retire
souvent une seconde récolte dite dérobée , en ayant
soin d'employer un assolement qui n'oblige de
fumer que tous les quatre ou cinq ans le même
terrain. En multipliant ses produits, l'agriculteur
intelligent trouve le moyen d’avoir plus de bes-
tiaux , d'obtenir plus de fumier , et en outre,
88 124
il recueille avec une sage économie des engrais
qu’on laisse perdre autour des étables.
On peut rendre un peu d'éclat à la paille mäl
séchée, en plongeant les tuyaux dans une so-
lution de sel d'oseille ( oxalate de potasse ) dans
l'eau. Lorsqu'elle est sèche , elle est encore pas-
sée au soufroir.
La paille une fois séchée et blanchie , est cou-
pée au-dessus et au-dessous des nœuds. L'on a
soin de mettre les bouts de même longueur en-
semble , de sorte que la partie entre l’épi et le
nœud supérieur , le plus long de tous, est réservée
pour les tissus de paille. On en fait des petites
boties que l'on passe au soufroir , puis on livre
ces pailles au commerce. Ces tubes, d’une cer-
taine longueur, sont ensuite fendus au moyen du
fendoir rayonnant , que j'ai figuré dans ma mo-
nographie des céréales de la ‘Suisse ; j'en donne
la figure modifiée à la fin de ce mémoire. L'imper-
fection qu’il présente m'a engagé à faire connai-
tre un second instrument beaucoup plus parfait,
que l’on trouvera décrit dans les notes, lettre à,
et dont le perfectionnement est dû à MM. Laselve
et Chastaing de Lyon.
Ces lanières, d’une largeur déterminée, sont en-
suite humectées , et l'on en forme des tresses d'un
nombre de bouts ou brins déterminés, suivant
le dessin et le bord qui doit toujours être en rap-
125 89
port avec la manière dont la tresse devra étre
cousue. Une fois les tresses faites d’une longueur
suffisante pour faire un chapeau , sans être obligé
de faire d'ajouture, on coupe tous les bouts, et
les pièces sont encore passées au soufroir. Les
bords des tresses en Suisse n'offrent jamais la ré-
gularité de celles d'Italie. Comme on ne coud en
général les tresses de paille fendue que bord sur
bord en Suisse , on n’a pas senti le besoin d'ap-
porter toute la régularité que présentent celles
d'Italie , qui doivent être cousues bord à bord ,
et qui, lorsque la couture est faite , présentent
autant de fermeté dans la partie cousue que dans
la tresse elle-même , ce que ne pourraient jamais
offrir ‘les tresses suisses ; cousues à la manière :
d'Italie. Elles laisseraient des inégalités qui ren-
draient le chapeau très-laid. |
Cette espèce d'irrégularité des bords des tresses
de paille fendue, et la couture beaucoup moins
difficile , sont deux des causes qui rendent ces
derniers chapeaux beaucoup moins chers. Le cou-
sage, dans toutes les espèces de chapeaux et de
tressage , se commence toujours par le milieu de
la forme ou tête. |
Ce n'est pas qu'on ne puisse tresser la paille
fendue et la coudre à la manière italienne ; j'en
posséde de fort beaux échantillons qui ont été
faits par des dames de Berne , qui , sans avoir
90 126
jamais vu faire cette espèce de tressage, sont par-
venues à lui, donner une grande perfection , soit
dans le tressage , ‘soit dans le cousage. Mais les
chapeaux de paille fendue , tressés et cousus à la
manière italienne , quoique peut-être même plus
olis que ceux d'Italie, ne présentent pas assez de
fermeté , et ils ne pourront jamais rivaliser avee
les florentins.
Les chapeaux une fois cousus sont encore.en-
tassés dans les soufroirs , pour les obtenir bien
frais et brillans , afin d'être mis ensuite dans le
commerce,
Cette branche d'industrie, dont le gain, quoique
petit pour chaque individu, est réparti sur un très-
‘grand nombre de personnes , rapporte des sommes
considérables aux habitans des cantons de Fribourg
et d'Aargovie. La maison Gérard, à Fribourg ,
qui a apporté de nombreux perfectionnemens
à cette fabrication, en fait un commerce con-
sidérable , non seulement en chapeaux proprement
dits, mais encore en ornemens de chapeaux en
paille d'orge , sur lesquels je donnerai quelques
détails à la fin de ce mémoire.
127 gi
ARTICLE II.
DES PAILLES ENTIÈRES OU CHAPEAUX D'ITALIE.
Autant on met en œuvre les ressources d'un
bon terrain et d’une culture luxuriante pour ob-
tenir des chaumes gros et longs, lorsqu'ils doi-
vent être fendus, autant la culture appauvrissante
est pratiquée pour obtenir des pailles destinées à
être employées entières. Les terrains de qualité
fort médiocre, calcaires , argileux, pierreux, même
sablonneux peuvent être utilisés pour cette culture.
C'est même un moyen de chercher à couvrir les
frais des premiers travaux à faire dans un terrain
qui ne pourrait subvenir à la nourriture d’autres
plantes, qui auraient besoin d’un sol plus subs-
tantiel. Les terres à employer pour cette culture
n'ont pas besoin d’être fumées, à moins qu'elles
ne manquent absolument de terreau, un labour
peu profond à la bêche, à la pioche ou à la
charrue peut-être employé , et l'ensemencement
doit s’en faire très-serré. C’est bien certainement
la même espèce de blé cultivé en Suisse que
l'on a amené graduellement en Italie à un grand
appauvrissement. -Des épis qui en Suisse ont de
vingt à quarante grains , sont réduits par la
culture à quatre ou huit.
D'après le mémoire de M. Giuseppe Franca-
92 ; 128
lanci (1), 1l parait que les terrains calcaires sont
les plus favorables pour cette culture; puis vien-
nent les argileux, les tufacés, et, en dernier lieu ,
les sablonneux. Les expositions élevées, aérées et
inclinées , sont celles qu'il conseille ; il pense que
les pentes exposées au soleil doivent être choisies,
plutôt que célles qui sont ombragées. Trop d'hu-
midité, ou le séjour prolongé de la rosée, ternit,
dit-il, les pailles. La difficulté de bien compren-
dre l'italien, m'aura peut-être , d’ailleurs, empêché
de tirer plus de parti de ce travail qui m'a
semblé un peu long ; mais pour compléter au-
tant qu'il m'est possible cet article, je transcris
une notice intéressante , qui, d’ailleurs , confirme
les idées de M. Francalanci; elle est extraite de
la Bibliothèque universelle (juillet 1831, p. 277,
sciences et arts), qui l’a empruntée au Bulletin
de la chambre royale d’agricullure el de com-
merce de Nice , 1831. Elle est attribuée à M. Risso.
« La graminée qui produit la paille dont
on se sert pour la confection des chapeaux dits
de Florence, s'appelle grano marzuolo , blé de
mars (2). On en connait trois variétés également
cultivées dans les environs de Florence.
(1) Memoria sopra la cultura della paglia da Cappelli,
Firenze, 1825 , 22 pag. in-8°.
(2) M. Francalanci écrit toujours, marzolo. Il ste.
beaucoup , ainsi que le blé de ponfédera. D'ailleurs c’est
129 93
» La terre la moins forte, la plus pierreuse,
la moins grasse même, conviennent le mieux à
la culture de cette plante , lorsque la paille en
est destinée à être tressée. On doit toujours pré-
férer les terres qui se trouvent dans des situations
élevées et très-exposées à l'air, c'est-à-dire dans
la région des collines. Si le terrain est maigre,
on jetle deux tiers ou trois quarts plus de grain
en terre, que lorsqu'on sème pour recueillir le
blé ; si le terrain est gras et compacte, on en
jette six fois davantage.
» La sémination de ce blé se fait à la volée;
certainement la variété à épi blanc aristé et glabre du Triti-
cum vulgare Vill. Je ne doute pas que les blés à arêtes ne
soient moins productifs , quant à la pesanteur du grain ; c’est
probablement ce qui fait qu'on cultive, de préférence, ces
variétés sans arêtes quand on veut obtenir le grain. Le déve-
loppement des arêtes produit probablement un certain épui-
sement dans l’épi et la paille, dont il importe de profiter
pour l’avoir d’une certaine souplesse. Les autres espèces de blés
de la section des fromens , ni aucun de ceux de celle des
épautres , ne peuvent servir pour la fabrication des chapeaux ;
ils ont les paroïs du chanme ou trop épaisses ou remplies d’une
moelle compacte qui leur ôte la souplesse nécessaire. Les
personues qui voudraient tenter quelques essais, soit de cul-
ture,soit ensuite de travaux de paille, doivent ou se procurer
la grainede lavariété la plus estimée en Italie , ou accoutu-
merl’uneou l’autre de nos variétés de blé ordinaire à cette
culture appauvrissante. ( Ser. )
g4 150
il est nécessaire de pratiquer de distance en dis-
tance des sillons pour l'écoulement des eaux plu-
viales ; car ce froment, pour donner une paille
fine , propre à la fabrication des chapeaux, ne
_ réussit que dans les endroits secs et n’a besoin
que d'une humidité passagère. L'époque la plus
favorable pour semer ce grain dans les environs
de Florence, ainsi que nous l'avons pratiqué
également à Nice, est vers la fin du mois de
décembre ; mais on peut la retarder jusqu’au
mois de mars.
» Dans les (en stériles on sème peu pro-
fondément , c'est-à-dire qu'on ne recouvre le
grain que PUR deux doigts de terre suf-
fisent pour le faire germer: on le recouvre da-
vantage, si l’on est réduit à le semer dans un
terrain gras , principalement dans les endroits
peu élevés.
» La récolte de cette paille se fait ordinaire-
. ment vers la fin du mois de mai ou dans les
premiers jours de juin et par un temps sec ;
lorsqu'on a semé dans un terrain gras, il faut
avoir soin de récolter la paille un peu plus tôt,
parce qu'elle deviendrait trop forte, ce ai
nuirait à sa qualité.
» La paille doit être arrachée : en la coupant
on risquerait de perdre la partie supérieure ,
131 95
qui est au-dessus des nœuds, la seule qu'on
émploie à tisser (1).
» Il est essentiel, pour ‘avoir une paille bien
nourrie et cependant fine, de faire la récolte
quand l'épi n'est encore parvenu qu'à la moilié
de sa formation , lorsque le grain commence à
peine à se former (2); elle est alors pleine d'un
suc nourricier , qui remplit les tuyaux , et qui
se perd de sorte que ces chaumes restent vides
et sujets par conséquent à se crever. Quelque
temps après on l'arrache, précisément comme cela
se pratique pour le lin, et de manière à emporter
(1) Les tuyaux de paille entre les nœuds sont très-courts
et ne peuvent être d'aucun usage pour les chapeaux ; s’ils n’ont
pas été soufrés , ils peuvent servir utilement à la nourriture du
bétail , n’étant pas encore privés par la maturation de l’épi
de toute la matière nuatrilive qu’ils auraient perdue plus tard.
( Ser. )
(2) Les échantillons que j'ai recus d'Italie m’ont toujours
présenté des grains moins avancés en maturation que ceux
des épis suisses ; en outre , comme ces épis sont soufrés avec la
paille , le grain mal mûr qu'il renferme ne peut pas étre uli-
lisé. Le degré un peu plus avancé de maturité auquel on re-
cueille les blés suisses ( pour la fabrication des chapeaux )
n'offre pas d’ailleurs l'inconvénient qui existerait dans les
blés italiens , qui , pour conserver une flexibilité convenable }
ne doivent pas être trop fermes , tandis que les blés suisses,
dont la paille est fendue, ont besoin d’avoir un peu de
consistence et peuvent être récoltés un peu plus tard sans
inconvénient , en ayant bien soin cependant de ne pas atten-
dre la maturité parfaite. ( Ser. )
2
6 132
les racines. On forme des petites gerbes de gros-
-seur telle qu'une seule main puisse contenir
chaque gerbe ; on les étend au soleil sur la place
même, et on les laisse sécher jusqu'à ce que la
paille ne puisse plus fermenter et souffrir en
restant entassée dans les magasins.
» Pour amener la paille au point d'être tra-
vaillée, on la transporte par petites portions ou
gerbes sur un terrain sec, et on l'y laisse ex—
posée au soleil et à la rosée, en ayant soin de
bien séparer les gerbes les unes des autres, pour
qu'elles puissent jouir librement de l'influence de
ces deux agens de la nature qui opèrent leur
blanchiment. Quatre ou cinq jours suffisent pour
cela, et même moins lorsque la rosée est abon-
dante. Ce blanchissage ne peut se faire que
par un très-beau temps ; toute autre humidité
que celle de la rosée tacherait la paille ; c’est
*pourquoi cette opération se fait préférablement
pendant les mois de juin et de juillet.
» En Toscane , on est dans l'usage de ne faire
blanchir la paille que lorsqu'on veut en extraire
les tuyaux qu'on destine immédiatement à la
fabrication des chapeaux : aussitôt que la paille
a acquis le degré de blancheur qu'on désire,
on arrache de chaque chaume la portion qui est
entre l'épi et le premier nœud ; c'est la seule
qu'on tisse pour être convertie en chapeaux.
133 97
» Les parties de la paille ainsi extraites sont
passées au soufre ; pour cela on fait de petites
bottes , qu'on peut élargir à volonté. On les
trempe dans l'eau , et après les avoir bien fait
égoutter , on les dépose dans le pourtour d'une
chambre , toujours en bottes, qu’on a soin d’élar-
gir le plus possible : on fait ensuite brüler du
soufre au milieu de la chambre et on la ferme
hermétiquement.
» Cette opération de passer au soufre, a pour
objet d'augmenter la blancheur de la paille, de
lui donner de la consistance, de faire périr les
insectes qui pourraient s'y trouver , et de la
préserver à jamais de toute corruption (x).
» Après avoir été passées au soufre, les pailles
sont triées, d'après leur grosseur, et divisées en
trente ou quarante qualités, qui déterminent le
degré de finesse des chapeaux et par conséquent
leur cherté (2).
(1) Il est impossible que cette opération empêche la paille
de se décomposer ;-elle ne résisterait certainement pas à
lhumidité unie à la chaleur , mais elle peut détruire les œufs
d'insectes ou les insectes eux-mêmes qui s’y trouveraient. La
vapeur sulfureuse modifie légèrement ses principes consti-
tuans et doune de l'éclat à la paille, tout comme à la soie.
D'ailleurs les insectes attaquent très-rarement les tiges sè-
ches des graminées. ( Ser. )
(2) Je tiens de M. Targioni que l’on a à Florence des
espèces de crible, au moyen desquels on sépare les pailles
9 15/4
» Les tresses se font généralement avec trois
brins de paille, et elles sont plus ou moins larges,
suivant que la paille est plus ou moins fine. La
beauté et la finesse des chapeaux résultent donc
du plus grand nombre de tours que fait la tresse
pour les composer (1).
» Des essais de culture de cette plante textile
ont été faits sur les collines les plus arides de
Nice, par un agronome, et ont été couronnés
du plus grand succès. Les chapeaux fabriqués avec
cette paille dans l’hospice de la providence de
cette ville, fondé et dirigé par M. l'abbé de Ces-
soles, ont obtenu, dans la dernière exposition
des produits industriels du Piémont, üne médaille
d'encouragement. »
de grosseurs différentes. Ces instrumens doivent beaucoup di-
minuer les frais de’cette partie très-importante du travail’
qui, avec l'égalité dans le tressage, influe beaucoup sur
l’uniformité et la beauté des chapeaux. ( Ser. )
(1) L'auteur de là notice citée avance que les tresses sont
à trois bouts, ou autrement dit faites avec trois pailles ; je
n'en ai jamais vu construites de cette manière , mais bien à
5, 7, 9 ou 11 bouts. Ce ne sont que des petits cordons que
l’on réunit ensuite pour ornemens qui soient faits à trois
bouts. Ces cordons sont irrégulièrement quadrangulaires, la
coupe transversale formerait un losange. Il se pourrait cepen-
dant que quelques très-beaux chapeaux de Florence fussent à
trois bouts; mais je ne concevrais pas comment on ne pour-
rait pas en faire d’aussi béaux à un grand nombre de bouts,
si toutefois la paille est très-fine, ( Ser. )
135 09
On recherche , dans les chapeaux de paille
fendue suisse, l'éclat et la blancheur , tandis que
ceux d'Italie, dont la paille en bottes a le même
éclat et la même blancheur , se distinguent par une
teinte plus terne , qu'elle acquiert probablement
par quelques préparations qui me sont inconnues.
Les chapeaux dits de Florence ( et quelquefois
très-improprement de riz, car cette plante a le
chaume trop irrégulier et trop rude pour pou-
voir être employé à cet usage) offrent une grande
perfection dans la fabrication de leur tresse. Les
bords sont formés de manière à ce qu'ils s'enga-
gent les uns dans les autres et les mailles sem-
bient si bien se continuer, que si le fil non
tordu que l'on emploie ne rendait pas cette
partie un peu plus haute, il serait impossible de
trouver la couture. Les fils sont passés dans les
engrainures en anses enchassées dans l’autre bord
de la tresse, de manière à décrire simplement la
courbure spirale de ses bords.
Les chapeaux de Venise se reconnaissent très-
facilement à la grossièreté de leur paille et à
l'irrégularité du tressage et de la couture. Quand
mème la tresse serait très-fine, on n'éprouverait
aucune difficulté à reconnaitre le point où les
bords sont unis, tant ils sont mal préparés pour
être mis en contact ensuile.
Le Triticum vulgare ou froment commun , dans
100 136
toutes ses variétés peu colorées, n'est pas la seule
céréale qui puisse être employée pour la fabrication
des chapeaux ; le seigle (Secale céreale ), ayant aussi
la tige ou chaume creuse, sert aux mêmes usages, et
en lui appliquant comme au blé commun la culture
appauvrissante, on pourrait en lirer un grand
parti. Le canton d’Aargovie en Suisse fournit
au commerce un grand nombre de chapeaux fails
avec cette céréale. Ils n'ont jamais la fraîcheur
de ceux d'Italie, parce que le chaume du seigle
n'a jamais la belle teinte de celui du blé, mais
les chapeaux sont très-forts. Les tresses sont faites
et cousues à la manière d'Italie.
Quand les chapeaux d'Italie , d'Aargovie et de
Venise sont cousus, ils sont encore passés à la
vapeur du soufre , puis soumis à des machines
de pression, dont on peut modérer l’action à vo-
lonté sur l’une ou l’autre des faces, suivant que
Jon place entre les planches, ordinairement de
poirier , une étoffe plus ou moins souple. Les
premiers négocians qui ont employé ces machines
de pression, ont donné beaucoup d’apparence à
des chapeaux souvent très-ordinaires, mais dont
les coutures paraissaient à peine. Il est probable
aussi qu'ils leur font subir auparavant quel-
que immersion qui les rend plus brillans. Ce
sont là des petits secrets de métier qu’on ne
communique guère.
157 roi
Les graminées céréales ne sont pas les seules
qui aient été employées pour la fabrication des
chapeaux ; plusieurs essais ont été faits à Lausanne
par Mie de Saint-Cierge avec les pelites gra-
minées de nos champs. Elle a eu l'obligeance
de me communiquer plusieurs échantillons de
tresses faites avec 1.2 l'avoine jaundtre ( Avena
flavescens des botanistes, gelblicher hafer des Ai-
lemans); 2.° l’umourelte (Briza media, gemeines
zittergrass ) 3 3.° la fouve ( Anthoxanthum odo-
ratum, gelbes ruchgrass) ; 4.° le culpin des champs
(Alopecurus agrestis, acher fuchsschwanz) ; 5.°
le paturin des prés ( Poa pratensis, wiesen ris-
pengrass ) ; 6.° l’ugrostis vulgaire (Agrostis vul-
garis, gemeine windholm}); 7.° la phicole des prés
(Phleum pratense, wiesen lieschgrass ) 3 8.° la
phléole noueuse (Phleum nodosum, knotiges lies-
chgrass }) ; 9.° le cynosure à créle (Cynosurus cris-
tatus, gemeines kammgrass ) ; 10.0 la mélique pen-
chée (Melica nutans, wald-perlgrass ) ; 1 1.2 l'avoine
molle (Avena mollis}), etc. La /romenlale ( Avena
elatior, hoher hafer ) pourrait être aussi employée
avantageusement; celle plante réussit presque dans
tous les terrains, surtout dans les marais , au
soleil et à l'ombre. La portion du chaume entre
le dernier nœud et la panicule est très-longue.
Je suis surpris que quelques essais n'aient pas
encore été faits sur une plante si commune et
02 158
qui paraît devoir présenter plusieurs avantages.
Toutes ces petites graminées offrent un chaume
d'une belle teinte paille ; elles n’ont pas besoin
d’être appauvries, elles réussissent dans tous nos
champs. Le seul obstacle qu'elles pourraient pré-
senter, ce serait de n'avoir pas la force que pré-
sente la paille de blé. Elles devraient être traitées
pour la récolte et le blanchiment , comme celle
du blé commun. D'ailleurs chacune des petites
espèces offre une consistance différente.
#
ARTICLE I.
ORNEMENS EN PAILLE.
Les ornemens en paille pour les chapeaux ont
“beaucoup varié de forme ; deux espèces apparte-
nant à deux genres de céréales sont particuliè-
rement employées dans ce but.
Le 1.7 provient encore du même blé commun,
Triticum vulgare , dont on fait des petites tresses
quadrangulaires, qui diversement entrelacés, sont
élégantes. Elles sont faites en paille fendue et
ordinairement à trois bouts; elles servent à en-
tourer la base de la forme du chapeau comme
un ruban , ou bien sont cousues en bandes
d'un pouce et demi de largeur au plus, entre
des bandes d’égale largeur , en paille fendue cousue
159 103
bord sur bord. C'est un moyen d'embéllir le
chapeau et de le rendre plus coûteux, c’est ce
que demandent quelques personnes.
Le 2.6 est dû au chaume de l'orge, qui serait
trop cassant pour être tressé, mais qui, parvenu
à la malurité complète, prend un aspect satiné
fort éclatant. On choisit de préférence les chaumes
de l'orge commune ou de l'orge à six rangs
( Hordeum vulgare, H. hexastichon) ; on en coupe
les nœuds, on réunit les tuyaux qu'on passe au
soufroir , puis on les fend en long d'un seul
côlé, on les amincit par leur face interne au
moyen d’une lame tranchante ou du verre , après
les avoir aplatis entre deux cylindres, et enfin on les
fixe les uns près des autres sur la gaze-de-Naples,
au moyen de la colle faite avec l'amidon et la
pression (1).
Ces bandes d'orge ainsi collées sont ensuite dé-
coupées, soit aux ciseaux, soit à l'emporte-pièce,
puis souvent légèrement gaufrées, de manière à
(1) Une autre colle qui pourrait être très-utile pour de sem-
blables applications, serait celle que plusieurs tisserands de
toiles fiues emploient pour coiïler leurs étoffes. Elle se fait
avec la farine de graine de canarie ou alpiste des canaries
( Phalaris canariensis ), plante fréquemment cultivée pour la
nourriture des oiseaux. Elle forme une colle extrémement
mince et qui paraît à peine lorsqu'on a deux substances très-
wmiuces à faire adhérer l’une à l’autre,
td 14Ô
pouvoir en former non seulement des fleurs de
fantaisie extrêmement variées , mais encore des
plumes fort élégantes.
On joint même souvent les ornemens en paille
d'orge à ceux de paille de blé non appliquée,
mais en petites tresses en forme de cordonnet ;
ils sont d'un effet fort agréable ; en mélangeant
ces deux espèces d'ornemens , on peut obtenir
des guirlandes fort fraiches et d'une grande variété.
ns
ARTICLE IV.
TISSUS SOIE ET PAILLE.
On ne s'est point borné à coudre ensemble et
parallèlement les tuyaux de paille, ni à en faire,
soit fendue , soit entière , des tresses qui, cou-
sues , ont formé des chapeaux, des sacs et autres
objets très en usage actuellement ; on a cherché,
mélangée avec la soie , à en faire des étoffes
auxquelles on est même parvenu à appliquer toutes
sortes de dessins.
La chaine, en soie, est disposée sur les métiers
ordinaires à tisser la soie , de manière à faire de
l'ani, et l'appareil est alors beaucoup plus simple ;
ou avec des dessins , et alors c’est le métier à la
Jacquard qui est mis en usage. Cette précieuse ma—
chine disposée convenablement , le tisserand fait
41 105
agir les pédales et engage entre les fils de la chaine
des brins ou lanières de paille fendue , présentés
tantôt par le bout supérieur , tantôt par l’inférieur.
La nuance différente des lanières de paille à leur
partie supérieure (exposée à l'air et un peu co-
lorée) et à l'inférieure (enveloppée quelque temps
dans la gaine de la feuille supérieure , et consé-
quemment étiolée ) nécessite cette précaution ;
sans cela l'étoffe serait très-inégale dans sa teinte.
Une autre raison qui force d'engager tantôt le bout
supérieur , tantôt l'inférieur , est que malgré le
perfectionnement des fendoirs l'un des bouts est
toujours un peu plus étroit que l’autre. Si l’on
plaçait toujours le bout supérieur de la paille
du même côté, l'étoffe serait sensiblement plus
longue d'un côté que de l’autre.
Il fallait donc trouver un moyen pour engager
les lanières de paille dans la chaine : d’abord on
employait une lame de bois mince , au bout de
laquelle était adapté une petite pince à ressort ,
qui saisissait la paille et au moyen de laquelle
on l’entrainait. On a trouvé ce moyen trop com-
pliqué. On se sert actuellement d'une espèce de
règle plate de bois dur et lisse , dont les arêtes
sont émoussées. Le bout est découpé en crochet
mousse , au moyen duquel on saisit très-facile-
ment les lanières de paille humectées , placées en
deux paquets à la gauche de l'ouvrier et dont
i06 142
le tisserand prend tantôt d'un paquet ( dont le
bout coloré est en haut), tantôt de l’autre ( dont
le bout étiolé est en haut ).
Chacune de ces lanières de paille est ordinai-
rement séparée par un fil de soie , placé au moyen
de la navette ; et dans l'endroit où l'on ne veut
pas mettre de paille , on fait en soie une bande
unie ou façonnée.
Si au lieu d’étoffes soie et paille on veut faire
la gaze Cérès , on se contente de distance en
distance de faire en soie des bandes très-claires
dues à l’écartement des fils.
On peut multiplier vraiment à l'infini les es-
pèces de dessins , soit de l'étofe de paille , soit
de la gaze Cérès. Ces étoffes offrent une espèce
de fermeté qui les rend très-propres à.être chiffon-
nées en chapeaux, sous lesquels ont met souvent
une espèce de carcasse ou métallique ou en tissu
de saule. Cependant elles n'ont jamais ni la fer-
meté, ni l'éclat du pagne, qui est fabriqué,
depuis long-temps , en façonné , à Lyon , par
MM. Laselve et Chastaing. On a long-temps cru
que cette brillante étoffe était due à la soie et au
Phormium tenax ou lin de la Nouvelle-Zélande,
mais on penche actuellement à croire qu’on la
retire d'une espèce de bananier |, nommée vul-
gairement coffo. Ces filamens inégaux , demi-
\
transparens , joignent la fermeté à une certaine
145 ÿ
flexibilité et prennent facilement des teintes très-
éclatantes. Ils se distinguent facilement , à la
loupe , de toutes les autres matières , qui sou-
vent sont confondues avec elles dans le com-
merce ; par de petites lames transversales qui
croisent les fibres longitudinales , et qui pro-
bablement contribuent à sa fermeté et à sa
ténacité. D'ailleurs, lorsque cette substance sera
abondante dans le commerce , elle sera préférée ,
pour les chapeaux , à la paille qui ne pourra,
comme elle, joindre la fermeté à la demi-trans-
parence , à la blancheur, et qui n’est pas suscep-
tible de prendre le brillant coloris du cofo.
On parviendrait cependant à varier bien davan-
tage les étoffes en paille et soie, si l'on pouvait
décolorer la paille sans lui faire perdre de son
éclat, et ce moyen est encore à trouver.
Toutes les tentatives ont encore été infruc-
tueuses pour appliquer le gaufrage aux étoffes de
soie ou au pagne ; une chaleur même assez modérée
les rend très-cassantes.
Je termine ce petit travail en souhaitant vive-
ment qu'il puisse étre utile à mon pays. Dans
une année où l’on sent le besoin de procurer
de l'ouvrage aux pauvres , quelques amis des
malheureux devraient bien commencer des défri-
chemens de mauvais terrains, les faire semer en
108 144
blé de printemps du pays, s'ils ne peuvent se
procurer la variation appauvrie d'Italie, en faire
la récolte dans les circonstances convenables, et
chercher à établir, soit dans une école de village,
soit ailleurs, les premiers essais de cette fabrication.
On n'obtiendrait pas d'abord des tresses fines, car
ce n'est qu’au bout de quelques années qu'on peut
appauvrir convenablement le blé, pour ne lui
faire produire que de petits chaumes. Au lieu de
blé, un curé, pénétré de la dignité de son état ,
pourrait acheter de la paille de seigle dans son
village, et faire faire sous ses yeux ces essais qui
pourraient devenir fructueux. Si d’ailleurs les dé-
veloppemens que j'ai donnés ne suffsaient pas,
et que quelques personnes voulussent faire quel-
ques tentatives, je leur enverrais des échantillons
de différens tressages , de diverses manières de
faire les coutures de ces tresses. Il sufirait qu’on
m'écrivit au jardin des plantes de Lyon ,: dont
je suis directeur. Avec ces faibles secours, une
personne intelligente , en défaisant les tresses et
les coutures, pourrait facilement parvenir à diriger
des enfans des villages , qui souvent auraient besoin
d'être occupés. Je me trouverais heureux d'apprendre
un jour que ce travail ait pu concourir à sou-
lager l’indigence d'un grand nombre de malheu-
reux. |
NOTES ,
PARTICULIÈREMENT SUR LA FAMILLE DES GRAMINÉES.
(a p.117) La famille des graminées, difhcile par
elle-même et à cause de la petitesse de ses fleurs ,
a été rendue presque inabordable, surtout pour les
commençans ,; par la manière pen philosophique
d’en considérer les trois organes floraux les plus
extérieurs (involucelle, calice , corolle ). Dans cette
famille , où les fleurs sont souvent très-rapprochées,
on trouve quelquefois des bractées en plus ou moins
grand nombre qui en entourent la base, c’est ce
que dans l’épi femelle du maïs, par exemple, on doit
nommer involucre (1), qui est en tout comparable
à celui des Ombellifères, Dipsacées , Synanthérées,
à la spathe des Liliacées, des Aroïdées, etc. On
conçoit facilement que dans les Graminées , tout
comme dans les Ombellifères , il peut exister des
assemblages de bractées partiels entourés de quelques
(1) Outre les noms inutiles que nous verrons plus bas , ap-
pliqués à d’autres organes des graminées, celui d’involucre n’a
dans plusieurs families qu'environ dix synonymes superflus. Il a
été nommé colerette , calice commun, calicule, cupule, péri-
phoranthe , péricline, spathe , perichætium , etc. On trouvera
actuellement dans le Dictionnaire raisonné des termes de
botanique , par MM. H. Lecoq et J. Juillet , à vol. in-8. de
719 pages, un moyen de connaître cette foule de synouymes
d'organes qui ne devront plus à l’avenir paraître dans les ou-
vrages de botanique. Ce dictionnaire , fort bien fait, est le
seul qui soit actuellement au niveau de la science ; il est ré-
digé ayec soin et est indispensable à tous les botanistes.
AR 140
bractées ; de là l’involucelle. Pourquoi donner un nom
particulier à cet involucelle si la nature de ses brac-
tées change.
L’enveloppe d’une ou de plusieurs fleurs de gra-
minées , groupées et formant ce qu’on a nommé
épillet ou épiet (petit épi), ne manque pas de dé-
nominations superflues. Je crois qu'on ne peut
donner aux bractées , qui se remarquert souvent à
la base dun épillet sessile ou pédonculé, que le
nom d’éinvolucelle. Celui-ci ne manque pas non plus
de synonymes. M. Richard lui a donné le nom de
lépicène , beaucoup d’autres auteurs l’ont nommé
glume ou béle. Linné la nommé calice, et plusieurs
auteurs modernes gluine calicinale.
Ce n’est pas seulement dans l’enveloppe de la
fleur , ou plus souvent des fleurs des graminées,
qu'on a multiplié les dénominations d’un même
organe ; le vrai calice des plantes de cette famille
a reçu aussi divers noms, et malheureusement les
nouveaux auteurs ont encore plus mal fait queleurs
prédécesseurs , car ils ont donné de nouveaux noms
à des organes qui en avaient déjà un inutile.
Pour moi, la première enveloppe d’une fleur,
proprement dite, doit porter le nom de calice, dans
quelle famille qu’il se présente et de quelle nature
qu’il soit (en ne confondant pas toutefois , dans quel-
ques cas difficiles, linvolucre uniflore avec lui,
comme dans le genre Nyctago , par exemple ; ce dont
on ne peut juger dans des cas semblables que par
analogie). Nous voyons souvent cet organe régulier,
d’autres fois irrégulier; et alors ce sont ordinairement
les lobes ou sépales qui sont du côté de l’axe des
fleurs qui tendent à se déformer les premiers. En gé-
néral, les organes qui ont une texture destinée à offrir,
147 111
offrir dans l’état parfait, de la dureté , doivent plus que
d’autres éprouver de changemens dans le commence-
ment de leur développement. Les graminées effective-
ment nous en présentent de fréquens exemples. Je
rends donc le nom de CALICE , dans les graminées , à ce
que les auteurs désignent sous les noms de corolle
( Linn.); glumelle ( Desv. ) ; bäle (beaucoup d’au-
teurs ); glume intérieure , glume corolline ; péri-
gone ( De C.); stragule ( Beauv. ). Voilà donc encore
sept mots inutiles,
J’ai dit plus haut que je nommais calice le plus
extérieur des deux rangs d’organes enveloppant ceux
de la reproduction, Quand ces deux enveloppes sont
réduites à une seule , je la nomme encore calice ,
attendu qu’on a un très-petit nombre d’exemples
où cet organe manque complètement. J'ai dit que
ce calice souvent était très-irrégulier , et les gra-
minces offrent peut-être le plus grand exemple de
cette irrégularité. Dans cette famille , je nomme
donc ainsi les trois parties, qui souvent semblent
n'être qu’au nombre de deux ; qui constituent l’en-
veloppe la plus apparente d’une fleur. Généralement
le nombre ternaire est l’un des caractères des en-
dogènes ou monocotylédonées. Comment retrouver
ce nombre? Ce que je nomme sépale extérieur est
cette partie dure, foliaeée à la manière des grami-
nées ,s sonvent ta but nervée et souvent aristée ,
qui se trouve en-dehors de l’axe floral; vis-à-vis
est un corps un peu plus court, presque toujours
membraneux ; sans arêle , relevé de deux nervures
verdâtres : ces deux nervures sont celles des deux
sépales intérieurs , soudés dans un très-grand nombre
de cas, bilobés dans d’autres , et complètement li-
bres dans le Triticum monococcum (vulgairement blé
3
112 148
locular }, et probablement dans plusieurs autres gra-
minces. Le point de soudure de ces deux sépales saille
vers Laxe de la fleur et répond au sillon de la face
interne du grain. ,
Comment actuellement prouver la présence de la
corolle et y montrer ce nombre ternaire? Dans ce
que je nomme calice se trouvent, avant le cercle
apparent des étamines dans les fleurs hermaphrodites
ou dans les fleurs mâles, deux ou rarement trois es-
pèces d’écailles très-minces , souvent ciliées el très-
petites; c’est ce que, avec Micheli, je nogme co-
ROLLE. Les auteurs leur ont donné les noms de glu-
mellule (Desv.), écaille (Linné}), nectaire (Schreb.),
glumelle (Richard), lodicules (Beauv.). La position
relative la plus fréquente dans les plantes est d'offrir
une corolle alterne avec Île calice. Cette corolle dans
le plus grand nombre des graminées est réduite à
deux pétales, alternes avec le sépale extérieur et les
deux intérieurs qui, comme je l'ai dit, sont souvent
soudés l’un à l’autre. Le troisième pétale devrait être
devant la ligne de soudure des deux sépales intérieurs.
Les deux pétales extérieurs sont difficiles à voir pour
les personnes peu exercées aux dissections , très-
faciles à trouver dans un grand nombre de cas , lors-
qu’on en a l’habitude.
Les trois étamines de PANDROGÉ , quand il est com
plet, sont placées , une devant le sépale extérieur et
les deux autres devant les deux autres sépales soudés,
mais elles se présentent en apparence entre le sépale
extérieur et les deux intérieurs. Quand il v a six éta-
mines (Oryza}), trois alternent avec la corolle ét les
trois EE intérieures sont devant les pétales. Dans la
fleur épanouie les étamines sont portées par le vent
tantôt d’un côté , tantôt de l’autre.
149 ta 5
Quant au GYNÉCÉ , il est réduit à un seul carpelle
surmonté ordinairement de deux (rarement de trois )
stigmates ordinairement plumeux. A la maturité, ce
carpelle monosperme est ce que nous nommons vul-
gairement un grain où une graine, mais c’est un vé-
ritable fruit. Peut-être les deux stigurates qui se ren-
contrent dans un. très-grand nombre de graminées
sont-ils l'indice d’un avortenrent constant de l'un des
earpelles; ce qui doit le‘faire penser, c’est que lou
trouve des graminées constamment à trois sligmales ,
dans lesquelles un seul. carpelle cependant se déve-
loppe. Nous savons bien que dans presque tous les
chênes les sfx graines du jeune fruit, placées dans trois
carpelles, se présentent cependant presque constam-
mentsous apparence d’un seul carpelle monosperme.
Tous les botanistes savent bien que ke gros son est le .
carpelle, où ilest difficile de retrouver ces trois mem-
branes, qui cependant n’y en existent pas moius (1).
Plusintérieurementest lepetit son, qui pour le botaniste
est le spermoderme. Encore plus en-dedans on trouve
l'embryon, qui dans cette famille présente deux posi-
tions relatives différentes, ce qui, lorsque les fruits de
ces plantes seront mieux étudiés , formera probable-
ment deux tribus distinctes. Dans la première rentrerait
a grande majorité des graminées qui ont l'embryon
placé en-dehors de laxe floral, ou autrement dit, à
la face externe de l’albumen , ou, ce qui est la même
(1) Aucun botaniste observateur ne doute actuellement que
les tuniques de l'oignon ne soient formées par les bases per-
sistantes des feuilles , et tous savent que par l'épuisement elles
se transforment en ce que nous nommons une pelure d’oignus,
où ne sont pas moins qu'auparavant l’épiphylle , le mésophylle ,
et l’hypopbylle.
114 H bo
chose , devant le sépale externe (Triticum). Dans la
seconde se placerait le maïs, dont l’embryon oecupe
la face interne de l’albumen , ou autrement dit répond
à l'axe floral.
(b p.85—119) Legenre BLÉ (rrITICUM)(1) est facile à
distinguer des autres graminées à ses fleurs disposées
en épi, dont l’axe offre des articulations flexueu-
ses ; au sommet de chaque articulation est ce que
les botanistes nomment l’épillet, formé dans les blés
céréaux de quatre fleurs, naissant d’un axe fort
court, qui est entouré à sa base d’un involucelle
à deux bractées. De ces quatre fleurs, les deux
plus inférieurés sont ordinairement fertiles, quel-
quefois, surtout dans les années où la fécondation
s'est bien opérée, la troisième offre encore un
grain fécond ; et, dans le gros blé ou blé anglais
(Triticum turgidum Linn. ), la quatrième fleur est
même fertile.
Ce genre se divise en deux sections très-natu-
relles. 1.7 fromens (2) , dans lesquels l’axe de
l’épi est flexible, ne se rompt point sous le fléau ;
les enveloppes des fruits se fanent et restent ad-
hérentes à cet axe, d’où conséquemment les graines
ou fruits non anguleux, mais arrondis, tombent
nus, c’est-à-dire non enveloppés: par les débris
de lépi. Ce sont les blés français.
La 2m section renferme les épautres (3) qui
se reconnaissent à la rupture des articulations de
(1) Gaertn., Fruct., t. 81, f. 1,2, 3.
(2) Seringe, Mélang. botan. vol. 1 , pag. 86.
(3) Seringe, Mél. bot. , vol. 1 , pag. 116. Ce sont aussi
des épautres qu’a figurés Gaertner , Fruct., Et. 81, f, 1,2, 3,
151 115
l'épi, au sominet desquelles restent souvent ad-
hérentes et enveloppées plusieurs graines | qui sont
plus allongées , plus pointues et anguleuses. Les
enveloppes de ces fruits sont dures et comme crus-
tacées; ce sont plus particulièrement les blés cul-
tivés en Allemagne et dans la Suisse allemande.
Aucune des espèces de cette section n’est employée
pour la fabrication des chapeaux, Quant à l’utilité
du grain des espèces des deux sections , outre des
avantages spécifiques pour la fabrication du pain,
chacune des sections offre quelques avantages. Les
fromens s’égrainent plus facilement en récoltant
la plante, et en outre les oiseaux en détruisent
beaucoup ; tandis que les épautres, qu’il faut
d’abord débourrer ( ôter les enveloppes ) avant de
les broyer , ont l’avantage d’être beaucoup moins
attaqués par les oiseaux, qui ne peuvent sortir
le grain de ces envoloppes; il se conserve beaucoup
plus facilement et les boulangers prétendent que
la pâte a besoin d’être moins travaillée.
(cp.85—119) Le genre ORGE (HORDEUM) se distingue
à ses fleurs en épi, dont l’axe est articulé comme dans
le blé; mais chaque épillet ( ramification sessile de
l’épi), au lieu d'offrir trois à quatre fleurs , ren-
fermées dans leur involucelle ou collerette, naît
isolé l’un de l’autre, de sorte que chaque articu-
lation est terminée par trois fleurs demi-verticil-
lées |, enveloppées chacune dans un involucelle
formé de deux bractées très-longues , très-étroites
et terminées par une arête fine.
Ce genre se divise en deux sections naturelles ;
dans l’une , Hordea (1), les trois fleurs de chacun
(1) Guertn., Fruct., t. 81 ,.f. 5,
Me 152
des épillets qui sont disposés en demi-anneaw,
sont toutes sessiles et fertiles ; ici -se rapportent
les espèces dites à six rangs, malgré que chaque
articulation de l’axe ne porte que trois fleurs fer-
tiles et conséquemment des demi-verticilles. C’est
des espèces de cette section , que lon se sert
pour faire les fleurs ou autres ornemens en paille.
Dans la 2€ Zeocrita (1) , les épillets sont disposés.
comme dans la première section, en demi-ver-
ticilles , mais la fleur ou épillet du centre est
hermaphrodite et sessile, tandis que les deux
latérales sont pédicellées, mâles et conséquemment
stériles et très-rapprochées de l’axe. Elle renferme
les espèces à deux rangs ( fertiles ).
(d p.83—119) Le genre SEIGLE (SRGALE) (2) se distin-
gue des deux précédens par chaque articulationde l’épt
qui porte un épillet à deux fleurs fertiles. En
outre, le fruit vulgairement connu sous le nom de
grain, est oblong et a son sommet tronqué.
(c p.83—119) On nomme SOUFROIR un tonneau de
bois blanc placé debout, fermé en haut par un couver-
cle qui joint bien. A la partie inférieure est pratiquée
uue petite porte, par laquelle on introduit un vase
contenant du soufre. Vers le tiers inférieur du
tonneau , est assujettie une petite grille en bois,
qui supporte les petites bottes de paille débarras-
sées de leurs nœuds. Ces petits paquets remplissent
les deux tiers du tonneau. Tout'étant ainsi disposé,
l’on place le couvercle ,; on allume le soufre , on
l'introduit par la petite ouverture, que l'on ferme
(1) Gaertn., Fruct., t. 81 , £. G.
(2) Gaertn., Fruct. ,t. 81, fig. 4.
QI
15 117
ensuite hermétiqaement, Douze à vingt heures
après , on lève le couvercle, et lorsque la vapeur
sulfureuse est dissipée ,; on en retire les pelits
paquets de tuyaux , ou bien si l’on voit qu'ils ne
soient pas bien blancs, on répète l’opération. C’est
dans ce même soufroir que l’on soumet encore
à la vapeur sulfureuse les tresses débourrées ou
non débourrées et plus tard même les chapeaux,
(ep. 85—121) Les premiers FENDOIRS employés pour *
diviser les cylindres de paille (Ser. Mél. bot. v. r,
fig.) consistaient en une petite branche cylindrique
en fer, fixée par sa partie inférieure sur un petit
manche en bois, et terminée supérieurement par
un coude portant à son sommet 4, 6, 8, 10
petites lames tranchantes rayonnantes , placées à
distances égales, et dont le sommet incliné vers
l’axe, aboutissait à un petit cône de trois à quatre
lignes de long qui s’engageait dans Ja paille. Au
moyen de ce petit instrument fort simple, on di-
vise le tube de paille en autant de petites bandes
qu’il y a de lames.
Plus tard, on a fait à Fribourg des fendoirs en
os.(pl. 1, fig. 1.) , quine sont qu’une bien légère mo-
dification du premier et qui offrent le même in-
convénient que lui. Sur un petit manche en bois
d'environ deux pouces , est fixé à angle droit
un morceau d'os taillé en autant de lames qu’on
veut obtenir de lanières de paille, et placées à
distances égales les unes des autres. Leur partie
tranchante aboutit à une pointe de 6 à 8 lignés
de long, qui leur sert d’axe, et qui s’engage dans
le cylindre de la paille, lequel est poussé contre
les lames et divisé en lanières, Cet instrument ,
118 154
quoique ayant des lames bien régulièrement. espa-
cées, ayant à diviser des tubes de pailles plus ou
moins gros, doit nécessairement fournir des laniè-
res assez inégales, car un tuyau d’une demi-ligne de
diamètre, comme celui d’ane ligne, ne sera divisé
qu'en huit lanières.
Les deux modifications de fendoirs que je viens
de décrire sont ce que je nomme fendoir suisse.
Celui que j'ai fait représenter ( pl. 2, fig. 2. ) est ce
que je nommerai fendoir français. La première idée
de ce perfectionnement paraît due à des fabricans
de Paris ; mais cette dernière modification a été
faite par MM. Laselve et Chastaing de Lyon. Voici
en quoi consiste l'instrument : une base circu-
laire en laiton , d’une ligne d’épaisseur eb évidée
en-dessus, est percée au centre d’un trou circu-
laire d’environ une ligne et quart de diamètre,
Cette base présente deux espèces d’esplanades cir-
culaires qui vont en décroissant ou qui simulent
deux marches qui règnent dans toute la circonfé-
rence. La partie verticale de la première porte plu-
sieurs pas de vis. Sur cette première , en repose une
seconde moins grande, qui est sciée dans son
épaisseur de manière à recevoir un peu obliquement
8 lames rayonnantes tranchantes (en acier), qui
vont aboutir à un axe conique d’environ 6 lignes
de long, portant 8 cannelures à sa base où viennent
appuyer les 8 lames qui la fixent en place,
de manière que l’ouverture circulaire du centre
se trouve divisée en 8 petites loges à peu près trian-
gulaires. Tel est le fendoir proprement dit, car les
deux autres parties servent à diriger et à mesurer le
calibre de la paille. Le grand couvercle (lettre g4.)
est en buis ; il porte en-dedans des pas de vis?
155 119
qui s'engagent en g dans ceux de la pièce inférieure
En k,on voit anssi des pis de vis , qui reçoivent la
troisième pièce par la portion indiquée en £; et
enfin en j est l’ouverture qui reçoit la pointe de
la pièce inférieure et le tuyau de paille qui ne peut
avoir qu’une grosseur déterminée par l'ouverture 7.
Ce petit instrument offre un grand avantage sur
les fendoirs suisses, en ce qu’il ne peut recevoir
qu’une paille d’une certaine grosseur , pour passer
entre les parois du fendoir et le cône en fer où
viennent aboutir les petites lames, qu’on peut re-
tirer , s’il faut les aiguiser. Le tuyau de paille arrivé
aux lames , est solidement engagé et coupé en
Janières d’une largeur déterminée, puisque de trop
gros tuyaux ne pourraient être coupés , n’ayant
pas la possibilité d’entrer, et de trop pelits ne
pourraient recevoir la pointe qui se trouve au
centre de la machine. On risque beaucoup moins
avec cette machine, d’avoir des lanières inégales ;
el soit les tresses , soit les étoffes, présentent au moyen
de cet instrument une beaucoup plus grande ré-
gularité.
Les négocians déjà cités ont aussi fait construire
un autre petit fendoir, dont les lames, très-rap-
prochées, sont toutes sur le même plan. Sur le
bois qui porte ces petits couteaux parallèles, vient
se fixer (à charnière) un autre morceau de bois
dur, qui, lorsque l'instrument doit agir, est pa-
rallèle avec le premier, mais à une très-petite dis-
tance des lames. L’un des bouts du tuyau de paille
(qui préalablement est écrasé) est placé sur les lames
contre lesquelles il est pressé quand l'instrument
est fermé. Alors on tire la paille par le petit bout
qui dépasse , et elle est aussitôt divisée en lanières
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fort étroites. Aucune des autres espèces de fendoirs
ne pourrait produire des bandes de paille aussi
étroites; car en multipliant les lames dans l’un
des fendoirs circulaires, il faudrait employer trop
de force pour vaincre la résistance des lames jus-
qu'à ce qu’on puisse saisir la paille par le bout
qui aurait passé , et avant d'y parvenir, elle serait
brisée.
J'apprends à l'instant qu’il existe à Grenoble une
fabrique de chapeaux de paille, qui correspond avec
une maison de Paris, et que , surtout à Vizille et
Lamure ,; beaucoup de femmes sont occupées au
tressage et au cousage des chapeaux. On m'a dit
aussi que cette maison trouvait mieax son compte à
ne faire que des chapeaux ordinaires , mais qu’on
tressait et cousait les pailles à la manière d'Italie.
EXPLICATION DE LA PLANCHE PREMIÈRE,
Fig. r et 2. Seigle, deux fleurs du même épillet ( grossies }.
Fig, 1. Involucelle formé de 2 bractées lanceolées aiguës c&
naviculaires.
Sépale externe , naviculaire, foliacé, garni de poils sur sa
grosse nervure , terminé par une arêle tronquée.
Sépales internes soudés et semblant ne former qu’un seul sé-
pale membraneux et sans arête.
Un pétale, l'autre est par derrière, et le troisième, qui de-
vrait être placé au milieu des deux sépales iu-
ternes soudés, est ayorté.
Etamines , au nombre de trois, naissant de dessous l’ovaire
devant Les sépales.
Pistil , formé inférieurement de l'ovaire (caché en partie par
un pétale ) et terminé par les deux stigmates
plumeux.
Fleur non épanouie, formée d’une bractée ou partie gauche
de l’involucelle, du sépale externe, et plus inté-
rieurement du sépale interne, Le reste des or-
ganes floraux n’est pas développé.
Fig.2. Deux pétales ( placés entre le, sépale externe et lin-
terne formé de deux sépales soudés ),.
Ovaire pendant la fleuraison , mais grossi comme tout le reste.
Sligmales plumeux , le plus souvent au nombre de deux dans
les Graminées.
Fig. 3 et 4. Fleur grossie du Remirea marilima Aubl., retirée
d’an épillet muni à sa base d’un involucelle.
Fig.'3. Sépale externe naviculaire et aigu.
Les”deux sépales internes , soudés presque jusqu'au sommet ,
montrant en aa les grosses nervures de chacun
des sépales.
Corolle à trois pélales placés comme il a été indiqué ci-dessus
et plus grossis.
Elamines placées comme dans la figure ci-dessus.
Pislil remarquable par son ovaire alongé et son style terminé
par trois stigmates, ainsi que la figure 4.
EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUXIÈME.
Fi. 1. Fendoir suisse à huit lames (de grandeur naturelle).
a. Manche en bois.
b. c. Partie du fendoir en os qui sert à diviser la paille,
présentant en b les huit lames tranchantes seulement
vers leur sommet, et qui aboutissent à une espèce
d’épine qui s’engage dans le cylindre de la paille.
Fig, 2. Fendoir francais à huit lames (de grandeur naturelle).
a. b. c. d. e. f. Fendoir proprement dit , en laiton, pré-
sentant en a la base; — D, partie de la base où se
visse le couvercle g h; — ©, autre partie de la base
portant les huit lames dont une est marquée d ; —
e, partie tranchante des lames; — f, pointe cannelée
à sa base où viennent aboutir les lames.
g- Partie inférieure du grand couvercle , qui se visse sur
la base en b.
h. Partie supérieure dans laquelle se visse la partie : du
petit couvercle.
i. J. Petit couvercle montrant en à la vis qui s’engage
dans la partie À ou écrou du grand couvercle ; —
j , ouverture supérieure du petit couvercle par laquelle
on engage la paille.
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